‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 22 sur 221 · Pharetra, p. 202. Cf. D. Boulrais, p · texte numérisé non relu

Pharetra, p. 202. Cf. D. Boulrais, p

2. Cilé par Bainvel, Messager du Cœur de Jésus. Mai 1907- Voir clans Dom Boatrais .i'autres textes de Lansperge sur les douleurs du Coenr de Marie. Voir aussi Le Cœur admirable du P. Eudes, I.S.ch. 3. sect. 8.

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Saint Ijnace (looG) honorail, lui aussi, le Cœur de Marie el ses disciples héritèrent de sa dévotion. Le P. Eudes signale parmi eux douze apôtres du Cœur (le Marie, et il ajoute :

(( Si vous me demandez où ils ont appris celle science si salulaire et en quelle source ils ont puisé CCS sentiments si extraordinaires de respect et de piété envers ce Sacré Cœur, je vous répondrai que çà été dans le cœur très pieux et très zélé de leur glorieux Père saint Ignace, qui en était si rempli qu'il portait continuellement sur son cœur une image du divin Cœur de la mère du Sauveur, depuis le jour de sa conversion jusqu'à la fin de sa vie. et disait qu'il avait reçu de Dieu par ce moyen un grand nombre de grâces très particulières (1). »

fjoals de Blois, qui se complaisait dans la lecture (les Révélations de sainte Gertrude, ne pouvait manquer de vénérer le Cœur de Marie et de célébrer scsgrandcurs. S emparant d une belle pensée'deThaulèrc, il n'hésitait pas à affirmer que le Cœur de la Mère de Jésus élait touldéiforme, et que, s'il avait été donné à un liomme de le contempler à découvert, il y aurait trouvé Dieu avec toutes ses perfections, il aurait même pu y contempler la procession du Fils et du Saint-Esprit. Paroles hardies, que le P. Eudes explique en disant que le Co'ur de Marie, étant constamment occupé à contempler et à glorifier les perfections el la vie intime des trois Personnes divines, en était tout rempli (i!;.

i. Cœur adtnirabl \ I. 7, ch. 3, à la fln.

2. Instit. spirit. Appendice, c. 2. Cf. Cœur admirable, 1. 8.C.3.

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Dans le Mémorial de la vie chrétienne, le P. de Grenade (1588) a consacré une belle page au Cœur de Marie.

« L'Evangélistc, dit-il. termine l'histoire de la naissance du Sauveur par un taait d'une douceur particulière : il attire nos regards sur les sentiments de la très Sainte Vierge en disant : Or Marie conservait toutes ces choses et les méditait dans son cœur. Tout ce chapitre du saint Evangile est un festin royal, une table somptueuse et chargée de toute sorte de mets que Dieu présente à ses élus. L'enfant, la mèi:e, la délivrance de celle-ci, la naissance de celui-là, les anges, la crèche, les bergers, tout y est miracle, tout y distille le miel. A chacun de prendre la part qu'il voudra et de manger des mets qu'il préfère. Pour moi, j'avoue que le fruit offert en dernier lieu, je veux dire, cette dernière observation par laquelle riiistorien sacré met sous nos yeux le Cœur de la Vierge et ce qui s'est passé dans son âme céleste me paraît une chose d'une inestimable suavité...

M L'Esprit-Saint ne lavait-il pas comblée de ses grâces et de ses dons, et, parmi ces dons, n'y avaitil pas celui d'intelligence, qui sert à pénclrer les secrets et les merveilles des œuvres de Dieu ? Mais puisque la Sainte Vierge était favorisée de tant de lumières ; puisqu'elle était placée en présence d'un théâtre si admirable et si fécond en grandeurs et en prodiges, et qu'elle possédait le secret de pénétrer et de comprendre chacune de ces choses ; quels durent être les pensées et les sentiments de son Cœur Sacré ? Que les hommes soient témoins d'un seul mi-

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racle, et les voilà dans la surprise et dans la stupeur... Jugeons par là de ce qui dut se passer dans l'âme de la très sainte Vierge, lorsqu'elle vit s'accomplir des miracles si frappants el si nombreux, lorsqu'elle y reportait sa pensée cl qu'elle les rapprochait les uns des autres. C'était un miracle que l'Annoncialion de l'ange ; c'était un miracle que la Visitation à sainte Elisabeth. Le tressaillement de .saint Jean-Baptiste dans le sein de sa mère, la prophétie de son père Zacharie, le mutisme de celui-ci, son retour à la parole, la révélation faite à saint Joseph, la conception du Fils de Dieu par l'opération du Saint-Esprit, leufantemenl sans douleur et sar.s tache, les chants des anges, rempresscmenl des bergers étaient encore tout autant de miracles et de très grands miracles, que la Vierge comparait entre eux cl d(int elle saisissait parfaitement les merveilleux rapports et la divine harmonie. Que dut-elle ressentir en son àme bénie, lorsqu'elle entendit les chants de ces voix célestes? Que se passait-il en elle lorsqu'elle nageait dans un tel océan de merveilles, sortant de l'une pour en aborder une autre, sans jamai.s en trouver le terme .^ Quels étaient ses sentimcnis au milieu des feux et des splendeurs dont le Saint Esprit illumimait et éclairait ce lemple virginal ? Nous avons eu déjà occasion de faire ailleurs une remarque sem blable : tels étaient les splendeurs de son entendement, telles étaient les ardeurs de sa volonté. Supposer leconlraire serait supposerune imperfection dans son ame bienheureuse : il faut une concspondanc c parfaite entre ces deux puissances, et la volonté de

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Marie devait aller aussi loin par ses ardeurs que l'entendement par ses lumières.

