Le P. Eudes, p. 143 ; Les Sacrés-Cœurs, t. i, p. 222. j
et jour qu'à nous faire une infinité de biens, et qui enfin s'est rompu... de douleur pour nous en la croix ! » Conclusion : « Reconnaissons donc... la grâce infinie et la faveur incompréhensible dont notre bon Sauveur honore notre Congrégation, de lui donner son très adorable Cœur avec le Cœur très aimable de sa Sainte Mère. Ce sont deux trésors inestimables, qui comprennent une immensité de biens célestes et de richesses éternelles, dont il la rend dépositaire, pour ensuite la répandre par elle dans les cœurs des fidèles K » Marguerite- Marie ne sera guère plus explicite, quand elle parlera de la mission confiée à la Visitation et à la Compagnie de Jésus.
La fête que le P. Eudes promulguait ainsi fut adoptée par quelques congrégations religieuses, notamment, dès 1674 au plus tard, par les Bénédictines du Saint-Sacrement, dont la fondatrice, Catherine de Bar, Mère Mechtilde du Saint-Sacrement, était toute dévouée au P. Eudes. Dès 1674 aussi, elle était célébrée par les Bénédictines de l'abbaye royale de Montmartre, près des lieux où 200 ans plus tard devait s'élever la Basilique du -Sacré-Cœur. L'office composé par lui se répandit également, et c'est, semble-t-il, celui dont se servaient les Visitandines elles-mêmes dans plusieurs de leurs monastères jusque vers 1750 2. Pj
/ La fête venait naturellement avec la Confrérie. Or, le P. Eudes et les siens profitaient de toutes les
1. Le P. Eudes, p. 144-147 ; Les Sacrés Cœurs, t. i, p. 223- 225. Sur ce don du Sacré-Cœur à ses Congrégations, voir encore le testament du P. Eudes écrit en 1671, art. 10, 11. Le P. Eudes, p. 130 ; Les Sacrés Cœurs, t. i, p. 216.
2. Voir Les Sacrés Cœurs, t. i, p. 239 et suivantes. La question demanderait une étude attentive.
occasions pour en établir. C'est ici que le pape intervient. Dès 1666, Alexandre VII approuvait une Confrérie du Cœur de Jésus et de Marie à Morlaix *. Le P. Eudes obtint, en 1674 et 1675, six brefs de Clément X en faveur de Confréries semblables 2. C'était une approbation, au moins indirecte, de la dévotion au Sacré-Cœur, et les postulateurs qui viendront plus tard le feront remarquer.
Cependant le P. Eudes travaillait à son grand ouvrage, où il devait mettre le meilleur de son âme, et résumer l'œuvre de toute sa vie. Moins d'un mois avant de mourir, il écrivait : « Aujourd'hui, 25 juillet 1680, Dieu m'a fait la grâce d'achever mon livre du Cœur admirable de la très Sainte Mère de Dieu. » L'auteur mourut le 19 août suivant, et l'ouvrage ne parut qu'en 1681 3.
La dévotion au Sacré-Cœur n'en fait pas l'objet principal. Comme l'indique le titre, il y est question surtout du cœur de Marie. Mais, des douze livres qui le composent, le douzième est tout consacré au cœur de Jésus. Il est divisé en vingt chapitres, plus huit méditations et des litanies, et il comprend près de 100 pages in-4°, sur 700 environ 4. En joignant à ce livre les notions générales données au livre premier, on a, dit le P. Le Doré, « un excellent traité de la Dévotion au Sacré Cœur du Fils de Dieu 5. »
On voit que pour le P. Eudes, la dévotion au