‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 75 sur 215 · Eph. in · texte numérisé non relu

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le cultedueœur pour honorer l'amour. C'est dans ce rapport établi entre le cœur et l'amour qu'est la principale difficulté soulevée contre la dévotion. Ce rapport n'est-il pas une erreur des vieux temps ? Peut-on encore soutenir rien de semblable ? Ceci nous amène à notre troisième question.

Fondements philosophiques >

Le cœur organe et le cœur symbole. Histoire de la question. Controverses. Positions actuelles. Il y a un rapport fondant le symbolisme. Fait d'expérience, dont l'explication doit être laissée au physiologiste.

On ne peut le nier, il n'y a pas toujours eu accord sur ce point entre les théologiens du Sacré-Cœur, et tous ne se sont pas tirés avec honneur des difficultés soulevées de ce chef contre

1. Sur cette question on peut indiquer, outre Benoît XIV • t saint Alphonse, qui seront cités en leur lieu : J. Jungmann, Fûnf S'âtze zut Erklârung und zur wissenschaftlichen Begrïtndung der Andacht zum hl. Herzen Jesu, Innsbruck, 1869; Le même, Die Andacht zum hl. Herzen Jesu, Innsbruck 1871, et Fribourg-en-Brisgau, 1885. Les principes du P. Jungmann ont été exposés dans les Etudes, 1870, t. xxiv, p. 233, par le P. H. de Bigault, L'objet principal de la dévotion au Sacré- Cœur d'après les données de la physiologie. Le P. Babaz est revenu sur la question, ibid. 1874, t. xxx, p. 349, Entretiens philosophiques et psychologiques à propos du Sacré-Cœur d» Jésus ; et le P. Ramière, ibid. t. xxxi, p. 481 et 801, La dévotion au Cœur de Jésus et la physiologie, à propos surtout de Claude Bernard. M. Riche dans son livre des Merveilles du Cœur, Paris 1877, avait nettement pris position avec beaucoup de physiologistes modernes, qui ôtent au cœur toute fonction affective. Il appliqua ses principes au Sacré-Cc^ur dans Le cœur de l'homme et le Sacré-Cœur de Jésus, Paris 1878, qui fut

leur chère dévotion. Quelques-uns même ont donné à ce sujet des explications mauvaises, auxquelles il faut franchement renoncer. Mais d'autres, ce me semble, renoncent, avec trop de sans-gêne, à rien expliquer ; ou bien aux vieilles explications ils en substituent d'autres, qui laissent peut-être la dévotion traditionnelle en mauvaise posture.

Ces difficultés ne sont pas d'aujourd'hui, et on n'a pas attendu le magnifique progrès de la physiologie moderne pour les soulever.

Quand le P. de Galliffet, en 1726, « postula» pour l'établissement de la fête, et remit aux cardinaux et consulteurs de la Sacrée Congrégation des Rites d'abord son beau livre De cultu sacrosancti cordis Dei ac Domini nostri Jesu Christi, puis des Excerpta du même livre ad pleniorem cognitionem causœ necessaria, on trouva son travail, nous dit Benoît XIV, de tous points excellent, omnibus numeris absolutœ 1. Le promoteur de la foi, qui était Prosper Lambertini lui-même, le futur pape Benoît XIV, quoique personnellement favorable à la cause, nous dit le P. de Galliffet, fit consciencieusement ses objections « d'avocat du diable ». L'une d'elles ne fut proposée que de vive voix ; et ce fut elle, semble-t-il, qui émut le plus la Sacrée Congrégation : « J'ajoutai de vive voix, écrit le pape, que

attaqué par le P. Ramière dans le Messager du Cœur de Jésus, 1878. M. Riche s'expliqua dans Les fonctions de V organe cardiaque dans les phénomènes de la sensibilité affective, Paris 1879 ; et dans Le Sacré-Cœur et le précieux sang de Jésus, Paris 1879.

Ces diseussions n'ont plus guère qu'un intérêt historique. Cf. Terrien, livre cité, 1. i, c. v, et 1. n, c. vi ; Vallet, La tête et le eu urt Paris 1891; La Bégassière, art. cit., n, col. 567-570.

1. De servorum Dei b eati fi cation e , 1. iv, part. 2, c. xxxi, n. 20, Prato, 1831, t. iv, p. 702.

les postulateurs posaient comme vérité acquise que le cœur est, comme on dit, le co principe sensible de toutes les vertus et affections, et comme le centre de toutes les joies et des peines intimes ; mais il y avait là un problème philosophique, puisque les philosophes modernes placent l'amour, la haine, et les autres affections de l'âme (animi) non pas dans le cœur, comme dans leur siège, mais dans le cerveau. » Et il renvoie à Murât ori 1. « C'est pourquoi, continue le pape, racontant son avis motivé, comme il n'y avait pas encore de décision de l'Eglise sur la vérité de l'une ou de l'autre de ces opinions, et que l'Eglise s'est toujours prudemment abstenue et s'abstient encore de prononcer sur ces questions, j'insinuai respectueusement qu'il ne fallait pas accorder une demande fondée surtout sur les opinions des anciens philosophes, en contradiction avec les modernes 2. » En conséquence (his cohœr enter), la réponse fut ajournée, ce qui était une façon d'épargner un refus (1727). Les postulateurs ayant poussé leur pointe, le refus ne tarda pas à venir (1729). Et saint Alphonse de Liguori voit là la principale cause de l'échec 3.

On constate, en effet, que le P. de Galliffet faisait très grande la part du cœur dans la production même des affections. On fut plus prudent dans la suite. On distingua les faits, tenus pour

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