Le Doré, Les Sacrés Cœurs, 1. 1, p
2. Le Doré, Le P. Eudes, p. 165 ; Les Sacrés Cœurs, t. i, p. 275 et suiv.
3. Le R. P. Le Doré indique 1682. C'est, je pense, une erreur.
4. Œuvres complètes, t. vin, p. 206 - 363 , méditations et litanies comprises.
5. Le P. Eudes, p. 234. Sauf les réserves que l'auteur fait ailleurs.
cœur adorable de Jésus s'épanouit pour ainsi dire sur la dévotion au cœur admirable de Marie ; elle s'en est dégagée peu à peu. Dès les débuts, elle y était, mais un peu, suivant la pensée du P. Le Doré, comme le précieux sang dans le calice ; elle y était, mais dans l'unité morale, dans l'unité d'amour, dans la conformité de vie et d'affection, entre le cœur du Fils et celui de la Mère. C'est cette unité morale des deux cœurs que le P. Eudes a eue d'abord en vue : le cœur de Jésus et le cœur de Marie ne faisaient pour lui qu'un seul cœur. Aussi disait-il le Cœur de Jésus et de Marie plutôt que les Cœurs.
Il a été amené cependant à s'occuper distinctement des deux cœurs. Alors, il voit vraiment le cœur de chair, non pas évidemment en lui-même et pour lui-même, mais comme symbole ; symbole et foyer d'amour pour Dieu autant que d'amour pour les hommes, symbole et foyer de toute la vie intime du Christ. Chez lui pourtant, il y a plus souvent métaphore que symbolisme ; expression un peu confuse de l'amour et de l'homme intime par le mot cœur, plutôt que regard sur le cœur de chair pour y lire l'amour.
La dévotion, telle que l'expose et la chante le P. Eudes ne diffère pas essentiellement de celle qui a rayonné de Paray ; mais elle embrasse davantage et s'appuie moins sur le symbolisme du cœur. Par là même, elle est moins précise peut-être dans ses formules, moins concrète d'aspect, moins parlante à la foule. Le gros livre où elle est exposée n'était pas fait non plus pour la rendre populaire.1
1. C'est la remarque du R. P. Le Doré. L'auteur, dit-il encore, est « assez souvent... long et diffus ; il entasso les épi-
Le P. Eudes mourut sans l'avoir édité lui-même, et sa puissante influence n'était plus là pour le pousser. Nul doute que, s'il eût vécu, il eût adapté son travail, monnayé sa doctrine en détachant le douzième livre ou composant quelque opuscule exprès. On le fit après lui. Mais ces essais mêmes firent perdre de vue l'œuvre primitive : quand Gallifïet et Languet croient citer le P. Eudes, c'est un autre ouvrage qu'ils citent, écrit sans doute par un de ses disciples. Le gros livre ne fut réédité qu'en 1833 ; et, en 1891, le R. P. Le Doré lui-même, trouvant le « style vieilli », a cru devoir, pour rendre plus accessible une doctrine « trop peu connue », « changer parfois des mots vieillis, supprimer quelques épithètes, ou même couper certaines phrases trop longues l. » Malgré ces inconvénients, ce douzième livre mérite d'être connu. Nous n'en pouvons donner ici qu'une brève analyse, presque une table des matières. J
Il est intitulé « Du divin Cœur de Jésus ». Les titres des chapitres en disent assez clairement le sujet :
« 1. Que le divin Cœur de Jésus est la couronne de la gloire du très saint Cœur de Marie ;
2. Que le divin Cœur de Jésus est une fournaise d'amour très ardente au regard du Père éternel ;
3-4. Que le divin Cœur de Jésus est une fournaise d'amour au regard de sa très sainte Mère, dont les flammes éclatent dans les privilèges dont il l'a enrichie ;
thètes ; ses phrases sont parfois enchevêtrées, embarrassées et lourdes ; elles ont une longueur démesurée, etc. » Les Sacrés Cœurs, t. 1, p 325; cf. t. 2, p. ri et vu, sur les imprécisions ou ambiguïtés de doctrine.