Œuvrea romplHf^it, VIL p. Cf. GallifT.'l. 1. c
lion de Païay-le-Monial (I). On ne peut gaèie douter qu'on l'y célébrât du temps de la bienheureuse Marguerite-Marie, car elle a daté l'une de ses visions de la fête du Cœur de Marie et il n'est guère probable que celte indication se réfère à une fête qu'on ne célébrait pas au couvent. Ajoutons qu'il est impossible de n'être pas frappé de l'analogie qui existe entre cette vision et le fruit spécial que le P. Eudes veut que nous relirions de lu fêle du Caïur de Marie. M Un jour de la félc du Cœur de la l)ès Sainte Vierge, raconte la Bienheureuse, après la communion, Noire-Seigneur me fit voir trois cœurs, dont celui qui était au milieu paraissait très petit et presque imperceptible. Les deux autres étaient tout lumineux et éclatants, dont l'un surpassait incom parablemcnt l'autre, cl j'entendis ces paroles : C'est ainsi que mon pur amour unit ces trois cœurs pour
1. La dévotion au Cœur de Marie était un liéritage que Jes Visitandines avaient reçu de leur saint Fondateur. Elles ne l'avaient point laisse perdre. Nous en trouvons une preuve dans les Exercices spirituels pour les dix joui's qu'on attribue à. la Mère L'IIuillier. Dans la méditation dixième qui roule sur l'amonr du prochain, on lit la prière suivante : « 0 charitable Cœur de Marie, puisque vous enfermez tant d'amour et de douceur pour le prociiain dans votre sainte poitrine et puisqu'il est le cher nourrisson d(3 vos sacrc'es mamelles et l'objet de vos misérations, obtene/.-nous la grâce de le pratiquer^ soyez toujours à la bonne heure le canal par lequel toutes les faveurs de Jésus-Chrisi lui soient distribuées ; puisez dans ses sacrées fontaines les eaux de ses grâces pour nous les départir. 0 Mère de la divine miséricorde, ordonnez en nous la sainte charité, occupez-nous tous au besoin de notre prochain par la force de l'amou!-. et que jamais nous ne soyons trouvés hors des emplois de ces deux aimables objets, hors le service de ces deux aimables Maîtres, Dieu et le prochain. » Les Exercices spirituels ne portent ni date ni lieu d'inipressioo. L'ap~ probation des docteurs est du 27 décembre 1643.
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{\i ÉTUDE HISTORIQUE
jamais. Les trois n'en firent qu'un ; cette vue me dura assez longtemps, et m'inspira des sentiments d'amour et de reconnaissance qu'il me serait difficile d'exprimer. »
Les Yisitandines, expliquant celte vision, ajoutent : u Ces deux cœurs lumineux sont évidemment les Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, et le plus petit est celui de notre Bienheureuse qui allait s'y abimer (1). » Dans la collecte de la messe du Cœur de Marie, le P. Eudes nous fuit demander la grâce de n'avoir qu'un cœur avec Jésus et Marie : Cor unum inter nos et cum ipsls habere. C'est précisément la grâce dont la Bienheureuse se vit favorisée.
Le P. Eudes entretenait des relations de pieté avec plusieurs maisons de la Visitation, surtout avec celles de Caen, de Paris, de Rouen et de Rennes. Il eut même recours aux Yisitandines de Caen pour la formation des premières religieuses de Noire-Dame de Charité, et l'une d'entre elles, la mère Patin, gouverna pendant vingt ans le nouvel institut. Il va sans dire que les Yisitandines connaissaient la dévotion du Bienheureux au Cœur de Marie et que luimême prolitait de l'influence qu'il avait sur elles pour la leur incuUiuer. Bien des faits montrent qu'il Y réussit. A Caen, par exemple, les Yisitandines prirent l'hahilude, qui s'est maintenue depuis, de chanter à certains jours [Ave, Cor sanctissimum (2).
f. Vie el Œuvres de la bienheureuse Margxierite-ÙIarie, t. 1, p. 91. fn noie. Edil. 18(>7.
2. Cf. Le Do IV, Les Sacrés Cœurs et le V. Jean Eudes, I. ji. 2*6. Les \ isilaadines de Gaen cbantexit encore l'Ave Cor le
LE B. EUDKS ET SON APOSJOi.AT 1 1 ii
Il est bien probable qu'elles s'associaienl le 8 février aux hommages que le P. Eudes et ises enfants rendaient au Cœur de Marie, mais nous n'oserions affirmer qu'elles allèrent jusqu'à célébrer en son honneur une fête solennelle.
Déjà durant son séjour à l'Oratoire, le J'. Eude* était entré en relations avec les Carmélites de Caen. En 1661 , il devint leur supérieur et cette charge lui fut continuée jusqu'à la fin de sa vie. Dans son Teslament, il n'oublia pas ses filles spirituelles. A l'ar Ucle onzième, il déclare leur donner, ainsi qu'aux Carmélites de Dieppe, le très saint Cœur de Jésus et de Morie, et ce legs suffit à montrer que les unes et les autres étaient entièrement gagnées à la dévotion aux Sacrés Cœurs. Il en était de même des Carmélites de Ponloi.se et de Paris. Le P. Eudes, secondé par M. de Renty et })ar M. Boudon, avait réussi it leur faire adopter la dévotion au Cœur de Marie. Avec le temps, cette dévotion ne fit que grandir chez les Carmélites, et, au XVIIP siècle, nous verrons tous les couvents de l'ordre célébrer avec solennité la fête établie par le Bienheureux.
Dans le Cœur admirable, le P. Eudes signale les Ursidines et les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame comme étant entièrement dévouées au Cœur de Marie (1).
En 1671, le Bienheureux prêcha une mission aux
premier vendredi du mois au snhit du Saint Sacrement, mais avec la variante : Ax'e, Cor amant iasimum Jesu, Filii Mariw Virginis.