JbUL c 5, p. 21 ;c. 19, p
5. Voir les traits et les textes recueillis par Franciosi, 415, 416. 11 y a aussi quelques traits, mais peu, dans la Vie de la H. M. Jeanne Chézard de Malel, par la R. M. rre de Jésus, Paris 1910, en particulier p. 40, 64, 65, 534. A voir l'écusson du Verbe incarné (une couronne d'épines entourant le mono "TRTimo du Christ, IHS, et au-dessous, un cœur surmonté de trois clous, où sont écrits ces mots : Amor meus), on serait
La dévotion devenue générale dans l'ascétique chrétienne.
A titre d'exemples : Louis Bail, Bernières-Louvigny, Bossuet.
En lisant les orateurs et les écrits ascétiques du xvne siècle, on rencontre à chaque instant des mentions du Sacré-Cœur, quelquefois des pages entières, pieuses et touchantes. Louis Bail(-f 1669), dans sa Théologie affective, a une belle élévation au cœur de Jésus, principe de notre vie spirituelle et source de notre salut1. M. de Bernières-Louvigny (1602-1676) écrivait : « Ce divin cœur de Jésus sera donc désormais votre oratoire, mon âme ; c'est en lui et par lui que vous offrirez toutes vos oraisons à Dieu le Père, afin qu'elles lui soient plus agréables. Ce sera votre école, où vous irez apprendre la suréminente science de Dieu... Ce sera votre trésor, où vous irez prendre tout ce qu'il vous faut pour vous enrichir2. »
Les textes sans nombre où il est question du
porté à croire que ce cœur est celui de Jésus. Ce serait une erreur. D'après les explications de la fondatrice eUe-même, ce cœur est celui de la religieuse. Voir Vie, par la R. Mère Saint-Pierre, p. 260 et 310.
1. Partie I. De l'œuvre des six jours. Méditation xvi. De la formation de la femme. 1er point. Paris, 1659, p. 203.
2. Le Chrétien intérieur, par un Solitaire. Livre IV, c. 7 2° jour. Dernière édition, Rouen, 1670, p. 270.
LA DÉVOTION AU XVIIe SIÈCLE
cœur de Jésus, ne prouvent pas toujours qu'il y ait dévotion à ce cœur, en rigueur de termes; mais ils indiquent au moins qu'il se présentait naturellement à l'esprit dès qu'il était question des sentiments du Maître, de ses vertus, de l'union et de la conformité que le chrétien doit avoir avec lui, de sa vie en nous et de notre vie en lui. Dès lors, on ne s'étonnera pas de rencontrer chez Bossuet, je ne dirai pas, pour ne rien exagérer, un sermon sur le Sacré-Cœur, mais toute une partie de sermon, où se trouve fort bien défini l'esprit même de la dévotion, et fort bien montré ce qui doit en faire le fond, comme c'est le fond de la vie chrétienne, l'identité de cœur avec Jésus. C'est dans le Panégyrique de saint Jean 1 ; et toute cette doctrine est si belle, la part faite au cœur de Jésus si grande, qu'il vaut la peine de s'y arrêter quelque peu. « Ce qui me fait, dit-il, connaître le plus sensiblement la forte pente du cœur de Jésus sur le disciple dont nous parlons, ce sont trois présents qu'il lui fait... En sa vie, il lui donne sa croix; à sa mort, il lui donne sa mère; à sa cène, il lui donne son cœur2. » Après quelques mots sur les deux premiers dons, Bossuet continue : « Mais ce qui montre le plus son amour, c'est le beau présent qu'il lui fait au sacré banquet de l'Eucharistie. Comme s'il ne suffisait pas de l'avoir gra-
1. Donné à Metz, le 27 décembre, probablement en 1658, pas plus tard, d'après M. Lebarq, Œuvres oratoires de Bossuet, t. II, p. 526.