‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 166 sur 215 · Le P. Eudes, e. iv et v · texte numérisé non relu

Le P. Eudes, e. iv et v

2. Le P. Eudes, p. 1 17 ; cf. Les Sacrés Cœurs, t. r, p. 192.

3. L'écrit approuvé par les théologiens était intitilé La dévotion au Cœur adorable de Jésus. Le R. P. Le Doré a cru qu'il s'agissait d'un livre sur le Sacré-Cœur, à la fin duquel le P. Eudes aurait inséré la messe et l'office propres du cœur adorable de Jésus. Mais nulle part on n'a trouvé trace de ce livre. Il est probable que l'approbation des théologiens, seule

; pièce en faveur de son existence, ne porte pas sur un livre proprement dit, mais sur la messe et l'office, accompagnés peut- ! être de quelques explications préliminaires sur feuillets déta-

de Rennes, de Coutances, d'Evreux, approuvent messe et office, et permettent de célébrer la fête. On avait cru jusqu'ici que la première fête du Sacré-Cœur de Jésus fut célébrée à Rennes, au Grand Séminaire, le 31 août 1670 ; mais cette opinion paraît insuffisamment appuyée, et ne se concilie guère avec des faits certains. C'est seulement le 20 octobre 1672 que la solennité doit avoir eu lieu ; et elle eut lieu le même jour, en plusieurs villes, à Coutances, à Évreux, à Bayeux, tout comme à Rennes, partout, en un mot, où il y avait des maisons de la Congrégation, sauf à Rouen, où Mgr de Médavy, qui venait de succéder à Mgr de Harlay, ne permit la fête que l'année suivante \ Les considérants de quelques-uns des actes épiscopaux sont fort intéressants : c'est la première fois que l'Église enseignante parle du Sacré-Cœur. L'évêque de Coutances, Mgr de Loménie de Brienne, écrit, dans sa lettre du 29 juillet 1670 : « Le Cœur adorable de notre Rédempteur étant le premier objet de la dilection et complaisance du Père des miséricordes, et étant réciproquement tout embrasé du saint amour vers ce Dieu de consolation, comme aussi étant tout enflammé de charité vers nous, tout brûlant du zèle de notre salut, tout plein de miséricorde vers les pécheurs, tout rempli de compassion vers les misérables, et le principe de toutes les gloires et félicités du ciel et de toutes les grâces et bénédictions de la terre,

chés. C'est, si j'ai bien compris, l'opinion du P. Dauphin, l'un des principaux éditeurs des Œuvres complètes, et celle du P. Boulay.

1. Voir Œuvres complètes, t. 11, p. 176, où cette question est fort bien discutée.

et une source inépuisable de toutes sortes de faveurs pour ceux qui l'honorent : tous les chrétiens doivent s'efforcer de lui rendre toutes les vénérations et adorations possibles *. » L'évêque d'Évreux, Mgr de Maupas du Tour, exprime des idées semblables, dans sa lettre du 8 octobre 1670 : « Le Cœur adorable de Notre-Seigneur étant une fournaise d'amour vers son Père et de charité vers nous, et une source d'une infinité de grâces et de faveurs au regard de tout le genre humain, tous les hommes, spécialement tous les chrétiens, ont des obligations infinies de l'honorer, louer et glorifier en toutes les manières possibles 2. » En 1671, l'archevêque de Rouen, qui était encore Mgr de Harlay, les évêques de Bayeux et de Lisieux, l'ancien évêque de Rodez, Abelly, se joignaient aux trois autres pour approuver la fête et l'office.

Enfin, le 29 juillet 1672, le P. Eudes adressait aux six maisons de sa Société une circulaire imprimée pour leur enjoindre de célébrer désormais comme fête patronale, le 20 octobre, la solennité du Sacré-Cœur de Jésus. Elle commence ainsi : « C'est une grâce inexplicable que notre très aimable Sauveur nous a faite, de nous avoir donné dans notre Congrégation le Cœur admirable de sa très sainte Mère; mais sa bonté, qui est sans bornes, ne s'arrêtant pas là, a passé bien plus outre en nous donnant son propre Cœur, pour être, avec le Cœur de sa glorieuse Mère, le fondateur et le supérieur, le principe et la fin, le cœur et la vie de cette Congrégation... Quoique jusqu'ici nous n'ayons

1. Le Doré, Le P. Eudes, p. 129 ; Les Sacrés Cœurs, 1. 1, p. 210.

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