‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 4 sur 215 · VIII PREFACE DE LA TROISIEME EDITION · texte numérisé non relu

VIII PREFACE DE LA TROISIEME EDITION

notion communément reçue de la dévotion, pour lui en substituer une autre1. Après examen et réflexion, j'ai cru devoir m'en tenir aux idées et aux explications courantes.

C'est dans la troisième partie, la partie historique, que j'ai mis beaucoup de nouveau. Pour des raisons multiples, j'avais passé très vite sur certaines périodes. Préoccupé surtout de bien marquer les étapes du développement et de préciser les notions, j'avais insisté sur quelques points, me contentant, pour le reste, d'indications rapides. Après avoir tracé de mon mieux les cadres, je renvoyais parfois à d'autres pour les remplir. Cela mettait une certaine disproportion entre les paragraphes. Mais je m'y résignais sans peine. Il y avait un inconvénient plus grave. Le lecteur qui n'a

1. Qu'est-ce donc que le Sacré-Cœur ? Par Félix Anizan, prêtre. Paris (1910).

L'auteur voudrait que, au lieu de définir la dévotion comme le culte du cœur de Jésus en tant que symbole de son amour, on la définisse comme le culte du Verbe incarné symbolisant son amour dans son cœur. Il craint que la définition usuelle (en quelques termes qu'on la formule) ne laisse trop dans l'ombre la personne de Jésus et n'entraîne à trop voir le cœur, sinon comme séparé, au moins en lui-même et pour lui-même. Il ne paraît pas que cette crainte soit fondée : c'est pour trouver la personne que nous regardons son cœur. Il y a tout lieu de craindre, au contraire, que, en entrant dans les vues de l'auteur, on n"en vienne à n'avoir plus du tout le culte du cœur, même comme symbole d'amour, c'est-à-dire à perdre de vue la dévotion telle que l'a comprise la B. Marguerite-Marie, et telle que l'Eglise l'a faite sienne. Sans doute, il ne faut pas prendre le moyen pour la fin. Mais gardons-nous aussi de négliger les moyens, sous prétexte que c'est la fin que nous voulons. La dévotion au Sacré-Cœur n'est pas un moyen nécessaire ; mais c'est un moyen précieux. Comme Dieu vient à nous en Jésus et que nous trouvons Dieu en Jésus, ainsi Jésus se manifeste à nous dans le Sacré-Cœur, et le Sacré-Cœur nous introduit en Jésus. Marguerite -Marie dira que le Sacré-Cœur veut être pour nous comme un second médiateur ». J'ai peur que M. Anizan n'oublie un peu cette économie divine.

Page 1