‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 195 sur 215 · Cité par Nilles, t. i, p · texte numérisé non relu

Cité par Nilles, t. i, p

2. Pour les détails, voir Nilles, t. i, p. 26 et suiv. ; Galliffet» 1. 1, c. il ; Letierce, Etude, t. i. p. 457-485; le même, Le Sacré- Cœur, p. 242 et suiv. ; Alet, p. 263 et suiv.

La fête du Sacré-Cœur.

Nouvel effort à Rome sous Benoit XIII, 1726-1729. Succès sous Clément XIII, 1765. Extension sous Pie IX, 1856, et sous Léon XIII, 18<S9.

En 1726, on crut le moment venu de reprendre la cause à Rome. Le roi de Pologne, auquel s'adjoignit plus tard le roi d'Espagne, les évêques de Cracovie et de Marseille, les Visitandines s'adressèrent à Benoît XIII pour obtenir la fête et l'office propre. On montrait la dévotion répandue dans toute l'Église, chère aux évêques, chère aux peuples ; on rappelait le désir exprimé par Notre-Seigneur à la B. Marguerite-Marie. L'âme du mouvement était le P. de Galliffet, assistant de France à Rome, postulateur de la cause. Il publia en latin son livre sur le Sacré-Cœur et prépara toutes les pièces à la perfection.

On jugeait le succès assuré. Prosper Lambertini, le futur Benoît XIV, était alors promoteur de la foi. Le P. de Galliffet le croyait favorable à la cause. Pape, il accepta la dédicace d'une édition nouvelle du livre de Galliffet, et donna libéralement des bulles en faveur des confréries du Sacré-Cœur. Il ne paraît pas qu'il fût pour une fête nouvelle. En tout cas, il fit consciencieusement son rôle « d'avocat du diable ». Les objections furent les mêmes à peu près que trente ans plus tôt : la fête était nouvelle ; le cas de Marguerite-Marie n'était pas tranché ; une fois lancé dans cette voie, où s'arrêterait-on ? A tout cela, Galliffet avait

réponse. Mais Lambertini donna de vive voix aux cardinaux, une raison qui les émut davantage. La cause supposait, ou du moins semblait supposer, d'après les explications du P. de Galliffet, le cœur organe du sentiment. Or c'était là, dit Lambertini, une opinion philosophique discutable et discutée, où il ne fallait pas compromettre l'Église. Cela surtout fit hésiter l. Pour ne pas dire non, la Sacrée Congrégation répondit, le 12 juillet 1727 : Non proposita. Malgré tout, on insista, on revint à la charge. Le 30 juillet 1729, elle répondit : Négative. Ce fut grande déception 2.

Cependant la dévotion faisait son chemin, malgré les clameurs des jansénistes et des philosophes. La reine de France, Marie Leczinska avait pris la chose à cœur, humblement et pieusement ; depuis près de trois ans elle était en instance auprès de Clément XII, pour obtenir enfin son assentiment ; elle semblait près d'aboutir quand le Pape mourut. A peine son successeur était-il nommé, qu'elle lui en écrivait, 3 octobre 1740. Benoît XIV n'était pas pour les fêtes nouvelles : il se contenta de lui envoyer des images du Sacré-Cœur, brodées d'or et de soie 3. Cependant le mouvement se progageait. Les suppliques arrivaient de toutes parts, de Pologne, d'Espagne, d'Amérique, d'Allemagne, d'Italie,. d'Orient4.

1. C'est ce que dit Benoît XIV lui-même, en racontant le fait. Saint Alphonse de Liguori explique les choses de la même façon. Il faut reconnaître que, sur ce point, Galliffet prêtait à la critique. Voir 2e partie, c. n, § 3, p. 150-151.

2. Voir Nilles, 1 i, part. 1, c. n ; Le tierce, Etude, t. n, p. 133 et suiv.

3. Nilles, 1. i, part. 1, c. ni, § 1, p. 89, d'après Ferd. Tetamo ; cf. ibid. p. 97.

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