PRATIQUE DK LA DÉVOTION
lui rendons, les adorations et les hommages du Cœur de Marie.
Le second consiste à agir dans les dispositions du Cœur de Marie en se les appropriant par un acte d'union avec lui. Voici ce que dit à ce sujet le P. Eudes. Ses paroles se rapportent au Cœur de Jésus encore plus qu'au Cœur de Marie. Mais, qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre, le procédé indiqué par le Bienheureux resle le même.
« Renoncez, dit le pieux auteur, à votre propre cœur, e'est-à-dire, à votre propre esprit, à votre propre volonté et à votre amour-propre, et donnezvous à Jésus pour entrer dans l'immensité de son grand Cœur, qui contient le Cœur de sa sainte Mère et de tous les saints, et pour vous perdre dans cet abîme d'amour, de charité, de miséricorde, d'humilité, de pureté, de patience, de soumission et de sainteté...
(( l\e vous contentez pas d'aimer un Dieu infiniment aimable de toute l'étendue de ce petit cœur humain, soit corporel, soit spirituel, qui est dans votre corps et dans votre âme ; cela est trop peu de chose, cela n'est rien : mais aimez le Corde magno et animo volenti, de tout votre grand Cœur, en tout l'amour de votre grand Cœur. Quand on vous demandera si vous l'aimez, dites : Oui, je veux l'aimer et de tout mon grand Cœur et je me donne à lui pour cela. Quand on vous demandera si vous voulez faire ou soufl'rir quelque chose pour l'amour de lui, dites : Oui, je le veux et de tout mon grand Cœur et je me donne à lui pour cela. Si vous aimez.
voire prochain et que vous ayez quelque action de charité à faire, aimez-le et faites pour lui tout ce que vous devez, en la chanté de votre grand Cœur. Si vous haïssez et détestez le péché, que ce soit en la haine et délestation que votre grand Cœur a pour le péché... Enfin, quoi que vous fassiez, faites toutes choses dans l'esprit et dans les dispositions de votre grand Cœur, en renonçant au vôtre et en vous donnant à Jésus pour agir dans Icsprit qui anime le sien (1) ». On le voit, l'idée que le P. Eudes se faisait de la dévotion au Cœur de Marie est bien grande et bien belle. Elle était pour lui un moyen d aller au Cœur de Jésus ; il la concevait comme une vie d'union intime avec lun et l'autre, union d'amour et de conformité, de dépendance et de société, et il y voyait un excellent moyen d'arriver à cette union parfaite avec Dieu qui est la fin de la création et de la rédemption, et que Jésus-Christ demandait pour nous à son Père lorsqu'il lui adresait cette admirable prière : Ego in eis et lu in me, ut sint consummati in unum (2).