‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 88 sur 242 · Voir Nilles, 1. I, p. 3, c. m, t. I, p · texte numérisé non relu

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l'acte propre de la dévotion au sacré-cœur 181

Dans son encyclique du 28 juin 1889, il écrit : « Jésus n'a pas de désir plus ardent que de voir allumer dans les âmes le feu d'amour dont son propre cœur est dévoré. Allons donc à Celui qui ne nous demande comme prix de sa charité que la réciprocité de l'amour. » Toute la lettre est pleine de cette idée. C'est là d'ailleurs que nous ramènent toujours les documents ayant trait au Sacré- Cœur, et rien n'est fréquent comme de rencontrer, citée en ce sens, la parole du Maître : « Je suis venu porter le feu dans le monde et qu'estce que je désire sinon qu'il s'allume? »

Ajoutons que, la dévotion étant un retour d'amour à l'amour méconnu et outragé, cet amour se présente naturellement comme un amour de réparation. Aussi, comme nous le verrons, les documents nous parlent-ils de réparation en même temps que d'amour.

L'acte propre de la dévotion.

L'acte propre de la dévotion au Sacré-Cœur, l'acte d'amour; esprit, caractère, pratique, tout s'y ramène à l'amour; la réparation.

C'est une question sur laquelle on a parfois discuté. Pour nous, elle est résolue par ce qui précède : l'acte propre de la dévotion est évidemment l'acte d'amour. Jésus donne son cœur pour

avoir le nôtre. La dévotion à l'amour est par essence une dévotion d'amour; sa devise est : Nos ergo diligamus Deum, quoniam ipse prior dilexh nosi\ ou bien encore : Sic nos amantem quù non rtdamaret? A l'amour nous répondons par l'amour.

MaK notons-le bien, par cela même qu'il se présente comme une réponse à l'amour, cet amour a des caractères spéciaux, déterminés pour une bonne part par l'amour qu'il veut reconnaître en y répondant. Je ne parle pas de la nuance indescriptible que lui donnera le sentiment toujours présent de la distance entre nous et l'Ami divin, de ce qu'il est et de ce que nous sommes- : il nous met à son égard dans une attitude analogue à celle des apôtres après la résurrection, au matin de la pêche miraculeuse, mangeant sous son regard le petit déjeuner qu'il leur a préparé lui-même, et n'osant lui demander qui il est, sachant bien que c'était Jésus; il déteint sur toutes les relations entre lui et nous pour fondre ensemble la condescendance infinie qui sans déchoir descend à la plus intime familiarité, et le respect affectueux qui ose aimer simplement, sans oublier l'audace qu'il y a d'aimer si haut. Je veux indiquer certains traits plus spéciaux de cet amour, tel que le demande la dévotion.

C'est un amour réciproque et qui n'oublie jamais qu'il est aimé. S'il était tenté de l'oublier,

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