‹ La dévotion au Sacré-Cœur de N.-S. Jésus-ChristChapitre 66 sur 90 · L'amour a obligé Jésus-Christ à se déguiser pour · texte numérisé non relu

L'amour a obligé Jésus-Christ à se déguiser pour

' Psalin. XII, 25.

2 Rom. VIII, 32.

3 Blosius. Margarita Spirituaîi's. Cap. xix, numer. 4.

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venir sur nos Autels ! Mais à quoi s'expose-t-il en venant ainsi déguisé? Combien de mépris, combien d'insultes est-il obligé d'essuyer tous les jours, et des mauvais Chrétiens, et des Infidèles ! Combien de Libertins, combien d'Hérétiques le traitent sur nos Autels comme une divinité- ridicule, et renouvellent tous les outrages qu'il souffrit à sa Passion au sujet de la Royauté qu'il s'attribuait!

6. Les Juifs exercèrent moins de cruauté sur sa Personne sacrée, qu'on en exerce aujourd'hui sur son sacré Corps. On a foulé aux pieds les Hosties consacrées, on les a percées de mille coups, on les a brisées, brûlées, sans parler des usages exécrables pour lesquels on s'en est servi, et à quoi on a horreur de penser.

7. Le choix que Jésus-Christ avait fait des insultes et des outrages qu'il reçut à Jérusalem, en ôtait toute l'amertume ; mais oserait-on penser que ce Cœur qui ne s'est mis en cet état que pour être aimé et honoré davantage des hommes, souffrît avec joie le mépris étrange qu'on en fait?

8. On a compassion d'un homme méprisé, maltraité; Jésus-Christ est le seul aux outrages duquel on est insensible, que chacun même semble se faire un plaisir de maltraiter.

9. On fait taire les enfants dès qu'ils crient ou qu'ils pleurent dans la maison d'un honnête homme qu'on visite ; et on les accoutume, pour ainsi dire, par une indulgence criminelle, à être immodestes dans les Eglises, dès qu'ils savent marcher. On y est debout, on y rit, on y parle impunément, même pendant le Sacrifice. On est plus modeste dans une assemblée de divertissement, on apporte plus d'attention à une représentation profane qu'à la célébration de cet adorable Mystère. Les jeunes gens sont insolents jusqu'au pied des Autels, ils s'en

igS La dévotion au Sacré Cœur

font même gloire ; tandis que les Turcs n'osent pas seulement lever les yeux dans leurs Mosquées, et où ce serait un crime digne de mort de rire ou de parler.

10. Combien de maisons plus richement meublées que nos Temples ; combien de personnes auraient honte de porter sur leurs corps les pauvres ornements sur lesquels on repose le Corps de Jésus-Christ.

11. Que répondrait-on aux Hérétiques si, nous reprochant nos immodesties dans les Eglises, ils se disaient plus religieux que nous ? Si vous croyez que Jésus- Christ soit sur cet Autel et dans cette Hostie, vous qui entendez si bien les règles du devoir et de l'honnêteté civile, vous qui êtes si réservé, je ne dis pas dans le Palais et la chambre des Grands, mais dans la maison même de vos amis ; si vous le croyez, d'où vient que vous perdez ainsi tout respect à votre Dieu? Nous n'avons que du mépris pour vos Sacrements, nous pourrait dire un Hérétique, et ne nous apprenez-vous pas vous-même -à les mépriser?

12. On ne peut pas nier que les Païens n'aient traité saintement les plus profanes Cérémonies : les Chrétiens ont les plus saints de tous les Mystères et ils ne cessent pas de les profaner ! Qui mérite un jugement plus sévère, ou ceux-là qui ont été religieux jusqu'à la superstition, ou ceux-ci qui ont été impies jusqu'au sacrilège? Et n'avons-nous pas sujet de craindre que ces Infidèles ne nous fassent un jour notre procès?

i3. Mais tout le monde convient que c'est là la plus énorme de toutes les ingratitudes ; on en a horreur quand on y pense ; et cependant on est témoin de toutes ces impiétés, on a même peut-être autorité sur ceux qui les commettent, et on les leur laisse faire, et on est insensible à cet oubli, à cette indifférence, à ces outrages, à ces profanations, à ces sacrilèges !

