‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 94 sur 221 · Sanrfis.tifmoft Cor Mariœ. t*roœniiimi · texte numérisé non relu

Sanrfis.tifmoft Cor Mariœ. t*roœniiimi

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yloirc que Dieu reçoit des alleclioiis sensibles de la Sainte Vierge et singulièrement de son amour, dont un seul acte est plus agréable à Dieu que tout ce qui part du reste des créatures. Sixièmement, de ce qu'il est le sanctuaire par excellence du Saint-Esprit, sanctifié d'une manière extraordinaire par les opérations de ce divin Esprit et par l'infusion de ses grâces et de ses dons les plus excellents...

« Si on vient ensuite à considérer ce Cœur admilable par rapport aux hommes, à qui on le présente pour objet de leur dévotion, où trouvera-ton jamais un objet plus aimable, plus tendre, plus touchant que ce Cœur virginal, puisque c'est le Cœur de notre divine Maîtresse, de notre bonne Mère, de notre Avocate, de notre consolation, de notre refuge : la source et le siège de la charité, de la compassion, de la miséricorde, de la tendresse de la Sainte Vierge pour nous : le centre des douleurs immenses que cette divine Mère a soutlertes à l'occasion de iiotre rédcmplion : enfin le modèle sur lequel nous devons former nos cœurs, modèle d'humilité, de pureté, de douceur, de charité, d'amour et de toute» les vertus (1 ) !' »

Le P. de Gallifl'et, on le voit, appuie sur les perfections el les amabilités du Cœur corporel de la Bienheureuse Vierge, mais il y rattache l'amour de Marie pour Dieu et pour nous, ses immenses douleurs et toutes ses vertus, ce qui montre jusqu'à l'évidence que pour lui. comme pour ses devanciers,.

■ 1. L excellence de la dévotion nu Sacré-Cœur, liv. 3, cli. L

282 ÉTUDE DOCTHINALE

la dévotion au Cœur de Marie ne s'arrête pas au cœur de cliair, mais qu'elle ne s'y attache que pour s'élever jusqu'au cœur spirituel de Marie.

En 1855, lorsqu'il fut question de la concession d'un olïice et d'une messe propres pour la fcHe du Cœur de Marie, 1 un des consulteurs saisis de l'affaire demanda, nous lavons vu, qu'à l'expression du « Cœur immaculé de Marie » on substituai celle de « très pur Cœur de Marie », et la raison qu'il invoquait, c'est que le Cœur de Marie doit élic considéré comme le siège de toutes les affections et le symbole du très ardent amour de la Bienheureuse Vierge (1). Il supposait donc comme un fait admis que la dévotion au Cœur de Marie a pour objet le Cœur de chair de la bienheureuse Vierge, (}ui seul peut jouer le rôle de symbole, cl l'amour ardent de Marie, qui s'y trouve symbolisé.

Le second consultcur opina, comme le premier, pour la concession de rofTice demandé. La raison par laquelle il motivait son avis, c'est que. sous le nom de Ca'ur de Marie, on honore l'immense charité de la Sainte \ierge à l'égard de Dieu et son amour j)leinde tendresse pour les hommes, et que, si parmi les fêtes de Marie, il y en a une qui mérite une messe et un oflice propres, c'est surtout la fêle de son amour. A première vue, on pourrait croire que, pour hii. la fête du Cœ'ur de Marie n'a pour objet que l'amouj- de la Sainte Vierge. Telle n'est pas sa pensée. S'il ne parle pas du cœur de chair.

1. Cf. Mllos, De rationihiis fcstorain, I, p. oTO. Cdit. 188o.

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c'est qu'il se présente spontanément à l'esprit quand il est question du Cœur de Marie. Le consulteur des Rites ne suppose même pas qu'on puisse le perdre de vue. Il observe seulement que, dans la fête du Cœur de Maiie, l'attention des fidèles ne se limite pas au cœur de chair, mais qu'elle se porte piincipalement sur l'amour de Marie, et c'est cette considération qui, à ses yeux, justifiait la concession d'un office et d'une messe propres.

