Mémoire, t. II, p. 321 (374), G. n. 48, p
PRATIQUE DE LA DÉVOTION 5i
Quelquefois la donation est demandée sous des formes spéciales. C'est la victime qui doit s'offrir pour être immolée en expiation pour les pécheurs, ou pour la communauté, ou pour les âmes du Purgatoire. On sait la scène célèbre où elle dut s'exposer pour la communauté : « Je te veux donner mon cœur. Mais auparavant il faut que tu te rendes sa victime d'immolation1. »
La donation par testament est plus originale. « Une fois, mon souverain sacrificateur me demanda de faire en sa faveur un testament par écrit, ou donation entière et sans réserve, comme je la lui avais déjà faite de Louche, de tout ce que je pourrais faire et souffrir, et de toutes les prières et biens spirituels que Ton ferait pour moi, soit pendant ma vie et après ma mort. Et me fit demander à ma supérieure, si elle voulait servir de notaire en cet acte; qu'il se chargeait de la payer solidement... iMa supérieure le voulut faire2. » Nous avons cet acte, conservé par les Contemporaines1. Il est du 31 décembre 1678. Notre-Sei-
1. Mémoire, dans Vie et Œuvres, t. II, p. 338^395); Revu sur G., n. 72, p. 84.
2. Mémoire autographe, dans Vie el Œuvre», t. II, p. 348, ( 106), G. n. 84. p. 95.
3. Vie et Œuvres, t. I, p. 128 (159>; G. n. 191, p. 172; cf. G. Écrits de la Mère Greyfié, n. 50, p. 408 : « Vive Jésus dans le cœur de son épouse, ma sœur Marguerite, pour laquelle, et en vertu du pouvoir que Dieu me donne sur elle, j'offre, dédie et consacre purement et inviolablement au sacré Cœur de l'adorable Jésus tout le bien qu'elle pourra faire pendant sa vie, et celui que l'on fera pour elle après sa mort; afin que la volonté de ce divin Cœur en dispose à son gré. selon son bon plaisir et en faveur de quiconque il lui plaira, soit vivant ou trépassé : ma sœur Marguerite-Marie Drotestant qu'elle se dépouille
gneur en retour, la constitua « héritière des trésors de son sacré Cœur » par acte qu'elle écrivit de son sang comme elle le lisait dans le cœur du divin Maître. Nous avons également cet acte1.
Cette consécration, notre sainte la demandait à tous les amis du Sacré-Cœur. Le P. de la Colombière la fit, nous dit-on, dès le 21 juin 1675; et il la renouvelait souvent2.
volontiers généralement de tout, excepté la volonté d'être à jamais unie au divin Cœur de son Jésus et de l'aimer purement pour l'amour de lui-même. En foi de quoi, elle et moi signons cet écrit, fait le dernier jour de décembre 1678. Sœur Péronne- Rosalie Greyfié, à présent supérieure, et de laquelle ma sœur Marguerite-Marie demandera tous les jours la conversion à. ce Cœur divin et adorable, avec la grâce delà pénitence finale. » Marguerite-Marie nous apprend elle-même comment elle signa : - Je la signai sur mon cœur avec un canif, duquel j'écrivis son sacré nom de Jésus, comme mon divin Maître le voulait, et je la signe encore ici : Sœur Marguerite-Marie, disciple du divin Cœur de Fadorable Jésus. »
1. Vie et Œuvres, t. I, p. 119 (159); G. n. 192, p. 173. Cf. Lettrée médites, lettre iv, p. 145; G. cxxxm, 511-572; et Croiset, Abrégé^ p. 48, 49, Voici cet acte, tel que le donnent les Contemporaines : « Je te constitue héritière de mon Cœur et de tous ses trésors, pour le temps et l'éternité, te permettant d'en user selon tes désirs ; et je te promets que tu ne manqueras de secours que lorsque mon Cœur manquera de puissance. Tu en seras pour toujours la disciple bien-aimée, le jouet de son bon plaisir, et l'holocauste de ses désirs, et lui seul sera le plaisir de tous tes désirs, qui réparera et suppléera à tes défauts et t'acquittera de tes obligations. » La sainte nous dit, au même endroit, que Notre-Seigneur le lui fît écrire de son sang, selon qu'il lui dictait. Elle en écrit au P. Croiset : « Il me fit lire (dans son Cœur), et ensuite écrire ce qu'il y avait d'écrit pour moi. En voici quelques lignes, avec un testament fait en ma faveur. » Les deux formules se répondent pour le sens; mais plusieurs expressions sont toutes différentes. Ce qu'il y a de recherché et d'amphigourique dans l'acte, tel qu'il est ci-dessus, est expliqué dans la lettre en termes clairs et naturels. — Soit dit pour ceux qui étudient la psychologie des mystiques.
2. Contemporaines, t. I, p. 94 (124); G. n. 153, p. 138; Croi-
La première fête du Sacré-Cœur, célébrée à Paray par les novices et par leur maîtresse, pour la Sainte-Marguerite, 20 juillet 1685, eut pour pièce principale la consécration : « Elle nous lut une consécration qu'elle avait composée en l'honneur de ce divin Cœur... et nous invita à écrire chacune notre consécration, promettant d'y ajouter un mot de sa main, selon nos dispositions1. »
Une ou deux consécrations, écrites de sa main, nous ont été conservées. Tout le monde a pu en voir une, imprimée ou en fac-similé. Marguerite- Marie l'avait jointe à une lettre qu'elle écrivait à la Mère de Soudeilles, le 15 septembre 1686; elle l'avait envoyée de même, avec quelques mots changés, à Sœur de la Barge. Les éditrices de 1867 l'ont reproduite, mais en mêlant les deux textes2. On les a toutes deux en autographe3.
«et, La dévotion au Sacré Cœur, 3* partie, c. 4, Offrande, p. 179; cf. Impartie, c. 2, p. 10.