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14. Jésus-Christ, toujours sensiblement touché de nos misères, est tous les jours méprisé, outragé, profané par toute sorte de personnes ; et qui est-ce qui s'en met en peine ? Et qui en est touché ?

O dureté ! ô effroyable insensibilité du coeur des hommes ! ô très adorable et très aimable Cœur de mon aimable Jésus ! Cœur digne du respect et de toutes les adorations des hommes et des Anges, Cœur vraiment digne de posséder tous les cœurs, de régner sur tous les cœurs ; quels doivent être vos sentiments à la vue de tant d'outrages? Mais quels doivent être les sentiments de mon cœur en vous voyant si mal traité ? Vous le voyez. Seigneur, combien je ressens toutes ces indignités. Prosterné ici humblement devant vous, je vous en fais amende honorable, et je vous en demande très humblement pardon. Que ne puis-je par quelque voie réparer tant d'outrages qu'on vous a faits ou du moins empêcher qu'on ne vous en fasse davantage ! Mais, aimable Sauveur, tous mes souhaits sont inutiles ; quand je donnerais tout mon sang, je ne saurais empêcher ni l'un ni l'autre ; mais, du moins, j'ai un cœur capable de vous aimer, capable de vous rendre quelques hommages, et voilà, mon Sauveur, ce qui me console ; j'ai un cœur et ce cœur vous aimera, et ce cœur n'aimera désormais plus que vous. Je vous offre avec ce cœur tous les désirs et tous les mouvements dont il est capable. Je vous offre, ô mon Sauveur, tout ce que je puis faire, aidé de votre grâce, capable de vous plaire ; tout ce qui peut être capable de vous honorer. J'invite et je prie humblement tous les Anges, tous les Bienheureux et même votre sainte Mère, de suppléer à mon impuissance et à mon désir. Je les prie de vous honorer, louer, adorer et aimer pour moi, et pour tous les hommes. Agréez même que pour vous honorer digne-

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ment, je vous offre vous-même à vous-même ; aussi puis-je dire que vous êtes à moi, et désormais tous vos désirs seront les miens. Je vous louerai, aimable Jésus, et je publierai partout que vous êtes le seul qui devez être aimé, servi, loué et éternellement honoré.

nie POINT

Le désir extrême que Jésus-Christ a de s'unir à nous.

CONSIDÉREZ que l'union des cœurs est le dernier effet de l'amour ; c'est aussi ce qu'a prétendu Jésus-Christ en instituant cet auguste Mystère où il fait toutes les actions d'un amant véritablement passionné pour les hommes, puisque c'est dans ce Sacrement que l'amour le fait sortir comme hors de lui-même pour ne vivre plus que dans l'objet aimé. Mysterium unitatis nostrœ in hac îuetisa consecravit, dit saint Augustin. Ce Sacrement est un Mystère d'union. Il est vrai que, par l'Incarnation, Dieu s'est uni parfaitement à notre nature , mais cette union hypostatique n'a pas été la fin de son Incarnation, comme l'union sacramentelle a été la fin de l'institution du Saint Sacrement. Il s'unit à notre nature pour avoir un corps susceptible des douleurs qu'il voulait souffrir pour nous; mais il ne se donne à nous dans l'Eucharistie que pour s'unir intimement à nous. Il nous invite à ce banquet par ses promesses : Venite ad me otnnes, et ego reficiam vos '.Il nous y porte par ses menaces : Nisi tnanducaveritis carnem Filii Hominis, non habebitis vitam in

