‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 202 sur 242 · Cité par ISilles, t. Ier, p · texte numérisé non relu

Cité par ISilles, t. Ier, p

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1720. Quand il éclata, Notre-Seigneur lui indiqua le remède dans la dévotion à son Sacré-Cœur. Amende honorable et consécration furent faites par M" de Belsunce, au milieu des larmes et des sanglots de tout un peuple ; un décret établit la fête pour Tannée suivante. La peste cessa. En 1722, elle reparut. Cette fois, les magistrats euxmêmes firent un vœu solennel de fêter désormais le Sacré-Cœur par messe, communion, hommages et procession solennelle. D'autres villes, frappées ou menacées, recoururent de même au Sacré- Cœur : Aix, Arles, Avignon, Toulon. Ce fut une supplication générale. Ainsi la dévotion devenait populaire1.

La fête du Sacré-Cœur.

Nouvel effort à Borne sous Benoit XIII, H26-1729. Succès sous Clément XIII, 1765. Extension sous Pie IX, 1856 et sous Léon XIII, 1889.

En 1726, on crut le moment venu de reprendre la cause à Rome. Le roi de Pologne, auquel s'adjoignit plus tard le roi d'Espagne, les évèques de Cracovie et de Marseille, les Visitandines s'adressèrent à Benoît XIII pour obtenir la fête et l'office propre. On montrait la dévotion répandue dans

1. Pour les détails, voir Mlles, t. Ier, p. 26 et suiv.; Galliffet, 1. i, c. ii ; Letierce, Étude, t. Ier, p. 457-485; le même, Le Sacré- Cœur, p. 242 et suiv.; Alet, p. 263 et suiv.

toute l'Église , chère aux évoques, ehère aux peuples ; on rappelait le désir exprimé par Notre-Seigneur à la B. Marguerite-Marie. L'âme du mouvement était le P. de Galliffet, assistant de France à Rorne^ postulateur de la cause. Il publia en latin son livre sur le Sacré-Cœur et prépara toutes les pièces à la perfection.

On jugeait le succès assuré. ProsperLambertini, le futur Benoit XIV. était alors promoteur de la foi. Le P. de Galliffet le croyait favorable à la cause. Pape, il accepta la dédicace d'une édition uouvelle du livre de Galliffet, et donna libéralement des bulles en faveur des confréries du Sacré-Cœur. Il ne paraît pas qu'il fût pour une fête nouvelle. En tout cas, il fit consciencieusement son rôle « d'avocat du diable ». Les objections furent les mêmes à peu près que trente ans plus tôt : la fête était nouvelle; le cas de Marguerite-Marie n'était pas tranché; une fois lancé dans cette voie, où s'arrêterait-on? A tout eeia, Galliffet avait réponse. Mais Lambertini donna de vive voix aux cardinaux, une raison qui les émut davantage. La cause supposait, ou du moins semblait supposer d'après les explications du P. de Galliffet, le cœui organe du sentiment. Or c'était là, dit Lambertini une opinini on philosophique discutable et discutée, où il ne fallait pas compromettre l'Église. Cela surtout fit hésiter4. Pour ne pas dire non, la Sacrée

l. C'est ce que dit Benoît XIV lui-même, en racontant le fait Saint Alphonse de Liguori explique les choses de la même façon. Il faut reconnaître que, sur ce point, Galliffet prêtait à la critique. Voir ci-dessus, 2' partie, c. h, S 3, p. 165- ;

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Congrégation répondit, le 12 juillet 1727 : Non proposita. Malgré tout, on insista, on revint à la charge. Le 30 juillet 1729, elle répondit : Négative. Ce fut grande déception \

Cependant J a dévotion faisait son chemin, malgré les clameurs des jansénistes et des philosophes. La reine de France, Marie Leczinska avait pris la chose à cœur, humblement et pieusement: depuis près de trois ans elle était en instance auprès de Clément XII, pour obtenir enfin son assentiment ; elle semblait près d'aboutir, quand le Pape mourut. A peine son successeur était-il nommé, qu'elle lui en écrivait, 3 octobre 1740. Benoit XIV n'était pas pour les fêtes nouvelles : il se contenta de lui envoyer des images du Sacré-Cœur, brodées d'or et de soie 2. Cependant le mouvement se propageait. Les suppliques arrivaient de toutes parts, de Pologne, d'Espagne, d'Amérique, d'Allemagne, d'Italie, d'Orient3.

En 1765, Clément XIII reprit la cause. Le Mémoire des évêques polonais lut présenté à la Sacrée Congrégation des Rites par J. B. Alegiani. On peut le voir dans Nilles4. Avec les répliques aux « exceptions » du promoteur de la foi, c'est tout un traité de la dévotion au Sacré-Cœur, largement inspiré de Galliffet. On y explique

1. Voir Nilles, 1, i, part. 1, c. n; Lotierce, Élude, t. II, p. 133 et suiv.

2. Nilles, l. ,, part. 1, c, m, S 1> P- 89, d'après Ferd. Tetamo; cf. ibid., p. 97.

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