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l'objet de la DiiVOTION 291
divin Maître. Comme toutes les mères, en effet, Marie eut souvent l'occasion de porter son Fils dans ses bras, et plus souvent encore elle se fit une douce joie de le presser sur son Cœur. Saint Jean, remarque le P. Eudes, eut le privilège de reposer une fois sur la poitrine du Divin Maître : il y puisa d'abondantes lumières et des secrets merveilleux. C'est tous les jours et bien des fois par jour, que Jésus, durant son enfance, reposa sur le Cœur de Marie. Qui dira les faveurs inestimables dont il combla sa divine Mère dans ces heureux moments ?
Le P. Eudes s'appuie sur les rapports du cœur avec les passions pour mettre en lumière une dernière prérogative du Cœur de Marie, son admirable sainteté et la part qu'il prit à la vie toute d'amour que la Sainte Vierge mena ici-bas et qu'elle mène au ciel plus parfaitement encore.
Nous avons dit que le Bienheureux regardait le cœur comme l'organe d'où « procèdent » les passions (l). Actuellement, les physiologistes prétendent que c'est dans le cerveau et le système nerveux qu'il faut chercher l'organe des affections sensibles Toutefois, s'il n'a aucune part à la production des mouvements de l'appétit sensitif, il est hors de doute que le cœuren subit le contre-coup d'une manière tellement irrésistible et parfois tellement forte que, s'il faut en croire certains savants, on pourrait à l'aide d'un instrument enregistreur, mesurer par la rapidité et la force de ses battements l'intensité de la passion. Dans ce sens, on peut toujours dire et on dit en effet
•1. Cœur admirable, 1. 1, ch. 3 et 4.
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que le cœur est le siège de l'amour et des aulres affections passionnelles.
Les passions font partie de la nature humaine. La Sainte Vierge n'en a pas été privée. Seulement, tandis qu'en nous, par suite du péché originel, les passions sont trop souvent en révolte contre la raison, en Marie elles étaient sous la dépendance absolue de la volonté et de l'amour divin.
(t L'esprit du nouvel homme, qui régnait parfaitement dans le Cœur de Marie, dit le P. Eudes, donnnait si absoluuient sur toutes ses passions qu'elles n'avaient aucun mouvement que par son ordre. De sorte quelle n'en a jamais fait aucun usage que par la conduite de l'Esprit de Dieu et pour la seule gloire de sa divine Majesté. Elle n'a rien aimé que Dieu seul, rien désiré, ni prétendu, ni espéré que de lui plaiie, rien craint que de lui déplaire, rien entrepris de grand et de ditTicile que ce qui regardait son service et sa gloire, laquelle a toujours été aussi l'unique sujet de sa joie, comme la seule cause de sa tristesse a été l'injure cl le déshonneur qui lui est fait par le péché, lequel pareillcnienl a été le seul objet de sa haine, de son aversion et de sa colère. Si bien que toutes ses passions n'ont eu aucun usage ni sentiment, mais ont été mortes et comme anéanties au reerard du monde et de toutes les choses du monde... et elles n'ont eu ni vie ni mouvement qu'au regard de ce qui plaisait ou déplaisait à Celui qui les possédait, qui les animait etqui les conduisait en toutes clioses (i). ')
i. C(Eur admirable, I. 2 el 7. sect. 1. Cf. I. t, ch. i, sect. 6.
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Dans le Cœur de Marie, les passions ont donc toujours été purifiées et sanctifiées à un degré éminent par l'amour divin qui disposait d'elles en maître absolu. C'est pour cela que le P.Eudes ditduCœur de Marie qu il est le saiicluaire des passions. Parfois aussi il le considère comme un autel où l'amour divin immole en holocauste les passions de l'appétit sensitif.
« Je regarde, dit-il, le très pur corps de la Mère de Dieu comme un temple sacré, et comme le temple le plus auguste qui ait été et qui sera jamais après le temple de l'humanité sainte de Jésus. Je vois que son Cœur virginal est le saint autel de ce temple. Je considèrel'amour divin comme le grand prêtre qui offre à Dieu des sacrifices continuels dans ce temple et sur cet autel, et des sacrifices très agréables à sa divine Majesté. Je contemple la divine volonté quilui amène plusieurs victimes pour être sacrifiées sur cet autel. Entre ces victimes, j'y aperçois les onze passions naturelles qui sont occises par le glaive flamboyant que ce grand prêtre tient en sa main, c'est à-dire, par la vertu du divin amour, qui sont consumées et transformées dans le feu céleste qui brûle sur cet autel, et qui sont immolées à la très Sainte Trinité en sacrifice de louange, de gloire et d'amour (1). »
Et le P. Eudes ajoute que ce sacrifice a commencé avec le premier battement du Cœur de ^larie et qu'il est allé en se perfectionnant à chaque instant de sa vie.