‹ La Diathermo-coagulation monopolaire en petite chirurgie ano-rectaleChapitre 6 sur 34 · RENE: CES · texte numérisé non relu

RENE: CES

La température à laquelle sont portés les tissus doit être déterminée d’une façon précise ; en effet, pour détruire les tissus, il suffit de provoquer la coagulation des albumines les constituant, celle-ci est obtenue vers 70°. Si l’on élève la température au delà de ce chiffre, les tissus perdent leur eau de constitution, entrent en ébullition et se dessèchent complètement : des étincelles jaillissent de l’électrode. Il s’agit alors d’une calcination (plus de 100°) et non plus d'une coagulation.

Définition. — La diathermo-coagulation est donc une méthode par laquelle on recherche une coagulation localisée des tissus (donc leur destruction) grâce à un excès de la température locale ; cette élévation de la température étant due à la chaleur dégagée au sein du tissu lui-même par le passage d’un courant alternatif à haute fréquence.

Nous allons maintenant envisager successivement : la production des courants haute fréquence, les différents modes d'utilisation de ces courants, le réglage de la quantité de chaleur dégagée, enfin nous rappellerons les avantages de la diathermocoagulation sur la thermo-coagulation.

Facteurs déterminant le degré d'élévation de température des tissus.

Ces facteurs sont au nombre de trois : la quantité de chaleur dégagée, la surface des électrodes, la conductibilité thermique des tissus.

1° La quantité de chaleur dégagée lors du passage d’un courant haute fréquence dans l'organisme peut grossièrement être déterminée par la formule de Joule :

Q calories = k RFt

NLATA

Sans doute cette formule ne s'applique pas rigoureusement aux courants haute fréquence traversant l'organisme humain. En particulier, le facteur R ne traduit pas une résistance mais une impédance, c'est-à-dire un complexe électrique dans lequel interviennent : des résistances, des capacités et des effets de self ; or la valeur de cette impédance varie chez un même sujet suivant la fréquence du courant considéré.

Pour notre sommaire discussion, cette formule

peut être considérée comme vraie, elle nous montre

que les deux facteurs sur lesquels nous pouvons agir pour modifier la quantité de chaleur produite sont Let ti. |

Facteur intensité. — La quantité de chaleur dégagée est proportionnelle au carré de l'intensité. C’est dire que lorsque l'intensité du courant s'élève la destruction tissulaire devient rapidement violente et brutale. |

Facteur temps. — Ici il y a proportionnalité directe entre le temps de passage du courant et la quantité de chaleur dégagée.

| C'est sur ces deux facteurs que l'opérateur interviendra pour modifier la quantité de chaleur dégagée. Mais la quantité de calories produites ne suffit pas à déterminer l'élévation de la température des tissus, deux autres facteurs interviennent : la surface des électrodes et la conductibilité des tissus.

2° La surface des électrodes.

| Nous venons de dire que la quantité de chaleur dégagée dépend de l'intensité du courant et de son temps de passage, donc de la quantité de watts apportés. Elle est donc indépendante de la surface de l’électrode.

TT

Pour obtenir une élévation importante de la température des tissus, il nous suffit donc de concentrer toutes les calories produites en un point très localisé et pour cela d'utiliser des électrodes de très petite surface. On atteint ainsi très facilement une température suffisante à la destruction de ces tissus (70°).

En diathermo-coagulation on a recours à deux types d’électrodes : les unes destinées à la diathermocoagulation en surface (petites sphères, pinces, serre-nœuds), les autres destinées aux coagulätions en profondeur sont constituées par des aiguilles. Dans tous les cas, les surfaces de contact entre électrodes et tissus sont très réduites, ces électrodes au niveau desquelles on recherche une destruction sont dites : électrodes actives.

Par contre il est indispensable qu’au niveau d’autres électrodes on n’observe aucune destruction. Il suffit qu'elles entrent en contact avec les téguments par une large surface, de cette façon la chaleur dégagée est suffisamment dispersée pour ne produire qu'une élévation de température peu appréciable, ces électrodes sont dites passives.

Les électrodes passives sont constituées par des grilles ou des plaques métalliques malléables que lon moule sur la région dorso-lombaire le plus souvent ; si elles ne sont pas bien au contact de la peau des étincelles jaillissent. Aussi on les remplace aujourd’hui par le diélectrique souple de Bordier dans lequel le réseau métallique est noyé dans une substance isolante, il suffit au malade de s’allonger sans même se déshabiller sur ce diélectrique, le passage du courant est possible grâce aux phénomènes de capacité, aucun risque d'étincelle.

3° La conductibilité thermique des tissus.

Ce facteur, totalement indépendant des phénomènes électriques, a une importance considérable dans l’élévation de la température locale des tissus. En effet, lorsque cette conductibilité est grande, les calories qui apparaissent au contact de l’électrode

diffusent au fur et à mesure ; il faudra donc créer

à ce niveau, pour obtenir la même température, une

plus grande quantité de châleur que s’il s'agissait

d'un tissu peu conductible. Cette conductibilité thermique est essentiellement liée à la vascularisation, la circulation sanguine tendant à égaliser la température entre les tissus. Donc, pour amener une hémorroïde à la température de coagulation de 50°, il faudra lui fournir un courant plus intense ou plus prolongé que celui nécessaire à coaguler un papillome par exemple.

