‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 111 sur 215 · Ibid. c. 18, pageTl · texte numérisé non relu

Ibid. c. 18, pageTl

plaies sacrées. Dans les notices écrites par l'une d'elles, Catherine de Guebwiller, sur plusieurs de ses sœurs, qui vécurent là entre 1250 et 1330, on voit que dans la plaie du côté elles trouvèrent plus d'une fois le cœur divin. L'une d'elles, Gertrude de Saxe, fut montrée au Prieur du monastère comme étant dans le cœur de Jésus sur une image merveilleuse du crucifix. Comme il s'en étonnait, le Crucifix lui dit : « Mon fils, l'homme peut m'être uni bien plus intimement que vous ne sauriez croire, je cache dans le trésor le plus secret de ma divinité l'homme que j'ai créé. » Un jour que Gertrude était en oraison depuis plusieurs heures, tourmentée d'une soif brûlante, elle finit par s'assoupir. Alors il lui sembla qu'on plaçait devant elle un vase rempli jusqu'au bord d'une eau fraîche et limpide, et une voix lui disait : « Désaltérez- vous, ma fille, buvez de cette eau dont la source est dans mon cœur.» Elle but, et, lorsqu'elle se réveilla, sa soif était apaisée 1.

La B. Christine de Stommeln, près Cologne (1230-1312), quand le démon la menaçait de lui ôter la vie, s'adressait au cœur de Jésus : « Seigneur Jésus... je vous en prie... par votre très doux cœur, broyé pour notre amour, si c'est votre bon plaisir que ces malins esprits me donnent. la mort, recevez en paix mon cœur troublé et affligé, gardez-le miséricordieusement, dans votre

1. Les mystiques d'Unterlinden à Colmar. Notices écrites par Vune d'elles, et publiées par le Vte de Bussières, p. 165 et 222 ; dans Franciosi, col. 235-6. — Je ne saurais dire, n'ayant pas le texte latin, s'il s'agit là du cœur prorenient dit, ou seulement de la poitrine. De notre point de vue, cela fait une différence, bien que, dans aucun des deux cas, la pensée du cœur ne soit absente.

très doux cœur K » Après ces luttes terribles, Notre:Seigneur « survenait à l'improviste et pressait sur son cœur très doux le cœur de son épouse 2. »

L'ordre entier de saint Dominique fut de bonne heure familiarisé avec l'idée du cœur blessé et avec le symbolisme qui s'y rattache. Le vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, jour destiné à devenir la fête du Sacré-Cœur, ils faisaient l'office de la plaie du côté. Ils y chantaient :

Dulcis hasta, latus Dei Douce lance, le côté d'un Dieu Te replevït sanguine ; T'a toute couverte de sang ; Dulcis mucro per cor Dei Le doux glaive en traversant le cœur

d'un Dieu, Volvitur in flumine. Passe dans un flot de sang.

Sic salvantur omnes rei Ainsi sont sauvés les coupables, Secreto Dei munere Par un don mystérieux de Dieu.

Ils chantaient de même dans leur office des cinq plaies :

Si cor habes maculatum, Si vous avez le cœur souillé,

Inspice vulnus tam latum Regardez la large blessure

Cordis ejus : illinc nuit De son cœur : de là coule

Unda quse sordes abluit. L'onde qui lave les souillures.

Dans la neuvième leçon de cet Office, ils lisaient : « Il a voulu aussi que son côté fût ouvert, pour nous donner accès à ce qu'il a de plus intime (ad intima usque sua). Car quand le côté fut ouvert, le chemin fut frayé jusqu'au cœur du Seigneur. Que l'homme s'approche de ce cœur sublime 3 et que Dieu soit exalté en lui. Mais qui montera

1. Sa vie, par Pierre de Dacie, O.P. son contemporain, dans Acta sanctorum, t. 25, juin, t. 5, ad diem 23, p. 299; cf. p. 328.

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