Le P. Amelote. Voir quelques passages ci-dessus
oracle, notre trésor ; dans la cinquième, comme le modèle et la règle de notre vie. Sixième : « Que Jésus nous donne son Cœur pour être notre cœur.» Septième : « La très profonde humilité du divin Cœur de Jésus. » Huitième : « Que le Cœur de Jésus est le roi des martyrs.» Neuvième : «Que le Cœur de Jésus est le Cœur de Marie. »
Seconde série. Première méditation : « Que la très sainte Trinité est vivante et régnante dans le Cœur de Jésus. »
Seconde : « Que le Cœur de Jésus est le sanctuaire et l'image des divines perfections. »
Troisième : « Que le Cœur de Jésus est le temple, l'autel et l'encensoir du divin amour. »
Quatrième : « Que le Cœur de Jésus nous aime d'un amour éternel et immense. »
Cinquième : « Que le cœur de Jésus est le principe de la vie de l' Homme-Dieu, de la vie de la Mère de Dieu, et de la vie des enfants de Dieu. »
Sixième : « Trois Cœurs de Jésus qui ne sont qu'un cœur » ce sont : « le Cœur divin, le Cœur spirituel, le très saint Cœur de son corps déifié. »
Septième : « Les miracles du Cœur de Jésus. » Le monde de la nature, le monde de la grâce, le monde de la gloire.
Huitième : « Que le Cœur de Jésus est une fournaise d'amour purifiant, illuminant, sanctifiant, transformant et déifiant. »
A ces méditations le P. Eudes a joint des litanies du divin Cœur, dont quelques invocations montrent que, s'il n'insiste pas beaucoup sur le cœur de chair, il ne l'oublie pas cependant ; car elles rappellent la blessure d'amour, le coup de lance, et, suivant une idée empruntée à
sainte Brigitte, la rupture de ce cœur par la douleur. t|Plus peut-être que par son livre, le B. Jean Eudes a travaillé pour la dévotion au cœur de Jésus par l'office et la messe qu'il a composés pour la fête et son octave. C'est là, en effet une œuvre originale, qui rappelle par endroits l'incomparable office du Saint-Sacrement, pour le mélange harmonieux d'une pensée riche et profonde, de l'enthousiasme poétique, de la piété suave et solide, toute nourrie de l'Écriture et des Pères *, Les thèmes de pensée sont à peu près ceux que nous avons rencontrés dans le livre xn du Cœur admirable ; mais, grâce en partie, aux contraintes salutaires du genre liturgique et du rythme, l'expression est plus vigoureuse et plus ramassée. Quant à l'esprit général, c'est le plus pur esprit de la dévotion au Sacré-Cœur, surtout l'esprit d'amour, l'amour de l'homme qui veut répondre à l'amour de Dieu. Plusieurs de ces strophes, plus ou moins modifiées parfois, ont été empruntées pour d'autres^offices, celle-ci, par exemple, que le P. de Galliffet a transcrite pour le sien.
O Cor, amore saucium, O Cœur blessé d'amour,
Amore corda saucia ; Blessez d'amour nos cœurs ;
Vitale nectar caelitum, Nectar de vie pour les Bienheureux,
Amore nos inebria 2. D'amour enivrez-nous.
Voici l'Invitât oire de Matines :
Jesu cor amantissimum venite adoremus : Qui est amor et vita nostra 3.
1. Le rythme est loin cependant de la plénitude et de l'aisance des compositions de saint Thomas; la rime se réduit souvent à une simple assonance. Le P. Eudes s'astreint d'ordinaire aux lois de la quantité classique, tandis que les «rythmes » de saint Thomas sont, comme on sait, réglés par l'accent.
2. Hymne de Vêpres. — - 3. Venez , adorons le cœur très aimant de Jésus : Qui est notre amour et notre vie.
Et voici l'Oraison :
Pater misericordiarum et Deus totius consolationis, qui propter nimiam caritatem qua dilexisti nos, dilectissimi Filii tui cor amantissimum nobis inefïabili bonitate donasti, ut te uno corde cum ipso perfecte diligamus : praesta qusesumus, ut cordibus nostris inter se et cum corde Jesu in unum consummatis, omnia nostra in caritate ejus fiant, atque, ipso interveniente, justa cordis nostri desideria compleantur l.
Les Antiennes sont toutes bibliques et ne respirent qu'amour ; elles sont souvent modifiées de façon à enchâsser le mot cœur. Les leçons soit bibliques, soit patriotiques, sont fort bien choisies. Et la remarque ne s'applique pas seulement à celles du jour, mais à celles de l'octave. La Messe enfin est une Messe toute d'amour, toute pleine du Sacré-Cœur, de son amour pour Dieu et pour nous, de notre amour pour lui. C'est là de la grande et belle liturgie, qui étendra et prolongera l'influence du P. Eudes jusque dans les milieux les plus" imprégnés de la dévotion de Paray, Preuve évidente, à défaut d'autre, que les deux dévotions ne se présentaient pas comme distinctes, puisque l'on chantait leSacré-Cœur révélé à la B. Marguerite-Marie avec les formules empruntées au P. Eudes.
Ainsi le B. Jean Eudes a préparé le terrain. Il a suscité un mouvement dans le sens de la dévotion ;
1. Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, vous qui dans l'excès d'amour dont vous nous avez aimés, nous avez donné avec une bonté ineffable le cœur de votre bien-aimé Fils, pour que nous puissions vous aimer parfaitement en union de cœur avec lui : accordez-nous, nous vous en prions, que nos cœurs étant consommés dans l'unité entre eux et avec le cœur de Jésus, toute notre vie soit une vie d'amour entre lui et nous et que, par sa médiation, les justes désirs de nos cœurs s ' accomplissent .
il a parlé du cœur de Jésus avec beaucoup d'amour, de science, de piété, il en a été le premier chantre liturgique ; les confréries qu'il a établies en l'honneur du Cœur de Jésus et de Marie ont aidé à en établir d'autres en l'honneur du Sacré-Cœur ; les approbations qu'il a obtenues ont encouragé à en demander d'autres ; enfin il a institué et propagé la fête, il a été, comme dit le décret du 6 janvier 1903, qui introduisit sa cause et le déclara Vénérable, auctor liturgici cultus SS. Cordium Jesu et Mariœ. Enfin, avant et avec la Bienheureuse Marguerite- Marie, avant et avec les principaux promoteurs de la dévotion, le P. Eudes a été attaqué avec violence par les Jansénistes, par tous les ennemis du cœur de Jésus et du cœur de Marie. C'est sur lui qu'ils se sont, pour ainsi dire, essayés l. Le culte, tel qu'il s'est propagé dans le monde, tel qu'il est approuvé par l'Église universelle, est celui qui fut révélé à Marguerite-Marie ; et, pour conclure avec le P. Le Doré, « la B. Marguerite-Marie est, par excellence, l'apôtre du Sacré-Cœur de Jésus. C'est pour être celui du cœur de Marie que le P. Eudes a été choisi avant tout ; mais il serait injuste de refuser à l'ardent missionnaire la gloire d'avoir servi de puissant auxiliaire et de digne précurseur à la Bienheureuse Visitandine 2. »