Production des courants haute fréquence.

On utilise deux types d'appareils : 1° l’appareil classique de Darsonval à éclateur ; 2° les appareils

à lampe triode.

I. — Appareil à éclateur. Cet appareil répond au schéma suivant :

Fieure N° :

a) Principe des circuits oscillants à éclateur (Type Darsonval). Les bornes d’utilisation sont placées directement aux extrémités du self.

b) Les bornes d'utilisation sont placées en dérivation en deux points quelconques du self.

c) Le circuit d'utilisation est branché sur le self S’. Le self S agit par induction sur ce self S’.

— Un circuit primaire P dans lequel passe un courant alternatif à basse fréquence.

— Un circuit secondaire comprenant un éclateur E, des condensateurs GC et GC, une self S se prolongeant en résonateur de Oudin R.

Les condemateurs se déchargent lorsque jaiïllit

ES a

um QT —

l'étincelle. Le courant de décharge ainsi produit est un courant alternatif de haute fréquence constitué

d'une succession de trains d'ondes amorties (figure n° II, courbe b).

+ dent sue ame

ste susenms © hp

Froure N° 2

V= Différence de potentiel.

T= Temps. | E : E’= Moment où jaillit l’étincelle à l’éclateur. a) Variation de potentiel du courant induit.

b) Aspect général des väriations de potentiel du courant

de décharge des condensateurs : Succession de trains d’ondes

amorties à haute fréquence. (Une étincelle comporte beaucoup plus de trains d’ondes qu’il n’y en a de représentés sur la figure).

c) Aspect général des variations de*potentiel du courant oscillatoire à haute fréquence fourni par une lampe triode :

La fréquence ainsi obtenue et utilisée médicalement est de l’ordre de 500.000 à 1 million.

Ce courant constitué de trains successifs d'ondes amorties a des valeurs instantanées très importantes, atteignant jusqu’à 30 fois la valeur du courant moyen. C’est à cela qu’il doit son action coagulante très marquée.

IT. — Appareil à lampe triode.

Avec ces appareils, l’on obtient un courant haute fréquence constitué de trains d'ondes entretenues. Les valeurs instantanées de ces oscillations ne sont jamais supérieures à 8 fois le courant moyen (figure IT, courbe c).

L'action coagulante est de ce fait beaucoup moins marquée qu'avec le tvpe précédent d'appareil. Elle ne peut être obtenue qu'en utilisant une électrode en forme de boule avec laquelle on ne peut déterminer que des coagulations superficielles. Si l’on utilise une aiguille, un effet de coupe s’amorce aussitôt, l'appareil tend à fonctionner en bistouri électrique et non plus en diathermo-coagulation.

Lors de la cure des hémorroïdes, si l’on s’adressait à ce type d'appareil, l’on risquerait de sectionner l’hémorroïde avant de l’avoir coagulée, d’où hémorragie importante. | |

La petite chirurgie ano-rectale fera donc toujours appel aux appareils à éclateurs. Nous ne nous

arrèterons donc pas plus longuement à décrire les appareils à lampe.

‘ondes entretenues (la partié négative des oscillations du couxant induit ne donne aucun courant dans le circuit oscillant).

Note : Les échelles employées pour la construction des courbes b et e sont différentes, en effet, le voltage maximum obtenu avec les appareils à écliteui est bien supérieur à celui fourni par la lampe triode. Par contre, celle-ci donne naissance à des oscillations plus régulières.

a on mL lg nt

LS AB Différents modes d'utilisation

Il existe deux grandes variétés d'utilisation de ces courants haute fréquente : utilisation en tension et utilsation en intensité.

Pere Utilisation en tension :

Le courant utilisé est caractérisé par-un voltage élevé : 5.000 à 30.000 volts et une intensité faible. L'électrode unique est reliée au résonateur de Oudin (solénoïde prolongeant la sef, voir figure 1).

Ces applications en tension peuvent se faire suivant deux techniques : l’effluvation et la fuléuration,

1° Effluvation. Dans cette méthode l’électrode conductrice n’est pas au contact de la peau, elle peut en être séparée par une lame isolante (électrode de Delherm, de Vignal), ou bien elle est placée au centre d'une ampoule contenant un gaz raréfié (électrode de Mac Intyre). Lors du passage du courant, on observe une luminescence de ce gaz ou bien des étincelles de condensation apparaissent (électrodes de Delherm, Vignal), mais ces étincelles relativement froides ne détruisent pas les tissus. L’effluvation est une méthode médicale déterminant une révulsion intense et produisant de l'ozone au contact des tissus.

2° Fulguration. L'éléctrodé n’est pas isolée, on l’approôché très près de la peau mais sans éntrer en contact (moins de 5 *”), les étincelles qui jaillissent alors sont capbles de déterminer une destruction tissulaire peu intense.

C’est une méthode chirurgicale utilisée pour la destruction des nécformations cutanéo-muqueuses béniones, particulièrement en oto-rhino-laryngolo: gie et en urologie.

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