1 Matth. XI, 28.

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vobisK 11 recommande qu'on nous y fasse entrer par force : Compelle intrare-. Enfin il met tout en usage pour allumer en nous un grand désir d'aller à lui, afin que rien ne s'oppose à celui qu'il a de venir en nous, et de s'unir étroitement avec nous. Fut-il jamais une plus grande preuve d'un plus ardent amour? Hé quoi. Seigneur ! avez-vous oublié les mauvais traitements que vous avez reçus parmi nous? Ou bien, est-ce que vous n'avez pas prévu ce à quoi l'excès de votre amour pour nous vous expose ? C'est pour vous un séjour bien agréable que le sein d'une personne chaste et fervente; mais combien en trouverez-vous? Pourrez-vous bien supporter la froideur de cette foule de lâches Chrétiens qui vous recevront, leur mépris, leur peu de foi, et surtout l'épouvantable corruption de leur cœur? Ce sont là de grands obstacles, surtout pour un cœur qui ne peut rien souffrir de souillé ; mais la force de son amour surmonte tout. Concevez, s'il est possible, quelle est la haine que Dieu a pour le péché : elle est infinie ; elle est moindre toutefois en quelque sorte que le désir qu'il a de venir en nous, puisqu'il aime mieux s'abandonner, pour ainsi dire, aux sacrilèges embrassements des plus infâmes pécheurs, que de renoncer aux délices qu'il goûte en s'unissant étroitement à ceux qui l'aiment. Voilà jusqu'à quel excès le Sauveur nous aime dans cet adorable Mystère. Qu'un Dieu ait voulu être lui-même notre récompense : Ego ero merces tua ^ quelle merveille ! Mais que Jésus-Christ lui-même soit notre nourriture, Caro 7nea vere est cibus et Sanguis meus vere est potus '', c'est un miracle d'amour qui

* Joan. VI, 54.

2 Luc. XIV, 23.

* Gènes, xv, 1.

* Joan. VI, 57.

nous passe, c'est une libéralité dans laquelle, pour ainsi dire, Jésus-Christ s'épuise. Ce sont là les effets de la tendresse et de l'amour immense du Sauveur.

RÉFLEXIONS

1. On croit cette merveille, et l'on est insensible à cet excès d'amour.

2. C'est une chose étonnante que le Sauveur veuille aimer jusqu'à ce point les hommes ; mais il est étrange que les hommes ne veuillent pas aimer ce divin Sauveur, et que nul motif, nul bienfait, nul excès d'amour ne puisse nous inspirer le moindre sentiment de reconnaissance.

3. Homme ingrat! homme insensible! que trouvezvous en lui qui vous rebute? Peut-être qu'il n'a pas encore assez fait pour mériter notre amour ? Hélas ! il a fait plus que nous n'aurions osé souhaiter, plus que nous n'en pouvons croire, plus en quelque sorte qu'il n'était séant à sa Majesté infinie ; et nous délibérons encore si nous répondrons à de si grandes avances, ou si nous continuerons à les mépriser.

4. Un témoignage d'amitié, un service rendu gagne le cœur des hommes ; il n'y a que Jésus seul qui, après s'être épuisé dans ce Mystère d'amour, après avoir donné tout ce qu'il a, après s'être donné lui-même aux hommes, ne gagne point leur cœur.

5. Tout le monde convient que Jésus-Christ nous aime infiniment, qu'il est infiniment aimable, qu'il a fait au delà de tout ce qu'on peut s'imaginer pour se faire aimer des hommes ; et cependant très peu de gens aiment véritablement Jésus-Christ.

6. D'où vient qu'il désire avec tant d'empressement de venir en nous, et qu'il faut nous contraindre d'aller

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à lui ? C'est qu'il nous aime passionnément et que nous ne l'aimons point du tout.

7. D'où vient qu'on sort de la Communion tout glacé, quoiqu'on s'y soit nourri du Sacré Cœur de Jésus-Christ, tout feu, tout amour? C'est que nous y allons avec un cœur tout plein des créatures, un cœur fermé et impénétrable aux traits de son amour ; c'est que notre cœur entre bien dans le Sien, mais le Sien n'entre point dans le nôtre ; c'est que nous serions même fâchés, pour ainsi dire, d'y entrer.

8. On aime mieux quitter la Communion que les vices. On serait obligé d'être plus réservé, d'aimer davantage Jésus-Christ, de mener une vie plus réglée, si l'on s'approchait plus souvent de ce Pain des Anges ; mais l'amour de Jésus-Christ leur parait incommode : ils aiment mieux s'abstenir plus longtemps de ce Pain de vie, et condamner même la fréquente Communion, parce que leur cœur a un dégoût extrême du Corps et du Cœur même de Jésus-Christ.

