A MONSEIGNEUR STADLER
VOUS ave s^ fondé en son honneur une Revue bosniaque destinée à soutenir ses intérêts : en un mot, vous n'ave^ laissé échapper aucune occasion de répandre et d'implanter autour de vous votre Dévotion préférée.
Un jour, par un hasard on ne peut plus providentiel, un exemplaire français du Livre du Père Croiset tombe sous vos veux, et dès les premières pages, à votre grande joie, vous découvre^ en lui un précieux auxiliaire. Ne soupçonnant pas qu'il eût jamais été frappé d'aucune censure, ne voyant en lui qu'un instrument merveilleusement propre à seconder vos pieux projets, vous concevez le désir de le mettre à la portée de votre peuple en le faisant passer dans sa langue. Une traduction est Jiécessaire : au lieu de vous reposer sur un autre du soin de l'exécuter et malgré vos nombreuses occupations, vous vous en charge^ vousmême. Cette traduction est promptement terjninée, déjà même elle était imprimée, et vous allie^ en faille jouir les fidèles, quand vous apprenez que vous ave^ pris une peine bien inutile, que votre traduction ne peut légitimement voir le jour, que le Livre qu'elle reproduit est condamné.
Votre embarras est extrême. Monseigneur, que faire ? Passer outre et mettre en circulation un ouvrage dont Rome interdit la lecture ?... Non certes, et vous n'ave^ jamais eu semblable pensée. Pasteur à l'égard de votre propre troupeau, vous