‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 89 sur 242 · I Joan. iv · texte numérisé non relu

I Joan. iv

l'acte propre de la dévotion au sachk-coeur 483

un regard sur Je Sacré-Cœur le lui rappelle aussitôt.

Cet amour réciproque est, malgré les distances, nn amour d'amiti-, un amour de familiarité, do fraternité intime et tendre, avec la nuance que r.ous avons dite. Cela tient en partie, sans doute, à ce que l'amour du Sacré-Cœur pour nous se présente comme un amour humain, sous des for- Ties sensibles, à la mesure, pour ainsi dire, de notre cœur. Mais cela lient surtout à ce que cet amour étant celui de Jésus, du Verbe incarné, nous Le pouvons oublier qu'il a voulu être de notre femille pour nous faire de la sienne, qu'il a voulu, é ant Dieu, se l'aire homme, pour faire de l'homme m Dieu.

Cet amour réciproque n'oublie pas qu'il a été prévenu; que Jésus a fait toutes les avanceg et que là n'a qu'à répondre. Il s'arrête donc à étu c«l amour prévenant et tout ce qu'il a fait; tcut en sachant bien qu'il n'y arrivera jamais, de s tendresses et aux ardeurs de cet amour par tout ce qu'il a de tendresse et d'ardeur, à sa générosité par tout ce qu'il a de dévouement désintéressé, etc. Bref, il s'efforce, dans une lutte Légale, de répondre, par la perfection de l'amour, à l'amour parfait qui l'a prévenu.

Mais l'amour de Jésus, tel qu'il s'est montré à Marguerite-Marie, est un amour méconnu et cutragé. Et c'est ce qui donne son importance à l'acte de réparation dans le culte du Sacré-Cœur. Cette place de la réparation y est telle que parfois

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on semble la présenter comme l'acte premier et essentiel de la dévotion. Il n'en est rien cependant.

Et d'abord, la réparation, telle qu'elle nous apparaît ici, est une réparation d'amour, non une réparation de justice ou d'expiation; elle se traduit par l'amende honorable, qui s'adresse précisément à l'amour méconnu et outragé. L'amou? vient donc en première ligne. Ajoutons que la réparation est mise au second rang dans les textes Il y est dit que la fin principale de la dévotion est l'amour; la réparation ne vient qu'après et comme acte spécial d'amour envers l'amour méconnu et outragé. L'amour, la consécration 01 don amoureux de soi au Sacré-Cœur, la vie toute pour lui et de lui, tiennent infiniment plus de plaça dans les écrits et les préoccupations de sainte Ma»guerite-Marie que la réparation et l'amende honorable. Il en serait autrement qu'il ne faudrait pas pour cela mettre celle-ci en premier lieu. Par la force des choses, elle ne vient qu'après, cornue témoignage spécial d'amour.

D'autres actes, d'autres pratiques sont cheis aux dévots du Sacré-Cœur : communion réparatrice et dévotion à l'eucharistie, heure sainte et dévotion à la passion, etc. Chers à leur amour parce que demandés expressément par Jésus à ses amis fidèles, dans la personne de son amante choisie, parce que pratiqués ou indiqués par ellemême comme agréables au cœur du divin Ami, parce que manifestations spontanées d'un amour

tendre, délicat, généreux1. Tout cela découle de la nature propre de cette dévotion. Ce sont des effets de l'amour. Rien ne lui est étranger de ce qui traduit l'amour. Mais tout ce qu'on fait et tout ce qu'on souffre s'y rapporte à l'amour comme à sa source, à l'amour comme à son terme. Lisez ce que saint Paul dit de la charité2 : vous y trouverez comme une description de la vraie dévotion au Sacré-Cœur, parce que vous y trouverez une description du vrai amour. L'esprit de la dévotion est donc l'esprit d'amour. Toutes les pratiques en sont animées; toutes y portent.

Partout où nous trouvons la dévotion au Sacré- Cœur, nous remarquons ce caractère d'amour.

C'est par amour qu'elle s'attache à Jésus pour y étudier son amour, depuis la Crèche jusqu'au Calvaire; ne s'arrêtant aux faits extérieurs que pour y trouver les traces de l'amour : pour mieux l'aimer, elle cherche à le mieux connaître. C'est par amour qu'elle compatit à ses peines, qu elle lui rend hommage en le voyant méconnu, qu'elle jouit de ses joies et de ses triomphes comme si c'étaient les siens, qu'elle vit de lui enfin, et qu'elle s'efforce de lui plaire, en l'aimant de plus en plus, pour lui montrer son amour, et de se rendre de plus en plus aimable à ses yeux pour contenter cet amour.

C'est aux prédicateurs et aux auteurs ascéti-

1. Voir première partie, c. m, S 1, p. 48; S-» P- 69 et suiv.

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