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2. Sur cette question on peut indiquer, outre Benoît XIV et saint Alphonse, qui seront oités en leur li*u : J. Jungmann,
accord sur ce point entre les théologiens du Sacré-Cœur, et tous ne se sont pas tirés avec honneur des difficultés soulevées de ce chef contre leur chère dévotion. Quelques-uns même ont donné à ce sujet des explications mauvaises, auxquelles il faut franchement renoncer. Mais d'autres, ce me semble, renoncent, avec trop de sans-gène, à rien expliquer; ou bien aux vieilles explications ik en substituent d'autres, qui laissent peut-être la dévotion traditionnelle en mauvaise posture.
Ces difficultés ne sont pas d'aujourd'hui, et on n'a pas attendu le magnifique progrès de la physiologie moderne pour les soulever.
Quand le P. de Galliffet, en 1726, « postula » pour l'établissement de la fête, et remit aux car-
Fûnf Sàtze sur Erklàrung und zur wissenschaft lichen Begrùndung der Andacht zum hl. Herzen Jesu, Innsbruck, 1869; le même, Die Andacht zum hl. Herzen Jesu, Innsbruck 1871, et Fribourg-en-Brisgau, 1885. Les principes du P. Jungmann ont été exposés dans les Études, 1870, t. XXIV, p. 233, par le P. H. de Bigault, L'objet principal de (a dévotion au Sacré- Cœur d'après les données de la physiologie. Le P. Babaz est revenu sur la question, ibid., 1874, t. XXX, p. 349, Entretiens philosophiques et psychologiques à propos du Sawé-Cœur de Jésus; et le P. Ramière, ibid. t. XXXI, p. 481 et 801, La dévotion au Cœur de Jésus et la physiologie, à propos sunout de Claude Bernard. M. Riche dans son livre des Merveilles du cœur, Pari?, 1877, avait nettement pris position avec beaucoup de physiologistes modernes, qui ôtent au cœur toute fonction affective. Il appliqua ses principes au Sacré-Cœur dans Le cœur de l'homme et le Sacré-Cœur de Jésus, Paris, 1878, qui fut attaqué parle P. Ramière dans le Messager du Cœur de Jésus, M. Riche s'expliqua dans Les fonctions de l'organe cardiaque dans tes phénomènes de la sensibilité affeciioe, Paris, 1879; et dans Le Sacré-Cœur et le précieux sang de Je- us, Paris, 1879. Ces discussions n'ont plus guère qu'un intérêt historique. Cf. Terrien, livre cité, 1. I, c. 5, etl. II, c. 6; Vallet, La tel.- et le cœur, Paris 1831 ; La Bégassière, art. cit., n. col. 567-570.
dioaux et consultrmrs de la Sacrée Congrégation des Rites d'abord son beau livre De cultu sacrosancii cordis Dei ac Domini noUri Jesu Chrùti, puis des Excerpta du même livre ad pleniorem cognitionem causse îiecessaria, on trouva son travail, nous dit Benoît XIV, de tous points excellent, omnibus numeri* absolutx^ . Le promoteur de la foi, qui était Prosper Lambertini lui-même, le futur pape Benoit XIV, quoique personnellement favorable à la cause, nous dit le P. de Galliffet, ût consciencieusement ses objections « d'avocat du diab'e ». L'une d'elles ne fut proposée que. de vive voix ; et ce fut elle, se?> t-il, qui émut le plus la Saeiée gation :
« J'ajoutai de vive voix, écrit le pape, que les postulatears posaient comme vérité acquise que le cœur est, comme on dit, le coprmcipe sensible de toutes les vertus et affections, et comme le centre de toutes les joies et des peines intimes; mais il y avaitlà un problème philosophique, pui que les philosophes modernes placent l'amour, la haine, et les autres affections de l'âme (arn non pas dans le cœur, comme dans leur h mais dans le cerveau. » Et il renvoie à Muratori. « C'est pourquoi, continue le pape, relatant son avis motivé, comme il n'y avait pas encore de décision de l'Église sur la vérité de Tune ou de l'autre de ces opinions, et que l'Église s'est tou-
1. De servorum Dei bealificalione, 1. IV, part. 2, c. xxxi, a. 20. Prato, 1831, t. IV, p. 702.