‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 57 sur 242 · Sur l'iconographie du Sacré-Cœur on peut consulter : Gri · texte numérisé non relu

Sur l'iconographie du Sacré-Cœur on peut consulter : Gri

préoccupe peu d'exactitude physiologique. C'est le cœur emblème qu'il faut présenter aux fidèles. Or, il y a dans les signes, même naturels, une part de convention, qu'il faut respecter, sous peine de perdre en expression oe qu'on gagnerait en réalité matérielle. Dans une image du Sacré-Cœur exacte comme une planche d'anatomie les fidèles auraient peine à voir le symbolisme du cœur. On arriverait peut-être par une longue éducation à n'être plus aussi dérouté. Mais nul doute qu'il n'y ait avantage dans une certaine distinction entre le cœur emblème et le cœur anatomique : le convenu de l'image est favorable à l'expression symbolique. Aussi bien n'est-ce pas des leçons d'anatomie que la sainte voyante de Paray recevait dans ses visions. C'est toujours sous des formes factices que le Sacré-Cœur lui était montré, et les accessoires mêmes de l'image sont destinés à écarter les idées d'un réalisme grossier, pour faire valoir d'autant la signification symbolique. Les témoignages de Marguerite-Marie sont très instructifs en ce sens. « Ce sacré Cœur, dit-elle dans son Mémoire, m'était représenté comme un soleil brillant d'une éclatante lumière, dont les rayons

moiïard de Saint-Laurent, Les images du Sacré-Cœur, mu point de vue de l'histoire et de l'art, Paris, 1S80; Paranque, La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, étudiée en son image, Paris, 1901 ; Hattler, Die bildische Darslellung des gœttlichen Herzens Jesu, 2* édition, Innsbruck, 1894 ; Le Règne du Cœur de Jésus, t. II, p. 335-400; Letierce, t. II, p. 505-516; Dujardin, Appendice n; Muzzarelli, Dissertation, p. 39-48. Ici, passim, surtout p. 49, 248,288.

tout ardents dormaient à plomb sur mon cœur 4. » Un peu plus loin : « Une fois entre les autres... mon doux Maitre se présenta à moi tout éclatant de gloire, avec ses cinq plaies, brillantes comme cinq soleils. Et de cette sacrée humanité sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine, qui ressemblait une fournaise; et, s'étant ouverte, me découvrit son tout aimant et tout aimable Cœur, qui était la vive source de ces flammes. » Mais rien ne vaut à cet égard ce qu'elle écrit au P. Croiset, le 3 novembre 1G89, lui décrivant une des principales manifestations du Sacré- Cœur : « Ce divin Cœur me fut présenté comme dans un trône de flammes, plus rayonnant qu'un soleil et transparent comme un cristal, avec cette plaie adorable. 11 était environné d'une couronne d'épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient ; et une croix au-dessus, qui signifiait que dès les premiers instants de son Incarnation... la croix y fut plantée 2. » C'est bien le cœur de Jésus, son cœur de chair qui lui est montré, mais toujours, on le voit, de façon à faire valoir l'expression symbolique.

1. Vie et Œuvres, t. II, p. 327 (381); revu sur G. n. 55, p. 71.

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