AOUT
.POUR LE 2^ VENDREDI d'aOUT.
Ex hoc tnulti Discipulorum ejus abierunt rétro, etjam non cu?n illo ambulabant. Dixit ergo Jésus ad duodecim : Numquid et vos vultis abire ? — Joan. vi, 67 et 68.
de N.-S. Jésus-Christ. III^ Partie. 247
Dès lors plusieurs de ses Disciples se retirèrent de sa suite, et ils n'allaient plus avec lui. Jésus sur cela dit aux douze Apôtres : Et vous, ne voulez-vous point aussi me quitter? — Jean, vi, 67 et 68.
CETTE demande venait d'un Cœur trop embrasé d'amour, et elle était elle-même une preuve trop visible d'une tendresse extrême, pour ne pas engager ceux à qui elle s'adressait à aimer encore plus ardemment Jésus-Christ. Elle eut aussi tout l'effet que ce divin Sauveur en attendait, et cette nouvelle ferveur dans les Apôtres le consola un peu de l'affliction que lui causait l'éloignement de ceux qui venaient de le quitter. Jésus-Christ nous fait souvent la même demande, et pour le même sujet. Que nous serions heureux si elle avait le même effet ! Tous les jours cet aimable Sauveur se voit abandonné de ces lâches Serviteurs qui, ennuyés de ses bienfaits, se retirent de sa suite ; on le laisse seul. Serviteurs fidèles, Chrétiens fervents, entendez la demande que Jésus-Christ vous fait : Et vous, vous dit-il, ne voulez-vous point me quitter ? N'êtes-vous point dégoûtés de cette divine nourriture et ennuyés de mon service ? Ne faites-vous point comme ceux qui se retirent et qui ne me viennent rendre leurs hommages que dans la foule, par coutume, ou en passant?
MÉDITATION
POUR LE 3^ VENDREDI d'aOUT.
Dixit illi Jésus : Vulpes foveas hahent, et volucres cœli nidos ; Filius autem homiyiis non habet ubi caput reclinet. — Luc. ix, 58.
248 La dévotion au Sacré Cœur
Jésus lui répondit : Les renards ont leurs tanières, et les oiseaux du ciel leurs nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer la tête. — Luc, ix, 58.
AVEC quel sentiment Jésus-Christ faisait-il cette sorte de plainte? Mais du moins, n'exagérait-il point en se plaignant ainsi ? Est-il vrai que Jésus- Christ ait été persécuté partout, et partout maltraité? Hélas ! la persécution a prévenu le temps de sa naissance ; il n'est pas plus tôt né, qu'il est obligé d'aller chercher un asile chez dés Idolâtres! 11 se plaint luimême des mauvais traitements qu'il a reçus à Nazareth ; on le chasse de Jérusalem, on lui refuse l'entrée des bourgs de Samarie, il est obligé plusieurs fois de se rendre invisible pour se dérober à la fureur de ceux qui le veulent faire mourir, avant que le temps qu'il a choisi soit arrivé. Mais enfin ce temps de mépris et de persécution n'a-t-il pas fini avec sa vie mortelle? Oui, il aurait cessé, s'il n'eût pas institué le très Saint Sacrement. Eh quoi ! Jésus-Christ ne sera-t-il pas à couvert des insultes et des outrages des impies dans cet adorable Mystère ? Qui pourrait en douter ? Qui ? Des Barbares, des Canadiens, des Idolâtres en douteraient, et ils ne pourraient jamais le croire, pourvu qu'ils ne connussent point de Chrétiens. Mais les Chrétiens euxmêmes en peuvent-ils douter, eux qui sont témoins du mépris que l'on fait de Jésus-Christ dans l'adorable Eucharistie, eux qui ne sont peut-être pas même touchés du mépris que l'on fait de Jésus-Christ?
MÉDITATION
POUR LE 4*^ VENDREDI d'aOUT.
At ipse nihil illi respondebat.... Sprevit autem illum
de N.-S. Jésus-Christ. III'-' Partie.
Herodes cum exercitu suo : et ilhisit indutum veste alba et remisit ad Pilatum. — Luc. xxiii, q et i i .
Jésus ne répondait rien. Ainsi Hérode avec ses gardes le méprisa, et l'ayant traité avec moquerie, le revêtit d'une robe blanche, et le renvoya à Pilate. — Luc, XXIII, g et i i .
QUE cette patience est héroïque, que cette douceur est aimable, que ce silence est admirable; qu'il est éloquent, et qu'il nous donne de belles leçons ! Mais, mon Dieu , que ces grandes vertus qui seules étaient des preuves éclatantes de sa divinité, et qui devaient lui attirer la vénération et l'amour de tout le monde, que ces vertus, dis-je, lui attirent de mépris ! Votre patience prodigieuse, mon aimable Sauveur, et votre silence admirable, à la vue de tous les outrages que vous souffrez dans l'adorable Eucharistie, n'ont-ils pas un effet tout semblable ? Si la moindre irrévérence, une seule Communion indigne étaient sévèrement punies sur-le-champ, on ne serait pas si immodeste, ni si impie. Mais ce divin Sauveur qui a châtié si rigoureusement dès cette vie les moindres injures qu'on a faites à ses Serviteurs, souffre lui-même, sans dire mot, le mépris qu'on fait de sa Personne adorable dans ce Mystère ; et il aime mieux s'exposer aux outrages des pécheurs par sa grande patience, que d'éloigner de la Table sacrée une âme juste en lui inspirant cette frayeur. Mon Dieu, que ce silence de Jésus-Christ dans l'adorable Eucharistie me fait de belles leçons!
2 5o La dévotion au Sacré Cœur