‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 120 sur 215 · Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Loc. cit., p

vous en prie, Dieu de bonté, ôtez-moi mon cœur corrompu, sans piété, sans gratitude, et donnezmoi votre divin cœur ; ou bien faites mon cœur selon votre cœur, façonnez-le à votre gré.

« Ah ! Seigneur mon Dieu, mon Sauveur et mon Rédempteur, ôtez-moi mes péchés et tout ce qui vous déplaît en moi ; tout ce qui vous plaît, versez-le en moi de votre cœur très saint. Changezmoi et possédez-moi tout entier. Que je ne vive que pour vous plaire, ô Dieu très saint, et pour vous aimer. Faites que mon cœur s'unisse à votre cœur, ma volonté à votre volonté : que je ne veuille jamais rien, que je ne puisse jamais vouloir que ce que vous voulez, que ce qui vous plaît. Que je vous aime, ô doux Jésus, mon Dieu, de tout mon cœur, en tout et par dessus tout. Amen *. »

Je ne pense pas qu'il y ait maintenant encore rien de plus pieux en l'honneur du Sacré-Cœur, rien de plus pénétrant, que ces prières et ces aspirations de Lansperge. Ce sont vraiment des flèches d'amour.

Louis de Blois nous conseille de nous réfugier dans le cœur de Jésus par la plaie ouverte de son côté, dans les tentations, les afflictions, les misères de la vie, pour y trouver force et miséricorde, pour y puiser la consolation et la joie ». Il nous recommande sans cesse « d'offrir nos bonnes œuvres au très doux et très sacré cœur de Jésus-Christ, afin

1. Pharetra, loc. cit., p. 198. Avec cette différence que le dernier paragraphe s'y trouve avant le premier. J'ai suivi l'ordre ancien. Beaucoup d'autres textes dans Franciosi, 294-301.

2. Margaritum spirituelle, pars 3", c. xix. Opéra, in-fol. Edition d'Ingolstadt, 1726, p. 403. Les mots mêmes sont ceux des Exercitia taulériens.

qu'il les purifie et les perfectionne \ » Il a pour cet usage des formules très belles, celle-ci, par exemple : « Je vous offre, ô Père céleste, l'amour embrasé et les désirs ardents du cœur de Jésus, votre Fils bien-aimé, pour suppléer à l'aridité et à la froideur de mon chétif cœur 2. » Il a, pour saluer le cœur, des mots d'une tendresse exquise : « Salut, cœur très aimant, très bon, très doux (mellitissimum), blessé pour moi. Salut, trésor (gazophylacium) incomparable de tout bien et de toute béatitude. De grâce (eia), soyez pour moi un agréable abri (umbrarulum) à la mort, et, après la mort, ma demeure éternelle 3. » Il nous recommande de nous approprier les intentions du Sacré-Cœur et d'offrir toutes nos prières, actions et peines en union avec lui, pour la gloire de Dieu et le salut de son Église 4. C'est la pratique que Yapostolat de la prière devait vulgariser un jour à travers le monde.

influence de Lansperge.

Eschius, Canisius, les Chartreux.

Lansperge et Louis de Blois semblent avoir eu un rôle à part dans notre dévotion pour l'organiser et la propager. Leurs écrits la firent connaître et pratiquer au loin. A côté de Lansperge et, en partie du moins, sous son influence,

1. Conclave animœ fidelis, pars 1, Spéculum spirituale, c. vu, § 4, n. 4, 1. c, p. 450.

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