Vie, édition Gauthey, p
soumission sincère elles arriveraient en droite ligne au cœur même du Seigneur *.
La peste de Marseille, en 1720, fut peut-être la première occasion d'une consécration solennelle, d'un culte public en dehors des communautés religieuses. On sait comment Marseille avait été chaud pour le Sacré-Cœur dès les temps de Marguerite-Marie. Depuis quelques années, une autre visitandine, Anne-Madeleine Rémuzat, y soufflait la même dévotion. Elle avait annoncé le fléau de 1720. Quand il éclata, Notre-Seigneur lui indiqua le remède dans la dévotion à son Sacré-Cœur. Amende honorable et consécration furent faites par Mgr de Belsunce, au milieu des larmes et des sanglots de tout un peuple ; un décret établit la fête pour l'année suivante. La peste cessa. En 1722, elle reparut. Cette fois, les magistrats eux mêmes firent un vœu solennel de fêter désormais le Sacré-Cœur par messe, communion, hommages et procession solennelle. D'autres villes frappées ou menacées, recoururent de même au Sacré-Cœur : Aix, Arles, Avignon, Toulon. Ce fut une supplication générale. Ainsi la dévotion devenait populaire 2.