Le Doré. Les Sacrés Cœurs, t. I, p
3. Le Doré, Le P. Eudes, p. 165; Les Sacré* Cœurs, t. I, p. 275 et suiv,
4. Le R. P. Le Doré indique 1682. C'est, je pense, une erreur.
qui le composent, le douzième est tout consacré au cœur de Jésus. Il est divisé en vingt chapitres, plus huit méditations et des litanies, et il comprend près de 100 pages in-4c, sur 700 environ1. En joignant à ce livre les notions générales données au livre premier, on a, dit le P. Le Doré, « un excellent traité de la Dévotion au Sacré Cœur du Fils de Dieu2 ».
On voit que pour le P. Eudes, la dévotion au cœur adorable de Jésus s'épanouit pour ainsi dire sur la dévotion au cœur admirable de Marie; elle s'en est dégagée peu à peu. Dès les débuts, elle y était, mais un peu, suivant la pensée du P. Le Doré, comme le précieux sang dans le calice; elle y était, mais dans l'unité morale, dans l'unité d'amour, dans la conformité de vie et d'affection, entre le cœur du Fils et celui de la Mère. C'est cette unité morale des deux cœurs que le P. Eudes a eue d'abord en vue : le cœur de Jésus et le cœur de Marie ne faisaient pour lui qu'un seul cœur. Aussi disait-il le Cœur de Jésus et de Marie plutôt que les Cœurs.
Il a été amené cependant à s'occuper distinctement des deux cœurs. Alors, il voit vraiment le cœurdechair, non pas évidemmenten lui-même et pour lui-même, mais comme symbole; symbole et foyer d'amour pour Dieu autant que d'amour pour les hommes, symbole et foyer de toute la vie
1. Œuvres complètes, t. VIII, p. 206-363, méditations et litanies comprises.
2. Le P. Eudes, p. 234. Sauf les réserves que l'auteur faitailleurs.
intime du Christ. Chez lui pourtant, il y a plus souvent métaphore que symbolisme; expression un peu confuse de l'amour et de l'homme intime par le mot cœur, plutôt que regard sur le cœur de chair pour y lire l'amour.
La dévotion, telle que l'expose et la chante le P. Eudes, ne diffère pas essentiellement de celle qui a rayonné de Paray; mais elle embrasse davantage et s'appuie moins sur le symbolisme du cœur. Par là même, elle est moins précise peut-être dans ses formules, moins concrète d'aspect, moins parlante à la foule. Le gros livre où elle est exposée n'était pas fait non plus pour la rendre populaire1. Le P. Eudes mourut sans l'avoir édité lui-même, et sa puissante influence n'était plus là pour le pousser. Nul doute que, s'il eût vécu, il eût adapté son travail, monnayé sa doctrine en détachant le douzième livre ou composant quelque opuscule exprès. On le fit après lui. Mais ces essais mêmes firent perdre de vue l'œuvre primitive : quand Galliffet et Languet croient citer le P. Eudes, c'est un autre ouvrage qu'ils citent, écrit sans doute par un de ses disciples. Le gros livre ne fut réédité qu'en 1833 ; et en 1891, le R. P. Le Doré lui-même, trouvant le « style vieilli », a cru devoir, pour rendre plus accessible une doctrine « trop peu connue »,
1. C'est la remarque du R. P. Le Doré. L'auteur, dit-il encore, est « assez souvent... long et diffus; il entasse les épithètes; ses phrases sont parfois enchevêtrées, embarrassées et lourdes; elles ont une longueur démesurée, etc. » Les Sacrés Cœurs, t. I, p. 325; cf, t. II, p. vi et vu, sur le* imprécision» ou ambiguïtés de doctrine.
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« changer parfois des mots vieillis, supprimer quelques épith<Hes, ou même couper certaines phrases trop longues1 ». Malgré ces inconvénients, ce douzième livre mérite d'être connu. Nous n'en pouvons donner ici qu'une brève analyse, presque une table des matières.
Il est intitulé « Du Divin Cœur de Jésus ». Les titres des chapitres en disent assez clairement 1© sujet :
« 1. Que le divin Cœur de Jésus est la couronne de la gloire du très saint Cœur de Marie;
2. Que le divin Cœur de Jésus est une fournaise d'amour très ardente au regard du Père éternel ;
3-i. Que le divin Cœur de Jésus est une fournaise d'amour au regard de sa très sainte Mère, dont les flammes éclatent dans les privilèges dont il Ta enrichie ;
5. Que l'amour infini de Jésus au regard de sa très sainte Mère remplit son divin Cœur de douleurs très amèies, en la vue de celles qui pénètrent son Cœur virginal, au temps de la Passion ;
6. Exercice d'amour et de piété sur les douleurs du divin Cœur de Jésus et du Sacré Cœur de sa bienheureuse Mère;
7. Que le divin Cœur de Jésus est une fournaise d'amour au regard de l'Église triomphante, militante et souifrante ;
8. Que le divin Cœur de Jésus est une fournaise d'amour au regard d'un chacun de nous;
9-10. Que le divin Cœur de Jésus est une four 1. Les Sacrù Cœur*, t. II, Avant-Propvs> i, et t. I, p. 321.
naise d'amour au regard de nous dans le très saint Sacrement et dans sa sainte Passion ;
11. Que le Cœur de Jésus n'est qu'un avec le Cœur du Père et du Saint-Esprit; et que le Cœur adorable de ces trois divines personnes est une fournaise d'amour au regard de nous ;
12. Que le divin Cœur de Jésus est un trésor immense; qu'il est tout à nous; et le saint usage que nous en devons faire ;
13 . Que notre aimable Jésus nous airne comme son Père l'aime ; et ce que nous devons faire puur l'aimer ;
14. Belles paroles du saint Docteur Lansperge, Chartreux, sur le divin Cœur de notre Sauveur, tirées du chapitre 36 de son livre de la Milice chrétienne J ;
15. Le séraphique saint Bonaventure parlant du divin Cœur de Jésus2;
16. Les exercices d'amour et de piété vers l'aimable Cœur de Jésus, tirés de divers endroits du livre de Lansperge, Chartreux, intitulé « Pharetra divini amoris, Carquois du divin amour3 ».
17. Autre exercice d'amour vers le divin Cœur de Jésus, tiré des Exercices de sainte Gertrudesur la Préparation à la mort,
18. Entretien d'une sainte âme, dans la solitude, avec le divin Cœur de Jésus;