‹ La dévotion au Sacré-Cœur de N.-S. Jésus-ChristChapitre 76 sur 90 · dévotioji au Sacré Cœur · texte numérisé non relu

dévotioji au Sacré Cœur

Quel malade lui a-t-on présenté qu'il ait refusé de guérir, quel malheureux s'est adressé à lui, qu'il n'ait pas voulu soulager? Cette rage, cette fureur des Juifs nous étonne, et certainement elle serrait le Cœur à Jésus-Christ. Mais , mon Sauveur , ne se trouve-t-il pas encore aujourd'hui des cœurs qui conservent une haine semblable contre le plus auguste et le plus aimable de tous vos Sacrements ? Combien y a-t-il d'Hérétiques qui , refusant de vous reconnaître dans ce chef-d'œuvre de votre amour, crient encore tous les jours : Nous ne voulons point de celui-ci ! Combien y a-t-il de méchants Catholiques qui, en refusant de vous recevoir sous quelque faux prétexte que ce soit, ou en vous recevant indignement, crient encore : Nous ne voulons point de celui-ci ! Enfin combien de personnes qui passent pour mener une vie assez réglée, qui, par leur oubli, par leur indifférence à votre égard, et par la peine qu'elles ont à vous rendre visite dans cet adorable Mystère, ne font que trop voir qu'elles n'ont que faire de vous? N'ai-je pas été, ne suis-je point moi-même de ce nombre ?

MEDITATION

Ego veni in riomine Patris met, et non accipitis 7ne , si alius venerit iji nomiiie suo, illum accipietis. — Joan. V, 43.

Je suis venu au nom de mon Père et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son nom, vous le recevrez. — Jean, v, 43.

de A.-S. Jésus-Christ. III^ Partie 245

QUE ce reproche est raisonnable ! Mais qu'il est sensible , et qu'il fait voir une grande douleur dans le Cœur de celui qui le fait ! Quels sentiments aurait un Prince, voyant qu'on reçoit avec tant d'honneur le moindre serviteur de son Père, tandis qu'on le traite lui-même avec le dernier mépris ? On a du respect pour un homme qu'on sait être envoyé de Dieu. Les Reliques de ceux qui ont donné leur sang pour Jésus-Christ nous inspirent je ne sais quelle vénération que ces généreux Martyrs méritent. On entreprend même, avec de grandes incommodités, de longs voyages pour leur rendre l'honneur qui leur est dû, et cette piété est solide et louable. Mais notre conduite en ceci est-elle raisonnable, lorsque Jésus-Christ, lui-même réellement présent en tout temps dans l'adorable Eucharistie, ne peut attirer nos respects ? On ne sent nulle dévotion pour le Saint Sacrement, on n'a que du dégoût pour cette divine nourriture, on est immodeste jusqu'au pied des Autels, on ne trouve jamais le loisir de lui rendre visite, on ne peut se résoudre à lui faire un peu plus assidûment la cour.

■ MÉDITATION

Qui manducat mecum panem levabit contra me calcaneum suum.... Cujn hœc dixisset Jésus, turbatus est spiritu et protestatus est, et dixit : Amen, atnen, dico vobis, quia unus ex vobis tradet me. — Joan. xiii, 18 et 21.

Celui qui mange du pain avec moi lèvera le pied

contre moi Jésus ayant dit ces choses se troubla en

son esprit, leur déclara ce qui lui devait arriver, et leur

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dit : En vérité, en vérité, je vous le dis : Un de vous me trahira. — Jean, x\\\, 18 et 21.

IL fallait un grand sujet de douleur pour troubler un Cœur aussi intrépide que celui de Jésus-Christ. Mais le mépris qu'on fait du très Saint Sacrement de l'Autel, lui est un sujet de douleur des plus sensibles et qu'il ne saurait dissimuler. Ce divin Sauveur allait instituer le très Saint Sacrement; son amour le sollicite, le presse, mais son esprit lui représente distinctement tous les outrages auxquels ce Mystère l'allait exposer. Ce triste objet jette son Cœur dans un abîme d'affliction ; il voit, et ces Hérétiques qui, ne voulant pas croire qu'il nous ait aimés jusqu'à cet excès, se serviront de cet excès d'amour pour lui faire les plus cruels outrages, et ces Impies qui, faisant profession de le croire, commettront de si horribles sacrilèges. Si ce divin Sauveur avait fait pour les Démons la centième partie de ce qu'il a fait pour les hommes, en serait-il aussi maltraité ? Hé quoi, mon divin Sauveur ! ces indignités et ces ingratitudes ont pu vous troubler et n'en serai-je jamais touché moi-même?

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