I . Voir Ch. Sauvé, livre cité, t. i, p. xxvi-xxvm
C'est dans l'hymne de vêpres i. On y parle de l'amour qui « a forcé Jésus à prendre un corps mortel. »
Amor coegit te tuus Mortale corpus sumere.
Cet amour est aussitôt décrit comme « l'ouvrier qui a fait la terre, la mer et les astres. »
Ille amor almus artifex Ternie marisque et siderum.
Il s'agit donc de l'amour incréé.
Le décret de 1765, celui qui établit la fête, ndique comme objet du culte « l'amour qui a poussé le Fils unique de Dieu à prendre la nature lumaine 2. »
Peut-on, par une exégèse subtile, arriver à éliminer de ce texte l'amour incréé ? Peut-être 3.
Mais il est sûr que le Secrétaire de la Congrégation des Rites, en 1821, l'y voyait. « Cette fête, lisait-il, n'a pas pour objet un mystère particulier, iont l'Eglise n'ait pas fait mention en temps et ieu ; c'est comme un résumé (compendium) des lutres fêtes, où l'on honore des mystères spéciaux: )n y rappelle l'immense amour qui a poussé le ^erbe à s'incarner pour notre rançon et pour notre salut, à instituer le Sacrement de l'autel, à porter 10s fautes, et à s'offrir en croix comme hostie et sacrifice 4. »
1. Les théologiens; autant et plus peut-être que les poètes, luront d'ailleurs peine à comprendre qu'on se débarrasse l'un texte gênant, ibid. p. 174 et 472, en disant que c'est
une énonciation poétique » et que c'est en « strophes assuetties au mètre ». Cf. Pratique, p. 428.