Memoriale, § 8, n. 73-80, Nilles, p
Le 6 février, Clément XIII approuvait le décret \ Le 11 mai de la même année, la Sacrée Congrégation approuvait la messe et l'office pour la Pologne et pour rArchiconfrérie. Le 10 juillet, les Visitandines obtenaient la fête pour elles-mêmes. En France. Tannée même du décret, la fête fut reçue quasi officiellement par l'épiscopat, et fut vite établie dans presque tous les diocèses. La pieuse reine était intervenue. A l'assemblée du clergé, en juillet 1765, l'archevêque de Reims, qui présidait, fit part en son nom, « du désir qu'elle aurait de voir établir dans tous les diocèses où ils ne le sont pas encore, la dévotion et l'office du sacré Cœur de Jésus. » Il ne doutait pas, ajout a-t-il, « que l'assemblée ne sentît tout l'avantage de ce pieux établissement, et ne s'empressait de l'autoriser par une délibération conforme aux vœux de Sa Majesté. » Sur quoi continuent les actes, « tous les évêques qui composent l'assemblée 2, également pénétrés du profond respect et de la vénération qui ne sont pas moins dus aux vertus éminentes de Sa Majesté qu'à son rang auguste, et voulant, autant qu'il est en eux, seconder un zèle aussi édifiant, ont unanimement délibéré, d'établir dans leurs diocèses respectifs, la dévotion et l'office du sacré Cœur de Jésus, et d'inviter, par une lettre circulaire, les autres évêques du
1. Texte dans Xilles, loc. cit., § 4, p. 152. Cf. Gardellini, Décréta authentica, 1857, n. 4579, t. m, p. 174. Xous avons déjà dit que ee décret n'est pas reproduit dans la nouvelle collection des Décréta authentica. Probablement, on l'a jugé superflu : tant d'autres sont venus après, qui l'englobent en le complétant.
2. Ils étaient 32, à en juger par le mandement de Mgr de Pressy.
DEPUIS LA MORT DE MARGUERITE-MARIE 4ô3
royaume d'en faire de même dans les diocèses où cette dévotion et cet office ne sont pas encore établis. »
Ainsi fut fait. La circulaire fut envoyée, et presque partout la fête fut établie aussitôt. Il y eut, à cette occasion, nombre de Mandements épiscopaux expliquant la dévotion et la faisant fort bien valoir l.
De tout côté, on demanda la fête, et il suffisait de la demander pour l'obtenir. Bref, en 1856, la Sacrée Congrégation des Rites pouvait dire qu'il n'y avait presque plus une Église au monde qui n'eût obtenu le privilège 2.
Ce n'était pointant qu'un privilège : la fête était concédée, non prescrite. C'est en 1856 seulement que Pie IX, à la demande des évêques de France, réunis à Paris à l'occasion du baptême du prince impérial, étendit la fête à l'Église universelle sous le rite double majeur 3.
En 1864, la béatification de Marguerite-Marie donnait une haute sanction au culte tel qu'il s'était propagé. Car les documents, décret de béatification, oraison de la Bienheureuse, leçons de la fête, affirmaient nettement que Jésus avait choisi l'humble Visitandine de Paray pour être l'apôtre de son Sacré-Cœur, pour nous révéler par elle son immense amour, et nous pousser à y répondre en l'honorant sous le symbole du cœur 4.
1. J'ai sous les yeux celui de Mgr de Pressy, évêque de Boulogne. Il est daté du 10 mai 1766. On y trouve le procès-verbal de l'assemblée du clergé donné ci-dessus. Œuvres de Mgr de Pressy, t. il, col. 1029.