VIII LETTRE DE L EDITEUR
mais alors qu'en France les éditions se succédaient avec rapidité, on apprit tout à coup que le Livre venait d'être mis à l'Index par Décret du 1 1 mars
Cette sentence était assurément bien sévère ; on ne peut pas dire pourtant quelle fut imméritée. En elle-même sans doute, et abstraction faite des accessoires, l'orthodoxie de l'Ouvrage était inattaquable, et la Congrégation du Saint-Office le déclarera plus tard d'une manière implicite en retirant purement et simplement sa prohibition. Mais il faut aussi l'avouer : sans avoir conscience qu'il manquât en cela à une obligation alors communément ignorée che^ nous, le vénérable Auteur avait omis certaines formalités requises pour la publication d'écrits tels que le sien.
La surprise n'en fut pas moins grande et douloureuse parmi les fidèles. Toutefois lorsqu'on réfléchit à la conduite ordinaire de Dieu à l'égard de ses élus et surtout à la conduite constamment tenue par lui vis-à-vis de son propre Fils aux jours de sa vie mortelle, on comprend que cette épreuve n'était qu'un cas particulier de l'économie générale de son gouvernement. Depuis le Calvaire, toute œuvre destinée à produire d'abondants fruits de salut, doit être marquée, à son début principalement, du sceau de la Croix.
Pour le Père Croiset, si cette condamnation l'affligea, elle ne parvint pas à l'abattre, il y re-