Lettre xxxvii (xxxvm), t. II, p. 65(102); G. xxxvi
jamais rien sans lui demander premièrement son conseil et son secours; lui donnant la gloire de tout, et lui rendant même action de grâces dans les mauvais succès de nos entreprises comme dans Jes bons, demeurant toujours contentes sans nous troubler de rien; car, pourvu que ce divin Cœur soit content, aimé et glorifié, cela doit nous suffire. Et si vous désirez d'être du nombre de ses amies, vous lui offrirez donc ce sacrifice de vous-même, un premier vendredi du mois, après la communion, que vous ferez à cette intention, vous consacrant toute à lui, pour lui rendre et procurer tout l'amour, l'honneur et la gloire qui sera en votre pouvoir; et tout cela en la manière qu'il vous l'inspirera. Après quoi, vous ne vous regarderez plus que comme appartenante et dépendante de l'adorable Cœur de Notre-Seigneur Jésus- Christ, y ayant recours en toutes vos nécessités, et y établissant votre demeure, autant que vous le pourrez ; et il réparera ce quil pourrait y avoir d'imparfait dans vos actions, et sanctifiera les bonnes, si vous vous unissez en tout à ses desseins, qui sont grands sur vous, pour se procurer beaucoup de gloire par vous si vous le laissez faire... Toute à vous dans l'amour de son sacré Cœur, qui unit et transforme les nôtres en lui, pour le temps et l'éternité1. » On comprend, en lisant cela, que Marguerite-Marie écrive à son frère : « Il
1. Lettre xxvi (xxvn), t. II, p. 52 (89). L'autographe était à Moulins; il fut envoyé, le 2 juin 1789, à M. de Nexon, vicaire général d*01oron. Il est perdu. Voir Gauthey, xvm, 278. n.
me semble qu'il n'y a point de plus court chemin pour arriver à la perfection, ni de plus sûr moyen de salut, que d'être consacré à ce divin Cœur1. ■
3. L'amende honorable. — Elle tient une grande place dans la dévotion au Sacré-Cœur. Gela devait être, puisque c'est une dévotion de réparation pour l'amour outragé. C'est ainsi notamment que Notre-Seigneur la présente dans la grande apparition; il demande que, le jour de la fête future, on honore son cœur « en communiant ce jour-là et en lui faisant réparation d'hunneur par une amende honorable pour réparer les indignités qu'il a reçues pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels2 ». On voit par les mômes paroles ce qu'est l'amende honorable, et quel en est le but. Comme la consécration, c'est un acte précis, déterminé; et c'est en même temps une tendance générale de l'âme dévote, jalouse de l'honneur de celui qu'elle aime. Cet esprit de réparation est partout dans la vie de sœur Marguerite, partout dans ses écrits. Dans le Petit livret écrit de sa main, il y a une formule d'amende honorable3. C'est elle, sans doute, qui Ta composée. Parmi les pratiques qu'elle recommanda à ses novices, il y a celle-ci : « Vous ferez trente-trois communions spirituelles et une réelle pour faire amende honorable au sacré Cœur de Jésus-Christ, et lui crier merci de