Lettre xxxix (xl) ; G. xlv
3. Voir, dans Vie et Œuvres, t. I, p. 223 et 225 (252), les lettres de la Mère Greyflé à ce sujet; G. p. 427, 429, 431.
Pères Jésuites se mettaient en rapport avec l'ardente apôtre, et prêchaient la dévotion nouvelle; un Père Capucin faisait de même à Dijon. De 1686 à 1606, Marguerite- Marie multiplie ses lettres et ses démarches; elle enregistre les succès de la dévotion comme autant de victoires du Sacré-Cœur; elle répand l'image, la Retraite du P. de la Coiombière, le Hvret imprimé à Moulins parles soins de la Mère de Soudeilles; elle s'intéresse au Peîit- Office du P. Gette, aux essais de Sœur Joly et au livret de Dijon, aux démarches de Mère Desbarres à Rome pour obtenir fête et office. Paray a déjà sa chapelle au Sacré-Cœur, 1688. Les frères de la sainte secondent de leur mieux les efforts de leur sœur. Le maire fait bâtir aus^i une chapelle au Sacré-Cœur, et y met un tableau, comme à Paray; le curé y fonrî*e à perpétuité Une messe pour tous les vendredis de l'année. Avec quelle joie elle voit et raconte ces succès!
Mais il y avait aussi les oppositions et les échecs. Avec une audace naïve, Dijon s'est adressé à Rome, pour obtenir la f« te, avec 3Iesse et Office composés en Irançais par la Sœur Joly et mis en latin par l'aumônier, M. Charolais. Mais Rotne a renvoyé la chose à l'Ordinaire, qui était l'évêque de Langres. Ce fut grande déception, et il faut que Marguerite- Marie soutienne et ranime ses amies désappointées. Elle porte toute la chère dévotion dans son cœur, elle en vit.
Pendant les années 1675-1688, on ne voit guère de développement interne. Notre Sainte fait
valoir son trésor, dans sa propre vie d'abord, et ensuite pour les autres ; le trésor ne paraît pas s'accroître notablement. Deux choses seulement sont â noter, les pratiques et les promesses, et cela surtout à partir de 1685 et 1686. Avec ses novices, la sainte emploie mainte industrie comme exercice de sa chère dévotion : elle en emprunte de ci de In, ou elle adapte; elle en invente aussi, et parfois de fort belles1. A tous elle recommande la communion des premiers vendredis, la consécration, l'amende honorable, l'image, les petits billets, les offices, etc. Mais elle veut avant tout allumer dans les âmes l'amour du Sacré-Cœur, et les amener à ne vivre que de lui et pour lui. Que de belles pages il y aurait à recueillir dans ses lettres enflammées2!
C'est aussi à partir de 1685 que les promesses faites au nom du Sacré-Cœur pour les dévots deviennent plus précises, sinon plus magnifiques. Il y en a pour tous : pour les zélateurs de la dévotion et pour ses adeptes, pour ceux qui feront l'image, pour ceux qui la portent sur eux, pour les maisons où elle sera exposée et honorée, etc. Mère Melin, quia entrepris de bâtir la chapelle du Sacré- Cœur dans l'enclos de Paray, aura pour récompense de mourir dans l'exercice actuel de l'amour; la communauté de Semur, qui la première a rendu
1. Voir, dans le t. II de Vie et OEuvres, ses avis et instructions, ses défis et écrits divers, le livret autographe de ses prières et exercices en l'honneur du Sacré-Cœur.