Pour le mercredi, L. c, p. 565 (Œuvres, t. XX, p
2. La vie des fondateurs des maisons de retraite. Nantes, 1698, (par le P. Champion de la Mahère), p. 219-220.
pratiquer par ses écrits et par les industries d*
zèle1.
1. Ses écrits ont malheureusement été très retouchés; quelques-uns sont presque introuvables sous la forme où il les avait donnés au publie . Les plus connus sont : La Pratiqut de l'amour de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Vannes, 1672, et les Méditations sur l'amour de Dieu pour les retraites, 1690. Du premier j'ai pu voir quatre éditions : Tune, chez Galles, Vannes (s. d. in- 16) qui semble une reproduction textuelle de l'original: la seconde, chez Oudot, à Troyes (s. d. privilège de 1672. antérieure, dit Sommervogel. à 1707) ; la troisième, chez Baltazard, Nancy, 1734 (l'approbation est du 12 août 1706, ce qui suppose une édition antérieure) ; la quatrième, chez Pyron, Caen, 1748. Ces éditions donnent à peu près le même texte, qui doit être peu différent de l'original. On y a joint, dans les édi tions de Troyes et de Nancy « Diverses considérations et pratiquée propres pour exciter et augmenter en nous l'estime, l'amour et l'imitation de Notre-Seigneur », qui sont également du P. Huby. — Le texte des Méditations ne m'avait été accessible jusqu'ici, que dans le volume des Œuvres spirituelles du P. Vincent Huby. revues et corrigées par M. l'abbé*" » dont la F* édition est de 1755. J'ai sous les yeux celle de 1758, qui en est la reproduction exacte, si tant est que ce n'est pas la même, avec simple changement de date. De cette édition dépendent toutes celles qui ont suivi. Or, elle est si profondément remaniée que ce a*e$t plus ni le texte ni la manière du P. Huby : ii ne reste de lui que la pensée générale. Voici ce qu'en dit l'éditeur (qui est, suivant Sommervogel, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, art. Huby, le P. Lenoir Duparc) : « J'aurai gâté ses écrits en voulant les raccommoder. Pour conserver l'onction qu'il y a répandue, pour animer du même feu sacré les paroles que j'ai substituées aux siennes, il faudrait avoir son cœur. » Préface xi-xii. Il n'a quetrop raison. Je n'ai pas, jusqu'à présent, rencontré l'édition de 1690. Or c'est ia seule authentique J'ai consulté, à la Bibliothèque nationale, celle de 1696; mais, quoique datant de trois ans seulement après la mort de l'auteur, elle a été retouchée, comme en fait foi Y Avertissement : « Les Méditations sont les mêmes dans cette édition que dans la première, à la réserve de quelques façons de parler, qu'il a fallu changer parce qu'elles ne sont plus en usage. » — On a aussi ajouté quelques explications, abrégé les prières. On nous garantit seulement la substance du texte : « Quoiqu'on ait été obligé d'ajouter ou de retrancher quelque chose, surtout dans les Prières... et dans les Affections...
Tous les écrits du P. Huby sont dans ÏVprit de la dévotion au Sacré-Cœur : tout y parle d'amour ou conduit à l'amour. Souvent le cœur de Jésus est mentionné eu termes exprès. Nous lisons dans la Retraite , à propos de la contrition : « Vous servirez de supplément à mon amour et à ma contrition, cœur adorable de Jésus. Vous êtes mon unique espérance et mon plus précieux héritage. C'est par vous que j'adore la majesté de mon Dieu; c'est par vous que je veux aimer la bonté et la miséricorde infinie de mon Dieu ; c'est par vous que je me repens de mes iniquités. Versez de plus en plus dans mon cœur les flammes de votre amour pour Dieu, les eaux de la contrition amère que vous ont causée mes péchés1. S'ils me rendent indigne de la grâce de mourir d'amour et de douleur, que votre amour pour moi m'accorde celle
on a cependant conservé les pensées de l'auteur, et l'on a eu soin de ne rien omettre de ce qu'a écrit cet admirable serviteur de Dieu. » Méditations sur l'amour de Dieu (avec les raisons de faire la Retraite, etc.), 28 édition, revue et corrigée, à Vannes, chez Guillaume Le Sieur, in-16, 1696. Nul doute que cette édition ne soit beaucoup plus près du texte original que celle de K55; mais, faute de contrôle sûr, je me suis résigné à garder les textes de celle-ci (où le titre est Retraite sur l'amour de Dieu, et où les méditations sont distribuées en dix jours), tout en soupçonnant que, plus d'une fois, la mention du cœur de Jésus doit êlre attribuée à l'éditeur, ou mèrne à l'influence du mouvement parti de Paray. J'y ai joint ceux que j'ai relevés dans l'édition de 1696, faite, nous dit Sommervogel, parie P. Jean de la Piletière. Tout cela, en attendant une édition qui nous rende enfin le texte même du P. Huby. On nous a dit que M. Régnier, secrétaire de l'Institut, la préparait. Dieu veuille qu'il nous la donne sans tarder.
1. On sait que Jésus n'a pas eu de « contrition » au sens propre du mot, puisque la contrition suppose le péché personnel; mais il a eu le cœur brisé pour nos péchés — et c'r t ce que veut dire l'auteur.
de languir d'un amour humilié et contrit1. » A propos de la mort : « Jésus, mon Sauveur, accordez-moi, par l'intercession de Marie votre mère, la grâce de mourir dans des sentiments conformes aux vôtres... Cœur adorable de mon Jésus, cœur qui êtes tout amour et charifé, la grâce que j'implore.., vous pouvez nous l'accorder : la gloire de votre Père vous la demande... Soyez à jamais dans nous, ô bon Jésus, tout amour pour nous. Que nous Soyons à jamais dans vous tout amour pour vous. Amour, amour2. »
A propos du jugement général, médiiant sur le malheur d'une âme qui n'a point aimé Dieu, il fait intervenir Jésus, qui parle ainsi : « Je ne te demande pas compte de ma vie, que je t'ai immolée volontairement et avec joie; mais je te demande compte de ton cœur. Il était à moi : je l'avais acheté au prix de mon sang ; pour te manifester la charité immense dont mon cœur brûlait pour toi, pour te conduire à cette source intarissable de toutes les grâces, l'amour t'avait ouvert mon côté... Malgré tous les efforts de mon amour, malgré mes plus tendres recherches, malgré mes menaces, tu n'as pas daigné y entrer... Tu ne m'as pas aimé3. »
Pour nous exciter à aimer Jésus, après nous l'avoir montré tout aimable, il le montre tout aimant : « Les flammes de l'amour allumé dans le
1. Troisième jour, 1" méditation, 2e point, Œuvres spirituelles, p. 40-41.