« Cela étant ainsi, quelle langue sera capable de raconter la joie, l'allégresse, les transports de cette Vierge sacrée en se voyant entourée de toutes parts de tant de merveilles, plongée dans l'abime des mystères les plus profonds, submergée pour ainsi dire dans les fiots dos sentiments les plus impétueux et les plus suaves. De quelque côté qu'elle portât les yeux, ce n'était que splendeur et bienfaiis : elle n'apercevait que les mystères s'ajoutant aux mystères, les merveilles aux merveilles Le passé, comnse le présent, comme lavenir, réjouissaient également son Cœur ; mais ce qui le remplissait de la joie la plus douce, c'était la présence du divin enfant, et rassistance par laqiiclle le Saint-Esprit représentait toutes ces choses à sa mémoire, les lui expliquant, les rehaussant à ses yeux et lui inspirant les sentiments que ces prodiges mériiaient ; de telle façon qu'en donnant son lait à l'enfant, elle savourait la douceur de ces mystères du ciel. La douceur qu'elle y trouvait était si grande que son Cœur se serait brisé dans sa poitrine et qu'elle n'eût pu en supporter le poids, si celui qui la lui donnait ne lui eût donné en même temps la force nécessaire. Il est arrivé quelquefois à des mères de mourir de joie après un enfantement heureux et selon leur gré ; est-ce que cette Vierge sainte eût pu vivre davantage après un enfantement d'autant plus heureux qu'il lavait rendue mère d'un Dieu et non dune simple créature ?

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u O Reine du ciel, porte du paradis, souveraine du monde, sancluaire du Saint-Esprit, trône de la sagesse, temple du Dieu vivant, confidente du Sauveur, témoin de ses œuvres, dites nous ce qu'éprouvait votre tendre Cœur en présence de ces mystères augustes, etc. (l). »

On trouve également de belles pensées sur le Cœur de Marie dans les œuvres du bienlieureux Canisias, celles-ci, par exemple, que cite le P. Eudes :

*< S'il est question du Cœur Virginal de Marie, je dirai que c'est un Cœur très pur et très saint, puis(ju'elle est la première qui ait fait vœu de virginité ; que c'est un Cœur très humble, car c'est par son humilité principalement qu'elle a mérité de concevoir notre adorable Emmanuel ; que c'est un Cœur très fervent, étant tout embrasé d'un amour incroyable envers Dieu et envers le prochain : que c'est un Cœur très soigneux et très fidèle à conserver les choses merveilleuses qui se sont passées en la vie de notre très aimable Sauveur (2). »

« Oh ! le beau modèle d'un Cœur évangélique, qui cache en soi avec tant de soin et d'afTeclion les trésors inestimables de la divine bonté, et qui les conserve si fidèlemeiit pour en faire largesse à tous les fidèles! Oh ! quels feux et quelles flammes embrasaient cette poitrine virginale ! Oh ! quelles joies,

i. Svjtplément au }Ihî}orial delà vie rfiTétietine, second tiHitô, niéililation sur l;i iiaissance glorieuse de noire Sauveur, (if Ciear admirable,]. 2, cl). 1.

:;. De J/arin Virf/ine iucouiparcihili et Det génitrice sacronanntn, I. \,c. VA. Cf, Cœur adtnii'uble, ). 7. chap. 3.

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quels ravissements transportaient ce Cœur maternel, lorsque celle divine Mère portait entre ses bras €6 Fils bien-aimé, qu'elle regardait et aimailcoinme son Dieu, son Créateur, son Rédempteur, son Epoux, son Père, son Fils et son Tout (I). »

Mais de tous les écrivains de cette époque, celui qui a le plus influé sur le progrès de la dévotion au Cœur de Marie, c'est, sans contredit, saint François de Sales.

Le saint évêque dédia au Cœur de Marie son beau Traité de i' amour de Dieu.

« 0 très sainte Mère de Dieu, dit-il dans la dédicace, Reine de la souveraine dilection, vous ctes la plus aimable, la plus aimante, la plus aimée de toutes les créatures. L'amour du Père céleste prit son bon plaisir en vous de toute éternité, destinant votre chaste Cœur à la perfection du saint amour, afin qu'un jour vous aimassiez votre Fils unique de Tunique amour maternel, comme il l'aimait éternellement de l'unique amour paternel. 0 Jésus, mon Sauveur, à qui puis-je mieux dédier !es paroles de votre amour qu'au Cœur très aimable de la bienaimée de votre âme ? «

Dans le cours du traité, il est souxent question du Cœur de Marie et de son amour pour Dieu. Mais il est un passage qui, plus que tout autre, attira l'attention du P. Eudes.

Le voici dans ce qu'il a d'essentiel :

(( Si les premiers chrétiens furent dits n'avoir

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