‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 193 sur 242 · Mémoire, t. H, p. 356 (415); G. n. 94, p · texte numérisé non relu

Mémoire, t. H, p. 356 (415); G. n. 94, p

2. VU et Œuvra, t. I. p. 203 sq. (2o7 sq.); G. n. 237-240. p. 214-219.

Mais la journée finit dans l'orage. La dévotion était nouvelle, et s. tint François de Sales avait mis s.js filles en garde contre les nouveautés en dévotion. Aussi « les plus vertueuses de la Communauté parurent d'abord les plus opposées ». « Le sacré Cœur les y fera bien rendre », dit doucement la sainte fille. Elles se rendirent. La Sœur des Escures, la première aujourd'hui parmi les opposantes, prit elle-même, un an après, une initiative qui gagna toute la communauté.

Le 20 juin 1686, octave du Saint-Sacrement, elle vint demander à sa sainte amie la petite image du Sacré-Cœur qu'elle avait au noviciat : c'était une image envoyée par la Mère Greyûé déjà gagnée à la dévotion. Marguerite-Marie la donna, ne sachant ce qu'il allait advenir, priant et faisant prier. « Le lendemain, jour destiné à honorer ce divin cœur, la sœur des Escures ne manqua pas de porter une chaise où elle mit un tapis fort propre, sur quoi elle posa cette petite miniature, qui était dans un cadre doré, qu'elle orna de fleurs. Elle la mit ainsi devant la grille, avec un billet de sa main pour inviter toutes les épouses du Seigneur à venir rendre leurs hommages à son cœur adorable1. »

Cette fois, la communauté entière fut enlevée ; et l'on ne discuta plus que du meilleur moyen de témoigner sa dévotion. On rêvait un beau tableau, et « il n'y eut pas jusqu'à nos sœurs du petit habit {les pensionnaires) qui ne voulurent y contribuer

1. Vie et Œuvres t. I, p. 241 (269) ; G. n. 265-266, p. 252-254.

de l'argent que messieurs leurs parents leur donnaient pour leurs menus plaisirs ».

La dévotion était lancée ; le mouvement ne devait pas s'arrêter. Quelques novices quittaient le noviciat vers la fin de 1686 : elles emportèrent à la communauté une petite image du Sacré-Cœur qui avait animé laur ferveur pendant le noviciat et la lurent dans une niche où elles venaient lui' faire leurs dévotions. Bientôt la niche ne suffit plus ■ on eut un petit oratoire, où tout le monde venait prier ce divin cœur. Le soin en fut confié à sœur des Escures, qui en fit, suivant l'expression de notre sainte, « un petit bijou ». Ce n'était pas assez : une chapelle, lut bâtie dans l'enclos, dont la dédicace solennelle amena toute la petite ville de Paray et les paroisses environnantes au pied du Sacré-Cœur. C'était le 7 septembre 1688.

« Messieurs les sociétaires de cette ville' et messieurs les curés des paroisses voisines se rendirent tous à l'église paroissiale et vinrent ensuite processionnellement dans notre enclos, suivis d'un grand nombre de personnes qu'on ne put empêcher d'entrer. 11 était une heure de l'après-midi et les cérémonies durèrent deux heures. Pendant ce temps et longtemps après, notre bienheureuse Sœur demeura dans la chapelle, tellement ravie et abîmée en Dieu, que de toutes les personnes qui désiraient ardemment lui parler, aucune n'osa se

1. Membres d'une société de prêtres, tous nés à Parav « c"^!^ Pa"0i8Siale' t0Ut e" *>™« - -Sdt

502 TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE Vï

donner cette pieuse satisfaction. Durant ces trois heures, on l'observa soigneusement pour voir si elle ne changerait pas de position; mars on la remarqua toujours immobile comme une statue1. »

Semur s'était lancé avant Paray. On y prit la dévotion, écrivait la sainte, en entendant lire la Retraite du R. P. de la Colombière-.

La Mère Greyhé, alors supérieure à Semur, si prudente, si réservée jusque-là, avait fait faire une image, et dédié un oratoire. C'est elle qui avait envoyé à la Bienheureuse, pour les étrennes de 1686, la miniature qui allait bientôt recevoir les hommages de la communauté, en y joignant une douzaine d'images pour les ferventes de la dévotion3.

Moulins était gagné, avec la Mère de Soudeilles; gagnés aussi, semble-t-il, Charolles et Condrieu, grâce au P. de la Cokmibière. A Dijon, ce fut mieux encore. Pendant que la Mère de Saumaise et Marguerite-Marie s'occupaient de faire graver une image du Sacré-Cœur, qu'on pût répandre à volonté, Sœur Jeanne-Madeleine Joly travaillait à un office en l'honneur du Sacré-Cœur et soumettait son projet à sa sainte amie.

Au dehors, la dévotion se répandait. Plusieurs

1. Vie et Œuvres, t. I, p. 282 (310). Plusieurs de ces détails manquent dans le mémoire des Contemporaines, tel que le donne Mp Gauthey ; mais ils sont historiques, ainsi que plusieurs autres, que nous omettons. Voir G. p. 254-256; 316-319; Hamon, 419-121.

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