‹ La Diathermo-coagulation monopolaire en petite chirurgie ano-rectaleChapitre 4 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le but que nous avons poursuivi en entreprenant ce travail a été d'exposer le traitement ambulatoire des affections bénignes de la région ano-rectale par la diathermo-coagulation monopolaire. Nous pensons, après dé minutieuses recherches, que cet ouvrage est le premier à décrire cette application de la méthode monopolaire qui jusqu'à présent n’était guère sortie du domaine de la dermatologie.

Après avoit décrit notre façon d'opérer, nous insisterons sur les différents points qui nous font préférer là méthode monôpolaire aux méthodes bi: polaires ; én particulier sur la maniabilité ét sur le caractère strictement ambulatoire des cures que l'on réalise ainsi. En effet, les méthodes bipolaires éxposent däns là majorité des cas à des réactions postopératoires importantes, marquées par de l’œdèmé ét par des doùleurs parfois ässez vives pour immo biliser lé malade plusieurs jours au lit. Ces réactions sont d'ailleurs imprévisibles quel que soit le malade ou l'affection traitée. L'on ne s'expose pra: tiquément pas à ces inconvénients en ayant recours à la méthode qué nous allons décrire.

Les affections ano-rectales justiciablés de la diathermo-coagulation monopolaire sont : lés hémorroïdes; les néoformations bénignes ano-rectales; certaines fissures.

Les Hémorroïdes. —— Ce furent les premières affections ano-rectales auxquelles Rachet appliqua la méthode monopolaire, et c’est particulièrement

dans ce domaine que s'affirme la supériorité de la méthode. Signalons dès maintenant que nous ne présentons pas la diathermo-coagulation monopolaire comme un traitement capable de s'opposer aux injections sclérosantes qui restent pour nous un excellent agent thérapeutique. Nous la considérons comme un traitement complémentaire de la cure sclérosante ; ce n'est que pour certaines variétés d'hémorroïdes, rares d’ailleurs, que l’on pourra recourir d'emblée à la diathermo-coagulation. Nous ferons donc précéder notre exposé du traitement diathermique des hémorroïdes par une classification qui nous permettra de préciser les indications respectives de la cure sclérosante et de la diathermie.

Cette notion d'indications nous paraît d’une importance primordiale, elle est cependant négligée par la plupart des auteurs qui prennent parti pour l’une des deux méthodes à l'exclusion de l’autre. Cette attitude nous paraît trop rigoureuse, il suffit à notre avis d'envisager séparément chaque variété d'hémorroïde, d'étudier quel traitement sera le mieux approprié à tel cas particulier pour s’apercevoir que ces deux méthodes, loin de s’exclure, se complètent. Les indications que nous donnerons fixeront dans les grandes lignes la conduite à tenir, mais dans ce domaine comme dans toutes les branches de la médecine c’est le praticien qui restera seul juge de la façon de combiner ces deux excellentes armes thérapeutiques pour le plus grand bien du malade.

Les Fissures. — Plus encore que les hémorroïdes, toutes les fissures peuvent être traitées médicalement. Ici encore le médecin possède deux traitements différents qui ne s’excluent pas l’un l’autre mais qui présentent des indications différentes :

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a) L’injection sous-fissuraire d’une solution caustique préconisée par Bensaude ; cette méthode douloureuse a été améliorée en remplaçant la solu-

tion caustique par une solution anesthésique hui-

leuse. Cette injection entraîne la cessation immédiate du spasme sphinctérien rapidement suivie de la cicatrisation de l’ulcération :

b) Le curettage diathermique de l’ulcération que nous décrirons plus loin.

Chacun de ces agents thérapeutiques correspond à un stade déterminé de l’évolution fissuraire. Nous décrirons minutieusement cette évolution pour en tirer les indications respectives des deux traitements.

Les Polypes et Néoformations bénignes ‘anorectales peuvent tous être enlevés par la diathermocoagulation monopolaire. Nous envisagerons la technique propre à chacune de ces tumeurs. Signalons cependant qu'en présence d’une tumeur villeuse l’on ne s’entourera jamais trop de précautions pour affirmer sa bénignité.

Enfin, nous ferons précéder ces trois parties essentielles de notre travail par quelques pages où nous exposerons brièvement quelques notions électriques relatives à la production et à l’utilisation des courants de haute fréquence.

Nous nous excusons de cette digression, mais il nous a paru nécessaire de définir exactement ce que nous entendons par ce terme de « diathermocoagulation monopolaire » ; en effet, nous l’avons trouvé employé dans plusieurs publications alors que l’on décrivait sous ce nom des méthodes bipolaires.

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