‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 19 sur 221 · Lih. de Ti'iumph. ngone Christi. c · texte numérisé non relu

Lih. de Ti'iumph. ngone Christi. c

LA DliVOTION AVANT LE B. iiUI>ES 23

venue étaient presque infiniment plus ardents que les désira des saints qui ont devancé l'Incarnation (i). »

Saint Bernardin de Sienne n'a pas apporté moins d'enthousiasme à célébrer le consentement donné par la Sainte Vierge au mystère de Tincarnation. Il affirme que le Cœur de Marie a plus mérité par ce seul acte que n'ont jamais fait tous les anges et tous les saints par toutes leurs pensées, paroles et actions. « En effet, dit-il, ils n'ont jamais pu mériter autre chose que la gloire éternelle; mais la Bienheureuse Vierge a mérité par ce merveilleux consentement le domaine et la principauté de tout l^univers, la plénitude de toutes les grâces, de toutes les vertus, de tous les dons du Saint Esprit et de toutes les béatitudes évangéliques. Elle a mérité le nom et la qualité d Étoile de la mer, de Porte du ciel et de Reine de miséricorde (2). »

Il nous reste de saint Bernardin de Sienne un long sermon sur la Visitation, qui roule en entier sur le Cœur de Marie. Le saint y commente les sept paroles de la Bienheureuse Vierge rapportées dans l'Evangile. Il nous les présente comme autant de flammes d'amour jaillissant de la fournaise ardente du Cœur de Marie.

'( Marie, dit-il, a tiré de son Cœur comme d'une fournaise embrasée du divin amour sept bonnes paroles, c'est-à-dire, sept paroles de la plus ardente charité. De même, en effet, que dun vase rempli

4. Serm. 4 de Concept. B. V., art. 1, c. 3. 2. Serm. 4 de Concept. B. M. V., art, 3, c. i.

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de vin excellent il ne peut couler que d'excellenl vin, et de même que d'une fournaise ardente il ne peut s'échapper que des flammes brûlantes, de même il ne peut sortir du Cœur de la Mère de Dieu que des paroles d'une charité très ardente et toute (li^i^e »

Le saint docteur explique ensuite les septparoles de Marie en les rapportant à l'amour de son Cœur. La j)remièrc, dit-il, est la flamme de l'amour qui sépare, la seconde, de l'amour qui transforme, la troisième, de l'amour qui donne, la quatrième, de l'amour qui tressaille de joie, la cinquième, de l'amour qui jouit, la sixième, de l'amour qui compatit, la septième, de l'amour qui consomme. Les explications de saint Bernardin de Sienne sur ces sept flammes d'amour sont fort belles. Elles contiennent, dit le P. Bainvel, « tout un beau traité de l'amour divin étudié dans le Cœur de Marie (1). »

Dans les dernières années du XV" siècle, un pieux abbé de l'ordre de Citeaux, I\icolas du Saussay, se faisait également remarquer par sa dévotion au Cœur de la Bienheureuse Vieif,'f. Le V. Eudes a extrait de l'un de ses ouvrages intitulé AntidoUiriurn anime un hymne de louange à ce très saint Cœur dont nous empruntons la traduction à M. Lecointe.

« Je parlerai à votre Cœur, ô Marie, miroir de la beauté angéliquo ; je parlerai à votre Cœur si pur, 6 maîtresse du monde, et je me prosternerai devant ce temple saint et je le remercierai de toute»

L Mes.saf/'-r tfn Cœiir île Jàsus. Mni 11)07.

les puissances de mon ânne. Je le saluerai du fond de mon cœur ce Cœur immaculé, qui, le premier sous le soleil, fut digne de receAoir, sortant du sein de son Père, le Fils unique de Dieu.

« Saint, sanctuaire unique, que Dieu sest consacré par l'onction du Saint-Esprit.

« Salut, saint des saints, que le Souverain Pontife du ciel s est consacré par son entrée inctrable au jour de l'Incarnation.

(f Salut, arche de sainteté, qui conservez en vous ri*>riture gravée par le doigt de Dieu.

(( Salut, urne d'or remplie de la céleste manne, comblée des délices des anges. En a^ous se tiouve une cèles le nourriture ; en vous sont loules les délices ; en vous sont tous les remèdes et toutes les sources de la grâce.

« Salut, à Cœur virginal, sanctuaire inviolable et noble demeure de la sainte Trinité. C'est là qu'a été accomplie, dans un ernbrassement ineffable d'amour, l'alliance de la divinité et de l'humanité. Tressaillez d'une joie éternelle.

« Coupe d'émeraude dont l'éclat n'a jamais pâli, vous avez offert à notre roi, si altéré de la soif de notre salut, le nectar délicieux d'une foi brûlante en cette heure bénie oiî vous avez répondu au message de l'ange ; Voici la servante da Seigneur : qu'il me soit fait selon votre parole ! Aussi que toute âme vous exalte, ô Marie, mère de douceuj-, et que toute langue célèbre pendant les siècles des siècles la félicité de votre très saint Cœur, d'où est jaillie la source de notre salut.

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« 0 foyer, où scntlammenl les séraphins !0 paradis de délices ! De quels batlemcnls damour. ô Vierge bienheureuse, voire Cœur n'a-i-il pas été agité quand Teepril vivifiant de Dieu, comme un vent brûlant, souffla sur vous et altira à lui toute voire àme !

« Qu'il soit béni à jamais, ô Marie, votre très noble Cœur, orné de tous les dons de la céleste sagesse et enflammé des ardeurs de la charité. Qu'il soil béni ce Cœur dans lequel vous avez médité et conservé avec tant de soin et de fidélité les trésors sacrés de notre Rédemption pour nous les révéler à l'heure favorable. A vous les louanges, à vous l'amour, ô Cœur très aimant, à vous l'honneur, à vous la gloire de la part de toutes les créatures dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il (1). »

Dans VÀntidotnrium nnimse, le P. Eudes a relevé en outre trois salutations à réciter au son de YAngeLus, L'auteur les attribue au pape Jules //. Elles méritent de trouver place ici, car la seconde a pour objet le Cœur de Marie. Voici la traduction qu'en donne le Bienheureux :

« 0 très glorieuse Reine de miséricorde, je salue le temple vénérable de votre sacré sein dans lequel le Seigneur et mon Dieu a pris son repos. Ave Maria.

« 0 très glorieuse Reine de miséricorde, je salue votre Cœur virginal, dont la parfaite pureté n'a jamais été souillée d'aucun péché. Ave Maria.

« 0 très glorieuse Reine de miséricorde, je salue votre âme très noble, qui est ornée de tous les dons

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