‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 162 sur 242 · Le livre des éiuz, 1. c. p. 179181 (Bruxelles · texte numérisé non relu

Le livre des éiuz, 1. c. p. 179181 (Bruxelles

2. lbid. p. 184 (Bruxelles, 223). Je ne puis donner ici que des extraits de c«s belles pages. Franciosi les a transcrites presque tout au long, coi. 451-459.

toujours avec soi dans le cœur, comme dans son propre domicile, les personnes aimées. Et de plus, nous pouvons nous y placer et y demeurer par nos pensées, comme nous pouvons nous mettre en esprit auprès de quelqu'un et entrer dans son cœur. C'est là où il faut établir notre demeure. Il n'y a personne si pauvre qui n'ait quelque lieu pour se retirer... Notre-Seigneur nous loge dans son coeur. C'est donc là notre demeure, et nous ne pouvons pas en avoir une plus riche, plus magnifique, plus agréable, plus sainte ni plus divine... Allons donc avec joie nous loger dans ce cœur pour n'en sortir jamais. Oh! qu'il est bon et qu'il y a de plaisir de demeurer et d'opérer dans ce cœur. Oui d'opérer.., car c'est dans le cœur de Notre-Seigneur que nous devons faire toutes nos opérations... Nous y devons faire absolument tout ce que nous faisons et y exercer toutes les fonctions de la vie purgative, de la vie illuminative et de l'unitive. » Dans ce cadre vaste et ferme se placent, on le sait, tous les actes et exercices de la vie spirituelle, depuis les premiers échelons jusqu'au sommet. Le pieux auteur les rattache tous au cœur de Jésus, et explique avec précision et clarté comment cela doit se faire. « Et premièrement, pour la purgative, considérez, examinez, pleurez-y vos péchés et demandez-en le pardon à Dieu, dans ce cœur qui autrefois en a conçu un inexplicable regret et en a été percé de douleur. Haïssez et fuyez les plus petites offenses et les défauts les plus légers dans ce cœur infi-

iliment saint, souverainement pur, et qui a en aversion et en horreur extrême le moindre péché véniel. » Il continue ainsi, pour Ja lutte contre nous-mêmes et contre le démon, pour les pénitences et mortifications, pour les épreuves spirituelles ou temporelles. « Toutes sortes de maux, venant à nous par le cœur de Jésus, s'y adoucissent extrêmement et y perdent toute leur amertume et toutes leurs qualités malignes pour en prendre de salutaires : ne plus ne moins que les eaux qui passent par les mines en tirent leur force et leur vertu, et s:y rendent médicinales. » « Pour la vie illuminative, exercez les vertus et les bonnes œuvres dans le cœur de Notre-Seigneur. Pratiquez la foi dans ce cœur infiniment sage, et où est l'école de toute la sagesse. Espérez dans ce cœur qui vous aime parfaitement et qui est libéral et miséricordieux au-delà de toutes nos pensées. » Ainsi des autres vertus. « Faites-y vos oraisons mentales et vocales, votre action de grâces après la Communion. Vous ne pouvez choisir un oratoire plus recueilli : comme ce cœur très saint a toujours été élevé et appliqué à Dieu, vous y serez plus attentif et moins diverti qu'en tout autre lieu. » « Dans ce cœur, qui est tout brûlant de l'amour des hommes, aimez votre prochain. » Suivent des détails sur le support, le pardon, la pitié, tous les devoirs envers le prochain, toujours « dans le cœur amoureux, miséricordieux et endurant de Jésus-Christ ». « Davantage, nous devons faire toutes nos actions intérieures et extérieures dans ce cœur, avec la

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modération, la douceur, la suavité et avec les intentions de ce cœur, dans une parfaite conformité et une soumission entière à toutes ses inspirations et à tous ses mouvements. » « Enfin, pour la vie unitive, ce coeur divin... en est le vrai sanctuaire et le propre domicile, et c'est là où elle se pratique excellemment. » Ici encore, suivent les détails précis et pratiques. « Voilà, conclut l'auteur, ce que nous devons faire dans le cœur de Notre-Scigneur et comme il faut nous unir à lui1. » Ni l'idée, ni la pratique, ne sont du P. Saint-Jure : nous les avons rencontrées à chaque instant sur notre route. Mais jamais peut-être la chose n'avait été expliquée de t;jçon si lumineuse, ni si bien poussée dans l'application'2.

Le Pi Gaspar Druzbicki (1590-1662) ne fait pas de théorie; il donne seulement quelques explica-

1. L'homme spirituel, 2e partie, c. 4, section 2. Seconde édition, Paris, 1652, t. II, p. 119-120. Ici encore, j'ai dû al Franciosi transcrit tout le passage, col. 459-463.

2. C'était, pour le P. Saint-Jure, une pensée familière, sur laquelle il revient encore dans d'autres ouvrages. Voir L'Union avec Notrt-Seigncur Jésus-Christ dans ses principaux mystères, pour tous les temps de l'année, par le P. Jean-Baptiste Saint-Jurede la Compagnie de Jésus, Paris, 1653, lr* partie, c. 5, p.

« La demeure dans les plaies de Notre-Seigneur, et particulièrement dans celle du côté. • On y lit, page 236 : « Mais elle (l'àme) fait sa plus ordinaire et plus agréable demeure dans la plaie du côté, parce que c'est la plaie d'amour, puisqu'elle a été reçue au cœur, et par amour, et après sa mort, pour nous montrer que sa mort et sa vie et tousses mystères ont eu l'amour et la charité pour leur principe et pour leur fin, venant de l'amour qu'il lui porte, et tendant à se faire aimer d'elle. • Suivent des développements analogues à ceux qui ont été transciits plus haut. Cf. ibid., p. 401-404 : • Jésus-Christ blessé au cœur après sa mort. » Je dois ces textes et ces indications à l'obligeance de M. R. de La Bégassière.

fions courtes et claires, pour diriger Hans la pratique. Tel qu'il est, son opuscule intitulé : Meta cordium cor Jesu, est un vrai manuel de dévotion au Sacré-Cœur, riche et pieux, le premier en son genre. Il vaut d'être décrit. Au verso de la feuille de garde, trois textes de la sainte Écriture : Porte me ut signaculum super cor tuum1. — FM, praebe mihi cor tuum1. Paratum cor meum, Deus3. Suit une courte préface, où est nettement indiquée l'idée de la dévotion. « Les exercices envers le cœur du Seigneur Jésus que vous avez entre les mains et sous les yeux, s'adressent particulièrement au cœur corporel de Jésus, à son cœur de chair, mais uniquement en tant qu'il est informé par sa très sainte âme, et qu'il est en unité d'être et de vie (consentit atque unitur) avec le cœur spirituel et intérieur; en tant aussi qu'il subsiste hypostatiquement dans la personne du Verbe. C'est de ces conditions, en effet, que dépend, ou plutôt c'est de ces sources que découle toute la valeur, l'activité, la richesse du cœur matériel. Envers ce cœur ainsi entendu faire acte d'attention, d'amour, de culte, d'invocation, et autres pratiques de piété et de dévotion, c'est chose très salutaire et tout à fait selon le cœur de Jésus. » Le livre contient un petit office du cœur de Jésus, des prières et des aspirations à ce cœur divin, des sortes de points à méditer sur « les offices, affec-

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