XIV LETTRE DE L EDITEUR
VOUS faites gloire de n'être qu'une humble brebis, la plus docile de toutes, à l'égard du Successeur de Pierre. Vous allieîi donc être réduit à retenir captif un Livre sur la diffusion duquel vous avie^ fondé de si belles espérances !... Non encore, le Ciel n'a pas exigé de vous ce sacrifice. Pour sortir de peine, une issue restait encore à Votre Grandeur, mais il ne restait que celle-là : aller droit à la Congrégation de l'Index et obtenir d'elle le retrait de son Décret. Dans les circonstances ordinaires tenter une pareille entreprise eût été presque certainement courir à un de ces échecs dont on ne se relève pas, puisqu'il est à peu près inouï que le Tribunal auquel vous devie^ vous adresser soit revenu sur une décision. Mais le Sacré Cœur pour qui vous combattiez devait vous donner la victoire, tout en vous la faisant acheter par de nouveaux efforts.
Vous ne perde^ pas un instant pour écrire au Saint-Office, vous lui soumette^ votre travail en le lui envoyant, vous vous déclare^ prêt à y introduire toutes les corrections qu'on jugerait nécessaires, et vous supplie^ instamment que dans ces conditions vous soye^ autorisé à le faire paraître.
Contre votre attente, la réponse n'est rien moins que favorable. On vous mande qu'on ne peut déférer à votre requête. Au surplus, ajoutait-on, il ne manque pas « de livres de bonne doctrine » à qui voudra les publier en Bosnie pour y répandre la Dévotion au Sacré Cœur.