Institutio spiritualis, Appendix in, endologia 6, p
4. Institutio spiritualis, c. ix, p. 253. Pour plus amples détails, on peut voir Franciosi, col. 310-312.
nous la voyons pratiquée par Eschius, par Canisius, par les Chartreax.
Eschius ou Van Esch (1507-1578), le maître de Pierre Canisius et de Surius, fut, nous l'avons dit, l'ami de Lansperge et de la Chartreuse de Cologne. Nous avons de lui des exercices très touchants de dévotion au Sacré-Cœur : « 0 très doux Seigneur Jésus-Christ, je vous en prie, par l'ardent amour de votre cœur divin, par votre cœur humain transpercé et par ses angoisses, imprimez mon cœur dans votre cœur transpercé, et remplissez-le de la charité parfaite qui déracine en moi tout amour personnel envers moi-même et les créatures. Que la flèche de votre amour ardent me blesse et m'emflamme, de sorte que je puisse vous aimer parfaitement, de tout mon cœur, de toute mon âme, de tout mon esprit et de toutes mes forces, purement pour votre bonté, sans vue aucune de retour. Puissé-je, par amour pour vous, beaucoup quitter, beaucoup agir et souffrir, sans jamais me relâcher ! Pnisst-je, par mes désirs brûlants et sans borner, par mes prières pour obtenir le parfait renoncement à moi-même et l'union amoureuse avec vous, aspirer sans cesse vers vous, crier, frapper à la porte. Puissé-je penser à vous, parler de vous, avoir faim et soif de vous, vous chercher et vous trouver, jusqu'à ce que tout transformé en vous, je devienne un seul esprit avec vous, demeurant toujours en vous et vous en moi ! Donnez-moi aussi d'aimer du même amour mon. prochain en vous et pour vous, comme moi-même l. »
L Exercitium cruciforme ad Vukiera Domine Jesu. Exerci tium vn in orationis formulam practice redactum... Ad cor Jesu. fin appendice aux Exercitia T&ulérien*. Lyon. 1556, p. 496-497. Texte latin dans Franciosi, 320.
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Xon moins pieuse est une autre prière d'Eschius k pour entrer par les blessures jusqu'au cœur et à la divinité de Jésus, pour s'y cacher contre les distractions et tentations de toute sorte : « Seigneur Jésus-Christ, crucifié pour les pécheurs, recevez ce pécheur qui se réfugie vers vous, et protégezmoi sous l'ombre de vos ailes,, que vous étendez sur la croix, dans les bras de votre amour. Qu'il soi te de vos blessures sacrées et qu'il tombe sur moi des rayons d'humilité, de pauvreté, d'obéissance, de patience et de charité. De la blessure de votre cœur et de votre côté, c'est-à-dire de la blessure de votre amour, blessez mon cœur, transpercez-le, pour que je brûle vraiment et que je languisse dans les soupirs de mon âme (tu desiderio animœ), et que illuminé par la lumière de votre mort, je comprenne vraiment les douleurs et les souffrances que vous avez endurées dans vos mains et dans vos pieds, dans votre tête, dans votre corps, dans votre cœur et dans votre âme l. »
D'Eschius ne séparons pas son disciple, le B. Pierre Canisius (1521-1597), ami et familier, comme lui. des Chartreux de Cologne, et qui, devenu Jésuite, se rappelait avec tant de reconnaissance, son saint maître et ses jours de pieuse jeunesse. Le jour de ses vœux solennels, qu'il fit à Rome dan< la Basilique Vaticane, entre les mains de saint- Ignace, presque au moment de les prononcer, il était tout entier au sentiment profond de sa misère et de sa pauvreté, quand le Sacré-Cœur voulut bien suppléer à tout. « Vous m'ouvrîtes alors, dit-il
1. Margarita evanjelica, I. -i (Appendix) c. G. î" eiitio latina, Dilingae, 1610. Traduit sur une copie latine, obligeamment communiquée par ML J. Brucker.
à Jésus dans son Mémorial, le cœur do votre corps sacré, et il me semblait le voir tout près ; et vous me dites de boire à cette source, m'invitant ainsi à puiser les eaux de mon salut à vos sources, ô mon Sauveur. Et moi je désirais tant que vinssent de là jusqu'à moi des flots de foi, d'espérance et de charité... Et quand j'eus osé aller à votre cœur très doux et y étancher ma soif, vous me promettiez une robe tissée de trois parties l. »
Il y a mainte autre trace de sa dévotion au Sacré-Cœur.
Dans un manuscrit écrit de sa main, on trouve, entre autres prières qu'il avait composées ou recueillies une Prière pour saluer le cœur du Christ le matin, qui est celle même de sainte Mechtilde : « Je vous loue, je vous bénis, je vous glorifie et je vous salue, ô très doux et très bon cœur de Jésus- Christ mon fidèle ami, vous rendant grâces pour votre vigilance à me garder pendant la nuit, et pour votre attention continuelle à louer et remercier pour moi Dieu le Père et à lui rendre tous les devoirs en ma place. Et maintenant, ô mon unique ami, je vous offre mon cœur comme une rose de printemps, dont la grâce attire toute la journée vos yeux, et dont le parfum charme votre divin cœur, etc. 2. » Il y a là également une gracieuse prière pour le moment du coucher, où il s'unit à la reconnaissance dont tous les saints trouvent la source dans le Sacré-Cœur pour louer Dieu ; et de même à l'esprit d'oraison qui du divin Cœur s'est répandu
1. Beati Pétri Canisii Epistalœ et Acta, par Otto Braunsberger, t. 1, p. 55, Fribourg-en-Brisgau, 1896.
2. Ibid. p. 58. Cf. Revelationes mechtildianœ, pars tertia, c. 17, p. 217.
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dans tous les saints, etc. K » Il écrivait dans le même cahier : « Le cœur de Jésus brûle pour nous d'un tel amour que ce Fils de Dieu et de la Vierge est prêt, que dis-je? c'est son désir, de souffrir pour vous seul toutes les amertumes intérieures et extérieures qu'il a souffertes pour le monde entier, plutôt que de permettre votre perte, ou la ruine d'une seule âme 2. »
Enfin dans ses Exhortations domestiques, adressées à ses frères en religion, il leur recommandait a d'unir leur volonté avec le cœur de Jésus » :
comme il nous a donné son cœur, ils doivent lui donner le leur » ; « qu'ils imitent la libéralité avec laquelle il nous a donné à boire le sang de son cœur » ; « en union avec la gratitude que les Saints puisent dans le cœur de Jésus, qu'ils remercient des dons reçus » ; « qu'ils fassent leur nid dans les trous de la pierre, et en toute tentation qu'ils se réfugient dans l'aimable cœur du Christ 3. »
La dévotion au Sacré-Cœur, avec ses multiples exercices, n'était pas propre à la Chartreuse de Cologne. D'autres Chartreux se rencontrent partout, non moins dévots, non moins pieux dans l'expression de leur dévotion. Dom Boutrais, dans son Mois du Sacré-Cœur par d? anciens Chartreux, nous domie de belles pages de Jean de Torralba, prieur de la Cour-Dieu, 1578 ; d'Antoine Volmar, prieur d'Astheim, né vers 1550; de dom Jean Michel de Vesly, 44e général des Chartreux, qui pu-
1. Ibid.p. 59. Inspiré de Sainte Mechtilde , ibid,c. 34, p. 238.