‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 176 sur 242 · Le P. Eudes, p. 117; cf. Les Sacrés Cœurs, t. I, p · texte numérisé non relu

Le P. Eudes, p. 117; cf. Les Sacrés Cœurs, t. I, p

2. L'écrit approuvé par les théologiens était intitulé La dévotion au Cœur adorable de Jésus. Le R. P. Le Doré a cru qu'il s'agissait d'un livre sur le Sacré-Cœur, à la fin duquel le P. Eudes aurait iaséré la messe et l'office propres du Cœur adorable de Jésus. Mais nulle part on n'a trouvé trace de ce livre. Il est probable que l'approbation des théologiens, seule pièce en faveur de son exigence, ne porte pas sur un livre proprement dit, mais sur la messe et l'office, accompagnés peutêtre de quelques explications préliminaires sur feuillets détachés. C'est, si j'ai bien compris, l'opinion du P. Dauphm, l'un des principaux éditeurs des Œuvre* complètes, et celle du P. Boulay.

EFFORTS SPÉCIAUX POUR ORGANISER LA DÉVOTION ï'ôrJ

On avait cru jusqu'ici que la première fête du Sacré-Cœur de Jésus fut célébrée à Rennes, au Grand Séminaire, le 31 août 1670; mais cette opinion paraît insuffisamment appuyée, et ne se concilie guère avec des faits certains. C'est seulement le 20 octobre 1672 que la solennité doit avoir eu lieu; et elle eut lieu, le môme jour, en plusieurs s, à Coutances, à Évreux, à Baveux, tout comme à Rennes, partout, en un mot, où il y avait des maisons de la Congrégation, sauf à Rouen, où Mgr de Médavy, qui venait de succéder à M** de Harlay, ne permit la fête que l'année suivante1. Les considérants de quelques-uns des actes opaux sont fort intéressants : c'est la première fois que l'Eglise enseignante parle du Sacré- Cœur. L'évoque de Coutances, Mgr de Loménie de Brienne, écrit, dans sa lettre du 29 juillet 1670 : « Le Cœur adorable de notre Rédempteur étant le premier objet de la dileciion et complaisance du Père des miséricordes, et étant réciproquement tout embrasé du saint amour vers ce Dieu de consolation, comme aussi étant tout enflammé de charité vers nous, tout brûlant du zèle de notre salut, tout plein de miséricorde vers les pécheurs, tout rempli de compassion vers les misérables, et le principe de tu» \ tes les gloires et félicités du ciel et de toutes les grâces et bénédictions de la terre, et une source inépuisable de toutes sortns d.^ faveurs pour ceux qui l'honorent : tous les chré-

1. Voir Œuvres complètes, t. II, p. 176, où cette question est fort bien discutée.

tiens doivent s'efforcer de lui rendre toutes les vénérations et adorations possibles f. » L'évéque d'Évreux, M** de Maupas du Tour, exprime des idées semblables, dans sa lettre du 8 octobre 1670 : « Le Cœur adorable de Notre-Seigneur étant une fournaise d'amour vers son Père et de charité vers nous, et une source d'une infinité de grâces et de faveurs au regard de tout le genre humain, tous les hommes, spécialement tous les chrétiens, ont des obligations infinies de l'honorer, louer et glorifier en toutes les manières possibles2. » En 1671, l'archevêque de Rouen, qui était encore Mgr de Harlay, les évêques de Bayeux et de Lisieux, l'ancien évêque de Rodez, Abelly, se joignaient aux trois autres pour approuver la fête et l'office.

Enfin, le 29 juillet 1672, le P. Eudes adressait aux six maisons de sa Société une circulaire imprimée pour leur enjoindre de célébrer désormais comme fête patronale, le 20 octobre, la solennité du Sacré-Cœur de Jésus. Elle commence ainsi : « C'est une grâce inexplicable que notre très aimable Sauveur nous a faite, de nous avoir donné dans notre Congrégation le Cœur admirable de sa très sainte Mère ; mais sa bonté, qui est sans bornes, ne s' arrêtant pas là, a passé bien plus outre en nous donnant son propre Cœur, pour être, avec le Cœur de sa glorieuse Mère, le fondateur et le supérieur, le principe et la fin, le cœur et la vie de cette

1. Le Doré, Le P. Eudes, p. 129; Les Sacrés Cœurs, t. I, p. 210.

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