9. Je désire avec ardeur, avec empressement, pourrait dire aujourd'hui Jésus-Christ, de m'unir étroitement à vous ; desiderio desideravi, et guomodo coarctor ! et d'où vient qu'on n'oublie rien pour rendre inefficaces mes désirs ; et guomodo coarctor ' !^

10. Jésus-Christ désire de venir souvent en nous, sachant bien que c'est là l'unique moyen de nous en rendre tous les jours moins indignes; et il se trouve des Chrétiens qui, sous prétexte qu'ils n'en sont pas dignes, s'en rendent tous les jours plus indignes en se retirant de Jésus-Christ.

1 1. Si c'était là un véritable sentiment d'humilité, ces gens-là auraient infailliblement la vertu qui nous en

' Lw. XII. 5U.

204 ^<^ dévotion au Sacre Cœur

rend le plus dignes ; mais ce n'est que le dégoût du Corps de Jésus-Christ qui les oblige de s'éloigner et de condamner même ceux qui s'en approchent plus souvent.

12. La prétendue humilité de saint Pierre qui le portait à refuser que Jésus-Christ lui lavât les pieds, fut condamnée d'une manière si forte, qu'elle l'aurait perdu sans ressource s'il n'eût changé de sentiment. 5/ «on lavero te, non habebis partem mecum*. Combien de gens par un prétendu respect, par une fausse modestie s'éloignent de la vie, et se perdent sans ressource en s'éloignant de la sacrée Communion !

i3. Les Païens et les Peuples Barbares de l'Orient s'écriaient au seul récit de ce Mystère : O le bon Dieu que le Dieu des Chrétiens ! Qu'il est bienfaisant ! Qu'il est aimable ! Mais qu'auraient-ils pensé, si on leur avait dit que ce Dieu si aimable n'est presque point aimé des Chrétiens ; que non seulement cette viande si exquise n'excite point leur appétit, mais qu'ils en ont du dégoût, et qu'ils se servent même de cet état humble et obscur, où l'excès de son amour l'a réduit, pour commettre les plus grands sacrilèges et les plus exécrables profanations?

14. Quels doivent être les sentiments du Cœur sacré de Jésus, source de toute pureté, lorsqu'il est comme enseveli dans un cœur plein d'ordures, dans un cœur qui ne respire que haine, que vengeance, qu'imprécations contre le Sauveur même qu'il reçoit ! Mais quels doivent être les nôtres, sachant avec quelle malice on traite cet innocent Agneau qui ne dit mot parmi tant de mépris et tant d'outrages, qui se laisse mener à l'Autel, qui s'y laisse égorger pour notre salut!

' Joan. xîii, 8.

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i5. Une si excessive bonté, une si grande douceur ne vous touchera-t-elle point? Elle a attendri le cœur de son Juge, elle a changé en respect et en amour l'insolence et la rage de ses bourreaux, elle a amolli la dureté des cœurs des peuples les plus barbares ; n'y aurat-il que notre cœur qu'elle ne puisse fléchir?

i6. Tout le monde frémit d'horreur au seul récit de la trahison de Judas, et de la rage des Juifs ; nous sommes tous les jours témoins, et peut-être complices des sacrilèges et des outrages qu'on fait à cet aimable Jésus dans cet adorable Mystère, et nous n'en sommes pas touchés.

17. In conspectu tuo sunt omnes qui tribulant ine. Tu as devant les yeux ceux qui me traitent si mal dans ce Sacrement d'Amour, nous dit-il par son Prophète ; tu es témoin de leurs irrévérences. Improperiujn expectavit Cor meum, mon Cœur exposé à tant d'indignités, y souffre leurs outrages avec patience ; et sustinui qui simul contristaretur, j'ai cru qu'il se trouverait du moins quelqu'un qui prendrait part à mes douleurs; et non fuit, j'ai attendu jusqu'ici, et personne ne se présente ; et qui consolaretur, j'ai attendu quelqu'un qui tâchât de réparer par son amour, par ses adorations et par ses hommages, les indignités qu'on fait souffrir à mon Cœur, et le mépris qu'on fait de mon amour ; et noji inveni, et je n'en trouve point '.

Non, non, Seigneur! il ne hera pas dit que vous soyez ainsi abandonné ; je mettrai fin à de si justes plaintes. Est-ce ainsi, mon aimable Sauveur, qu'on répond à votre amour? Pourquoi nous avez-vous tant aimés? Mais plutôt pourquoi vous aimons-nous si peu ? Pourquoi ne vous aimons-nous point? Je ne me suis pas

^ Psalm. Lxvin, 21, 22.

