‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 161 sur 242 · Uttr* 98, p. 187-189. — 2. Lettre 12, p · texte numérisé non relu

Uttr* 98, p. 187-189. — 2. Lettre 12, p

il4 TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE V

On pourrait signaler encore nombre d'écrivains Jésuites, qui ont parlé du cœur de Jé.^us : Suarez et Lusro, parmi les théologiens; Maldonat, Tirinus, Cornélius à Lapide, Lorin, Baeza, parmi les exégètes; Scribani, Binet, Nieremberg, Jacques Kho, Léopold Maucini, Surin, Lyrée, Rigoleuc, parmi les auteurs ascétiques, et combien d'autres encore1 î Mais quatre ou cinq surtout méritent une attention spéciale à causé du singulier relief que prend chez eux la dévotion au Sacré-Cœur et de ce qu'ils ont fait pour la propager. Ce sont les Pères de Saint-Jure, Druzbicki, Paullinus, Nouet, Huby.

Le P. Jean-Baptiste de Saint-Jure (1588-1657;, en parle surtout en deux endroits, et fort longuement, dans le Livre des élus et dans L'homme spirituel.

Dans Le livre des élus, c. 14, il traite ex prof es* u de la demeure dans les plaies de Notre-Seigneur, et cite tout au long les textes classiques sur ce sujet. Ce sont ceux que nous avons rencontrés dans le cours de notre étude2 : ceux de saint Ber-

1. Voir Francio&i, col. 436-451, où sont énumérés nombre de « docteurs et propagateurs delà dévotion au Sacré-Cœur dans la Compagnie de Jésus », sans parler des articles spéciaux consacrés à Ribadeneira, à Suarez, etc. Il faudrait, je pense, ajouter à cette liste le P. Guillaume de Voel pour sa Corona sacratissimorum Jesu Chris li Vulnerum, ou chapelet des cinq plaies, Anvers, 1Ô49. dont M. de GrimoUard de Saint-Laurent signale les fines estampes, parmi lesquelles une où apparaît le cœur transpercé. Livre cité, p. 57.

â. Je n'ai rien dit de saint Elzéar, donnant rendez-vous à sainte Delphine, sa femme, dans le eôté percé de Jésus; car le texte ne mentionne p«s explicitement le cœur.

nard sur le Cantique, ceux de la Vitis mystica et du Stimulus amoris, ceux du Manuel dit de saint Augustin. C'est dire qu'il y est beaucoup question des secrets du cœur aimant manifestés par les blessures corporelles1. Il passe ensuite à la plaie du côté, qui « est sans controverse la principale, non pour avoir été la plus douloureuse... mais pour avoir été la plus amoureuse, lui ayant et i faite au cœur, où réside l'amour, et pour les grands mystères qu'elle contient2 ». Le pieux auteur explique tout au long ces grands mystères3, il recommande m une dévotion très particulière à cette adorable et amoureuse plaie4 », et ilinsi-t> particulièrement sur la demeure dans la plaie du côté et dans le cœur de Jésus, k Mais quand nous serons là, qu'y ferons-nous? A quoi faudra-t-il nous occuper?... Je louerai, je bénirai, j'adorerai, etc. Dans ce cœur, je me consacrerai entièrement à lui; je m'abandonnerai pleinement à sa conduite... Dans ce cœur, j'aurai une extrême horreur de mes péchés, je me porterai puissamment

1. Le livre des éluz, Jssus-Christ en croix. Par le R. P. Jean- Baptiste Saint-Jure... Seconde édition, Paris 1650, ch. 14. p. 1G5 sqq. Cf. l'édition de Bruxelles, 1859, qui donne l'ouvrage • dans toute son intégrité », comme l'explique, dans la Préface, le P. E. de G., le nouvel éditeur (mais non sans quelques retouches). Il divise le c. 14 en deux sections. Voir section 1.

2. L. c. Section unique, p. 172 (dans édit. de Bruxelles, 1859, Section 2, p. 208).

3. Il voit spécialement dans la plaie du côté « la plaie d'amour, qu'il a reçue pour notre amour et au cœur où loge l'amour, et pour nous obliger à son amour ». L. c. Section unique, p. 175-176 (Bruxelles, p. 2t2).

4 IbuL p. 176 (Bruxelles, p. 213).

à l'exercice des bonnes œuvres; et je tâcherai d'aller de vertu en vertu et de monter à la perfection où Dieu m'appelle... Mais comme cette plaie est lapide d'amour, c'est là aussi que Ton vaque particulièrement à l'amour, qu'on quitte toutes les créatures, qu'on renonce à toutes leurs affections déréglées, et qu'on aime excellemment Notre- Seigneur et son prochain \ » Il faut enfin que nous mourions « dans son cœur, pour aller de là nous unir à lui pendant toute l'éternité dans l'état de la gloire. Et pour tout dire, comme nous sommes dans le cœur de Jésus-Christ, attendu que l'amour extrême qu'il nous porte nous y met et nous y tient inséparablement, nous devons aussi y faire toutes nos opérations, qui sera -un moyen très excellent pour les bien faire2. » C'est toute la vie chrétienne, on le voit, rattachée à l'exercice de la dévotion au Sacré-Cœur.

Ce qu'il indique ici rapidement, le P. Saint-Jure l'a développé et expliqué exprofesso dans V Homme spirituel. Parlant de l'union à Notre-Seigneur comme principe de la vie spirituelle, il se demande « où cette union se doit faire, et la façon ». « Pour le lieu, écrit-il, je dis que c'est dans le cœur de Notre-Seigneur où nous devons très particulièrement nous unir à lui. Nous y sommes tous déjà... puisqu'il nous aime tous, et que l'amour loge

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