Voilà donc un point acquis et sur lequel aucune -discussion ne semble possible. La dévotion au Cœur de Marie embrasse à la fois, dans Funité de son objet, le Cœur de chair de la Bienheureuse Vierge et son amour pour Dieu et pour nous. Les théologiens contemporains qui se sont occupés de notre dévotion sont unanimes à le reconnaître. 11 suffit pour s'en convaincre de parcourir les quelques pages que lui consacrent le P. de Franciosi, le P. Nix et le le P. Terrien dans leurs ouvrages sur la dévotion au dœur de Jésus, et l'ouvrage récent de M. Sauvé sur le culte du Cœur de Marie.

Seulement, remarquons-le bien, le cœur de chair €t l'amour ne forment pas deux objets proposés simultanément, mais indépendamment l'un de l'autre, à notre vénération. Ils ne forment qu'un seul et même objet composé de deux éléments qu'on ne considère jamais l'un sans l'autre, parce qu'on les envisage toujours dans leurs rapports mutuels. C'est dans ce sens que le bienheureux Jean Eudes affirme avec insistance que le Cœur corporel et le Cœur spirituel de Marie ne font qu'im seul cœur, et sur

^Si KTUDE docthinai.p:

ce point, comme sur le précédent, tout le monde est d'accord avec lui.

Quant aux rapports (pii existent entre le Cœur corporel et le Cœur spiiituel de Marie et qui permettent d'en faire l'objet d'une seule et même dévotion, il sont au nombre de deux.

Il y a tout d'abord entre eux des analogies fra[)pantes qui font de l'un le symbole naturel de l'autre.

La premièie de ces analogies, c'est que, de même que le cœur de chair est le principe de la vie répandue dans l'organisme, de même le cœur spirituel de l'homme, qu'on entende par là la partie supérieure de son ame ou simplement l'amour, est le [)rincipe de toute sa vie intellectuelle et morale.

La seconde, c'est que le cœur spirituel est le siège et le foyer de 1 amour volontaire, comme le cœur de chair est le siège, sinon l'organe, de l'amour sensible.

Le cœur de chair est donc bien, comme tout le monde le dit. le symbole du cœur spirituel de l'homme, et cela suffit pour (\uq, quand il s'agit de .lésus et de Marie, nous les réunissions dans notre vénération et notre amour.

Toutefois, entre l'un et l'autre, il y a plus que des analogies. Nous venons de rappeler les relations qui existent entre les alfections sensibles et l'organe cardiaque. Si elles n'en procèdent pas, comme on l'enseignait autrefois, du moins on ne peut nier qu'elles ne 1 afl'eclenl plus f{u'aucun autre organe. Lorsque nous sommes en proie à une émotion un peu vive, agréable ou pénible, tie disons-nous pas (ourammenl que notre cœur Irc.tsaillc, qu'il bondit,

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qu'il bat fort, que nous avons le comr gros, le cœur ^erré, etc. ? Et ces expressions ne sont pas de pures métaphores, nous sentons qu'elles répondent à une réalité physiologique. Les affections sensibles impressionnent si fortement le cœur que, dans les grandes douleurs, elles peuvent suffire à en arrêter les battements et à causer la mort. Or, par suite de l'unité de la nature humaine, les actes de la vie spirituelle, même ceux qui appartiennent à Tordre surnaturel, réagissent sur la partie sensible de notre être, comme à leur tour ils en subissent Tinfluence. Cela se vérifie surtout quand il s'agit des affections de la volonté. Elles ont fréquemment leur contrecoup dans l'appétit sensitif, et, par l'intermédiaire des passions, elles font sentir leur action jusqu'au cœur. Les actes de charité, si parfaits qu'ils soient, n'échappent pas à cette loi. La vie des sainfs en fournit des exemples frappants (1).

En Marie, la dépendance des passions à l'égard de la volonté était plus étroite encore, puisqu'en elle, comme nous le verrons, l'amour divin dirigeait l'activité de l'appétit sensitif et en inspirait tous les mouvements. C'est là ce qui a permis au P. Eudes de dire du Cœur corporel de Marie qu'il est « tout spiritualisé (2) », et « tout embrasé de la divine charité (3), comme son Cœur spirituel est tout « divinisé » par l'action du Saint-Esprit. C'est là égale-

1. Voir sur celte question louvrage du P. de Gatliffef, : L'excellence de la Diivotion au Sacre-Cœur, 1. 2, addition, art. i.

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