Œuvres complètes, t. VI. p. 124. Voir ci-dessous, p. 4^J
fort conOdemment, et pour laquelle il a bien voulu se servir de ma faiblesse. Je l'ai déjà inspirée à bien des gens en Angleterre, et j'en ai écrit en France et prié un de mes amis de la faire valoir à l'endroit où il est. Elle y sera fort utile, et le grand nombre d'âmes choisies qu'il y a en cette communauté me fait croire que la prauque dans cette sainte maison en sera fort agréable à Dieu. Que ne puis--e, 6 mon Dieu, être partout et publier ce que vous attendez de vos serviteurs et amis!
« Dieu donc s'étant ouvert à la personne qu'on a lieu de croire être selon son cœur, par les grandes grâces qu'il lui a faites, elle s'en expliqua à moi, et je l'obligeai de mettre par écrit ce qu'elle m'avait dit, que j'ai volontiers décrit moi-même dans le journal de mes retraites, parce que le bon Dieu veut dans l'exécution de ce dessein se servir de mes faibles soins1. » Suivait le récit de la grande apparition, tel que le Père l'avait transcrit.
La Retraite fut beaucoup lue, car l'auteur était en grand renom de sainteté. Le passage sur Marguerite-Marie et le récit transcrit de sa main firent valoir ce que jusque-là il avait dit si discrètement en faveur de la nouvelle dévotion.
Au journal des retraites était jointe une Offrande au Sacré-Cœur, qui eut aussi sa part dans le développement de la dévotion. Cette Offrande se compose de deux parties. La première est uue
1. Retraite spirituelle, Lyon, 1684, p. 244. Cf. Œuvres comp'.iiti, t. VI, p. 115. Voir ci-dessus, 1" partie, c. n, $ 4.
petite explication très simple et très claire de la dévotion au Sacré-Cœur. « Cette offrande, y est -il dit, s»; fait pour honorer ce divin cœur, le siège de toutes les vertus, la source de toutes les bénédictions et la retraite de toutes les âmes saintes. ;> Suit l'indication des « principales vertus qu'on prétend honorer en lui, comme il les a pratiquées quand il était en ce monde ». Mais le Sacré-Cœur ne rappelle pas seulement le passé. « Ce cœur est encore, autant qu'il le peut être, dans les mêmes sentiments, et surtout toujours brûlant d'amour pour les hommes, toujours ouvert pour répandre toutes sortes de grâces et de bénédictions, toujours touché de nos maux, toujours pressé du désir de nous faire part de ses trésors et de se donner luimême à nous, toujours disposé à nous recevoir et à nous servir d'asile, de demeure, de paradis dès cette vie. » On croirait entendre un écho de la Bienheureuse. La fin est plus nette encore : « Pour tout cela, il ne trouve dans le cœur des hommes que dureté, qu'oubli, que mépris, qu'ingratitude : il aime et il n'est point aimé, et on ne connaît pas même son amour, parce qu'on ne daigne pas recevoir les dons par où il voudrait le témoigner, ni écouter les tendres et secrètes déclarations qu'il en voudrait faire à notre cœur1. »
Après ces explications, l'offrande jaillit comme spontanément : « Pour réparation de tant d'outragées et de si cruelles ingratitudes, ô très ado-