I-'OBJKT DK LA DKVOTION
Les prérogatives du cœur corporel de Marie dérivent évidemment du rôle du cœur dans la vie humaine. Le P. Eudes le regarde, non seulement comme la partie la plus noble du corps, mais comme le principe de la vie dont il jouit. Il pensait que le sang, qui porte la vie dans tout l'organisme, se forme dans le co^ur, ou tout au moins y reçoit sa dernière pcrfeclion, à tel point qu'avant d'y avoir passé, il n'est propre ni à nourrir le corps ni à concourir à l'accomplissement des fonctions vitales (1). Il se trompait en cela, comme tous ses conlemporains. Mais il reste vrai que le cœur est le principe de la vie. qu'il influe dans tout l'organisme en y projetant le sang.
« C'est du cœur, dit Claude Bernard, que part tout le mouvement vital, et c'est ainsi le cœur qui est le principe de la vie... Il veille encore lorsque les autres organes font déjà silence autour de lui... Jamais il ne se se repose: pendant que tout sommeille, lui, il bat. Tant qu'il se meut, la vie peut se rétablir ; mais lorsqu'il cesse de palpiter, elle est irrémédiablement perdue. De même que son premier mouvement a été le signe certain de la vie, son dernier battement est le signe certain de la mort (2). »
La première prérogative du Cœur de Marie, c'est donc d'avoir été et d'être encoie le principe de sa vie corporelle.
Le P. Eudes tire delà maternité divine trois autres
\. Cœur aJmirabIp. 1. 1, ch. 3, secl. 5. 2. Cité par le P. Le L)oi\\ Les Sacrés Cœurs et le Y. Jean Eudes, II, p. 2.J.
CfH;rR UE MARIE. — 10.
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prérogatives du cœur corporel de la Bienheureuse Vierge.
La première, c'est qu'il a fourni, d'une manière plus ou moins médiate, le sang dont fut formé le corps de Jésus : de sorte que l'on peut dire, en ce sens, que le Verbe incarné est le fruit du Cœur de Marie aussi bien que de son sein :
« 0 Jésus, s'écrie à ce sujet le Bienheureux, c'est l'amour incompréhensible de votre Père éternel qui vous a donné à nous. C'est votre amour infini qui vous a fait sortir du sein de votre Père pour venir dans le sein de votre Mère et dans le sein de nos âmes. C'est par la vertu de l'amour personnel, qui €St le Saint-Esprit, que vous avez été formé dans les entrailles virginales. C'est pourquoi il était bien convenable, ô Dieu d'amour, qu" la matière dont votre saint corps devait être formé, fût prise dans le Cœur tout embrasé de charité de la Mère d'amour, afin que vous fussiez véritablement le fruit du ventre et du Cœur de votre Mère, comme vous êtes le fiuit du sein de votre Père (i) »
La seconde prérogative dont parle le P. Eudes, c'est que le Cœur de Marie fut, dans une certaine mesure, le principe de la vie de Jésus durant le temps qu'il passa dans le sein de sa Mère, puisque, durant cette première phase de l'existence, la vie de l'enfant dépend entièrement de celle de la mère.
La lioisième prérogative du Cœur de Marie, d'après le P. Eudes, r'e.^l qu'il fut souvent le lit de repos du