2o6 La dévotion au Sacré Cœur

contenté d'être insensible à l'amour et aux sentiments de tendresse de votre Cœur, d'être insensible aux outrages qu'on vous a faits ; j'ai voulu être moi-même du nombre de ceux qui vous ont fait ces outrages. Mon aimable Sauveur, dont le Cœur est toujours brûlant de mon amour, toujours ouvert pour me recevoir, toujours prêt à me faire miséricorde, pardonnez-moi l'oubli que j'ai eu de vous jusqu'ici ; pardonnez-moi ma tiédeur, mon peu de foi, mes irrévérences, et recevez l'Amende honorable que je vous en fais ici prosterné devant vous. Vous pensez sans cesse à moi dans cet auguste Sacrement, sans cesse vous m'y aimez, et vous n'y avez pour moi que des sentiments de tendresse, et je vous y oublierai, Seigneur! Et je n'aurai pour vous que de l'indifférence ! Et je ne vous aimerai point ! Ah ! mon Dieu ! que je cesse de vivre, si je dois continuer de vous aimer si peu. Que mon cœur soit anéanti, s'il doit être désormais insensible pour le plus grand de tous les bienfaits, c'est-à-dire, pour vous. Seigneur, qui en vous donnant vous-même à nous, nous avez fait le présent le plus précieux, et la plus signalée faveur que vous puissiez nous faire.

Audi, Israël, quid nunc requirit Do^ninus aut quid petit a te. Ecoute, Chrétien, ce que le Seigneur demande de toi : nisi ut diligas eum ifi toto corde tuo '. Il demande que tu l'aimes, il ne demande que ton cœur. Quoi ! que je vous fasse demander mon cœur, après m'avoir donné de si bonne heure le Vôtre ! Que je vous fasse demander ce cœur, que je vous le refuse même, quoique je le donne, que je le prodigue tous les jours aux créatures ! Ah ! mon aimable Jésus ! si maintenant je vous l'offre, daignerez-vous bien l'accepter ?

' Deuter. x, 13.

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Cor contritum et humiliatum Deus non despicies^ . Il est contrit ce cœur, il est humilié, il ne saurait manquer, Seigneur, de vous être agréable. Recevez-le donc, ce cœur que je vous offre avec tous les mouvements dont il est capable, pour vous honorer et pour vous aimer le reste de mes jours. Le plus grand nombre des années de ma vie sont passées et sont perdues, puisque je ne vous ai pas aimé; mais les plus heureuses me restent, puisque désormais je vous aimerai. Diligam te Sacratissimum Cor Sahatoris mei Jesu pro me vulneratum. Je vous aimerai, adorable Cœur de mon aimable Jésus, je vous aimerai, ô Sacré Cœur blessé sur la Croix par mes péchés, blessé dans l'Eucharistie de mon amour, diligam te ! Je vous honorerai le reste de ma vie, et c'est à vous que je consacre le reste de mes jours ; vous serez mon repos, mon séjour ordinaire et ma retraite : Hœc requies mea, hic habitabo. Qu'on ne me cherche plus ailleurs, on ne me trouvera plus désormais que dans le Cœur de mon aimable Jésus. Hic fidenter habito, hic me jucunde reficio, hic quiesco suaviter, hic pascor delectabiliter. Ce Sacré Cœur est le lieu de ma demeure, ce Cœur sera ma nourriture, c'est dans lui que je me reposerai de toutes mes fatigues, et brûlant du même feu d'amour dont il brûle, ce sera dans lui, avec lui, et lui-même que j'aimerai !

> Pmlin. L, 18.

2o8 La dévotion au Sacré Cœur

On finira par la prière suivante.

ANIMA Christi sanctifîca me.

Cor Christi accende me.

Corpus Christi salva me.

Sanguis Christi inebria me.

Aqua lateris Christi lava me.

Passio Christi conforta me.

Mater Christi ora pro me.

O bone Jesu exaudi me.

Intra tua vulnera absconde me.

Ne permittas me separari a te.

Ab hoste maligno défende me.

In hora mortis meae voca me.

Et jubé me venire ad te.

Ut cum Sanctis tuis laudem te.

In saecula saeculorum. Amen.

Pater, Ave, etc.

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