XXII PREFACE
d'expliquer dès le commencement du Livre, ce qu'on entend par la Dévotion au Sacré Cœur de Jésus- Christ; et l'expérience a fait voir qu'il ne se trouve personne qui, après avoir vu en quoi consiste cette Dévotion, ne convienne qu'elle est raisonnable, qu'elle est solide, et très utile à notre salut et à notre perfection.
On a gardé à peu près dans ce Livre le même ordre qu'on avait gardé dans le premier.
Après avoir expliqué dans la Première Partie les Motifs qui doivent nous porter à cette Dévotion, on donne les Moyens de l'acquérir dans la Seconde, et la Troisième en apprend la Pratique, par le détail qu'on y fait des Exercices particuliers de cette mêrrte Dévotion. Et parce qu'elle se réduit toute à aimer parfaitement Jésus-Christ, particulièrement dans l'adorable Eucharistie, c'est proprement de cet amour parfait qu'on traite dans tout cet Ouvrage, et l'on ne s'étend un peu plus au long sur la Visite du très Saint Sacrement, sur l'auguste Sacrifice de nos Autels, et sur la Communion, que parce que de tous les Exercices de piété, il n'en est point qui nous approche plus de Jésus-Christ, il n'en est point qui soit plus propre pour honorer son Sacré Cœur, et pour embraser le nôtre de son amour ardent, et l'on espère que les réflexions
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qu'on y fait rendront sensibles les raisons que nous avons de pratiquer ces Exercices et pourront en même temps nous apprendre à les pratiquer avec fruit. On finit par le Caractère d'un homme qui aime véritablement Jésus-Christ, et l'on tâche de donner par ce Caractère, une juste idée de la véritable et solide piété.
Ceux qui connaissent le mérite singulier et la sublime vertu du Père de la Colombière, et qui savent que Dieu l'avait choisi singulièrement pour inspirer la Dévotion au Sacré Cœur de Jésus, seront bien aises de trouver en plusieurs endroits de ce Livre, les pensées et les sentiments de ce grand Serviteur de Jésus-Christ sur cette même Dévotion.
Quoique pour porter des chrétiens à la pratique de cette Dévotion, il ne soit nullement nécessaire de rapporter ni autorités, ni révélations, ni exemples, puisqu'il suffit de savoir qu'elle ne tend qu'à faire aimer parfaitement Jésus-Christ, on n'a pas cru cependant devoir se dispenser de rapporter en deux ou trois endroits de ce Livre ce qu'on a trouvé sur ce sujet dans les Révélations de sainte Gertrude et de sainte Mecthilde ; et l'on est persuadé que ce serait une prévarication manifeste, si de peur de passer pour trop crédule, on se dispensait de' marquer la voie admirable dont Dieu s'est servi depuis