‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 177 sur 242 · Le P. Eudes, p. 131 : Les Sacrés Cœurs, t. I, p · texte numérisé non relu

Le P. Eudes, p. 131 : Les Sacrés Cœurs, t. I, p

Congrégation... Quoique jusqu'ici nous n'ayons pas célébré une fête propre et particulière du Cœur adorable de Jésus, nous n'avons pourtant jamais eu intention de séparer deux choses que Dîpu a unies si étroitement ensemble, comme sont le Cœur très auguste du Fils de Dieu et ceiui de sa bénite Mère. Au contraire, notre dessein a toujours été, dès le commencement de notre Congrégation, de regarder et honorer ces deux Cœurs comme un même Cœur en unité d'esprit, de sentiment, de volonté et d'affection1. »

Le pieux fondateur explique ensuite « comment la divine Providence... a voulu faire marcher la fête du Cœur de la Mère avant la fête du Cœur de Jésus pour préparer les voies dans les cœurs des fidèles à la vénération de ce Cœur adorable, » et comment « cette ardente dévotion des vrais enfants du Cœur de la Mère d'amour. . . Ta obligée d'obtenir de son Fils bien-aimé cette faveur très signalée qu'il fait à son Église, de lui donner la fête de son Cœur royal, qui sera une nouvelle source d'une infinité de bénédictions, pour ceux qui se disposeront à la célébrer saintement ». Suit un beau développement sur l'excellence de la fête et sur l'excellence de son objet. « Quel Cœur plus adorable, plus admirable et plus aimable que le Cœur de cet Homme-Dieu qui s'appelle Jésus? Quel honneur mérite ce Cœur divin qui a toujours rendu et rendra éternellement à Dieu (tant) de

t. Le P. Eudes, p. 143; Les Sacrés Cœurs, t. I, p. 2?2.

gloire et d'amour!... Quel zèle devons-nous avoir pour honorer ce Cœur auguste, qui est la source de notre salut, qui est l'origine de toutes les félicités du ciel et de la terre, qui est une fournaise immense d'amour vers nous, et qui ne songe nuit et jour qu'à nous faire une infinité de biens, et qui enfin s'est rompu... de douleur pour nous en la croix! » Conclusion : « Reconnaissons donc... la grâce infinie et la faveur incompréhensible dont notre bon Sauveur honore notre Congrégation, de lui donner son très adorable Cœur avec le Cœur très aimable de sa Sainte Mère. Ce sont deux trésors inestimables, qui comprennent une immensité de biens célestes et de richesses éternelles, dont il la rend dépositaire, pour ensuite la répandre par elle dans les cœurs des fidèles *, » Marguerite- Marie ne sera guère plus explicite, quand elle parlera de la mission confiée à la Visitation et à la Compagnie de Jésus.

La fête que le P. Eudes promulguait ainsi fut adoptée par quelques congrégations religieuses, notamment, dès 1674 au plus tard, par les Bénédictines du Saint-Sacrement, dont la fondatrice, Catherine de Bar, Mère Mechtilde du Saint-Sacrement, était toute dévouée au P. Eudes. Dès 1674 aussi, elle était célébrée par les Bénédictines de l'abbaye royale de Montmartre, près des lieux où

1. Le P. Eudes, p. 144-147; Les Sa-crét Cœurs, t. I, p. 223- 225. Sur ce don du Sacré-Cœur à ses Congrégations, voir encore le testament du P. Eudes, écrit en 1671, art. 10, 11. Le P. Evde*, p. 130; Le* Sacrés Cœurs, t. I, p. 216.

200 ans plus tard devait s'élever la Basilique du Sacré-Cœur. L'office composé par lui se répandait également, et c'est, semble-t-il, celui dont se servaient les Visitandines elles-mêmes dans plusieurs de leurs monastères jusque vers 1750 \

La fête venait naturellement avec les Confréries. Or, le P. Eudes et les siens profitaient de toutes les occasions pour en établir. C'est ici que le pape intervient. Dès 1666, Alexandre VII approuvait une Confrérie du Cœur de Jésus et de Marie à Morlaix2. Le P. Eudes obtint, en 1674 et 1675, six brefs de Clément X en faveur de Confréries semblables3. C'était une approbation, au moins indirecte, de la dévotion au Sacré-Cœur, et lespostulateursqui viendront plus tard le feront remarquer.

Cependant le P. Eudes travaillait à son grand ouvrage, où il devait mettre le meilleur de son âme, et résumer l'œuvre de toute sa vie. Moins d'un mois avant de mourir, il écrivait : « Aujourd'hui, 25 juillet 1680, Dieu m'a fait la grâce d'achever mon livre du Cœur admirable de la très Sainte Mère de Dieu. » L'auteur mourutle 19 août suivant, et l'ouvrage ne parut qu'en 16814.

La dévotion au Sacré-Cœur n'en fait pas l'objet principal. Comme l'indique le titre, il y est question surtout du cœur de Marie. Mais, des douze livres

1. Voir Les Sacrés Cœurs, t. I, p. 239 et suivantes. La question demanderait une étude attentive.

Page 1