I.K B. KLUliS KT SON APOSH)|,AT
Le 6 novembre 1GG7, les Bcjiédiclines de Tabbaye royale de Suiiit-Césairc d'Arles obtinrent également du Souverain Pontife un bref approuvant une confrérie du Cœur de Marie, dont l'éreclion eut lieu le 28 aviii 16C8, et il n'est pas douteux que celle confrérie, cotiime celle de Morlaix, se rattache dune manière plus ou moins médi.Ue à l'apostolat du Bienheureux (!).
Les confréries fojidces par le 1'. Eudes étaient ouvertes à toutes Icspersojincs, maiiées ou non, qui se montraient désireuses de mener une vie vraiment chrélienne. Le Bienheureux rencontra parmi ellesdes âmes délite qui. tout en restant dans le monde, aspiraient à la perfection eî s'astreignaient à lapratiquede la chasteté [)arfaite. Il organisa en leur faveur une société nouvelle qu'il appela la Société du Cœur d^. la Mère admirable. Il est difficile de dire à quelle époque elle prit naissance. Elle est postérieure aux confréries du Cœur de Marie, dont elh' ne fut, au début, qu'une branche plus parfaite ; mais son établissement est antérieur à 1059, car à cette époque nous la voyons fonctionner au séminaire de Lisieux sous la direction du P. Mannoury (2).
Par bien des côtés, la Société du Cœur de la Mère admirable se rapproche des tiers ordres. Elle se rattache, en effet, aux deux premiers instituts fondés
1. Le Doré. I.c. I. p. 190. Cf. Gailiffe!, L Eiccellence de la dévotion (m Sacre-Cœur, 1. 3, ch. 4.
2. Costii, AunaU'f.s i. II, p. oHo. On a dit que Marie des V.illées lui ia première tertiaire du Sucré Cœur ef que c'est là ce qui explique le nom de « Sœur » qcou iiii (ioiuie touvent. Nous ne savons sur quoi re(>ose cette uéî^frtii.n.
80 KTUHK HISTORIQLK
par le P. Eudes, la Congrégation de Jésus et Marie et celle de Notre-Dame de Charité, et elle ne forme avec eux qu'une grande famille, dont tous les membres sont voués au culte des Sacrés Cœurs. C'est pour ce motif sans doute que, de bonne lieure, on lui donna le nom de tiers ordre, et que, aujourd'hui encore, on l'appelle communément Tiers ordre du Sacré Cœur ou Tiers ordre eudisle.
Aucune marque extérieure ne distingue les associés. Chacun d'eux garde les habits de sa condition, mais au jour de leur aiîmission dans la société, ils reçoivent un petit habit qu'ils portent sous leurs vêtements ordinaires et qui se compose de trois pièces, savoir : une tunique de toile ou de laine blanche ayant ordinaiiement la forme d'un scapulaire. une ceinture de soie blanche, et une croix de soie rouge cousue sur la lunique et au dessous de laquelle on coud deux cœurs, également de soie rouge, qui représentent les Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie il). On porte la tunique pour honorer l'Immaculée Conception do Marie, la ceinture pour honorer le privilège qui lui a été accordé de devenir Mère de Dieu sans cesser d'être Vierge, et la croix en l'honneur des douleurs inexprimables qu'elle a endurées pour notre salut.
Il paraît certain que ce fut Marie elle-même qui indiqua au P. Eudes les diverses parties de ce petit habii et l'inlention pour laquelle on doit les porter.
1. Pritiiiiivcmen!. on se roiitii.nt.iif d'un cuMir qui représenfail h II Tois !e Co'tir <'o Marie *•( criiii fie son divin Kils. Cf. Testamp.)tl du P. Kii 'e-, n. 0. dans les Œuvres comnlètes, XII, p. 171.
Lli; D. KUDES ET SON APOSTOLAT 87
Elle daigna y ajouter des promesses que le Manuel <le la société nous a conservées.
« La très Sainte Vierge, dit l'auteur, verse et versera des grâces et bénédictions particulières sur ceux et celles qui porteront cet habit selon les intentions ci-dessus, comme elle la fait connaître à son serviteur le P. Eudes.
« Premièrement, comme les personnes associées porteront la tunique en action de grâces à Ja très sainte Trinité de ce qu'elle l'a revêtue et ornée, en sa Conception immaculée, de la justice et de la sainteté originelle : aussi elle leur promet qu'elle prendra toutes leurs paroles, actions, bonnes pensées et désirs, pratiques de vertu, et qu'elle en fera comme un habit très riche et très beau, dont elle revêtira et ornera leur âme, pour la rendre belle et agréable aux yeux de son Fils, ainsi qu'une épouse doit être ornée et embellie pour plaire à son époux...
(( Secondement, comme elles porteront la ceinture en action de grâces à la très sainte Trinité de ce qu'elle a joint et conservé en elle la virginité avec la maternité : aussi elle assure qu'elle donnera une divine onction à toutes les puissances de leur âme, qui les disposera à résister avec plus d'agilité et de facilité à toutes les tentations de l'esprit malin et spécialement à celles qui seront contre la pureté...
« Troisièmement, comme elles porteront la croix en action de grâces à Notre-Seigneur de ce qu'il a communiquée sa sainte Mère le calice de sa passion : aussi elle leur promet qu'elle prendra toutes les amertumes, douleurs, tristesses, peines et afflictions
88 KTUDe MISTOUIQL'K
qu'elles senliront au corps et en l'esprit, et qu'elle les offrira comme autant de pierres précieuses à son Kils en action de gi aces de ce qu'il a souffert pour elles, et il ajoutera toutes ces pierres précieuses à leur couronne (1).. »
Le jour de leur réception les associés se consacrent au Cœur de Marie. Saul un passage relatif à l'habit spécial qu'ils s'engagent à porter, leur consécration ne diffère pas de celle qui était en usage dans les confréries instituées par le Bienheureux (2).
Pour propager plus efficacement sa chère dévotion, le V. Eudes eut recours à une industrie d'un autre genre. H fiî graver une image de INotrc-Dame des Cœurs qu il répandit à profusion. Les religieuses de Notre-Dame de Charité de Blois en possèdent un exemplaire. C'est une gravure de 30 centimètres de haut sur 21) de large, imprimée à Paris, chez Huot, rue Sainl-Jacqucs. Ses dimensions montrent qu'elle était destinée à être suspendue au mur d'un appartement. Peut-être le Bienheureux en fit-il faire des réductions pour mettre dans les livres de piété (3).
Le centre de la gravure est occupé par un cœur de grandes dimensions, tout rayonnant de gloire, et dont le sommet projette des flammes activées par le souffle du Saint-Esprit. Dans l'intérieur du cœur la .^ainte Vierge en pied, supportée par des anges, tient .'«on Fils sur son bras gauche et lui offie, de la main