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CHAPITRE IV

DE LA POXCTUATIOIV.

« Toutes les fois qu'on demande à un élève de ponctuer, il s'imagine qu'on lui fait une recommandation inutile et ridicule... On le désoblige en insistant; on l'étonné en lui apprenant que l'art de ponctuer offre de sérieuses difficultés, et qu'il faut l'apprendre avec beaucoup d'efforts...

« Ponctuer, c'est établir des rapports très complexes entre une idée générale et des idées relatives ; c'est situer ces difféi'entes idées, sur différents plans, et ne ponctue pas ainsi qui veut (1). »

En effet, la ponctuation est d'une extrême importance, et elle offre quelquefois de grandes difficultés. Aussi bien elle est souvent une opération de lintelligence, et à ce titre aurait dû être étudiée seulement dans la deuxième partie de cet ouvrage. Mais elle est de nécessité tellement élémentaire que nous avons tenu à nous en occuper dès maintenant, en nous plaçant aux différents points de vue qui suivent :

A) Quelquefois la po?ictuatioîi écrite dirige absolulument la ponctuât loîi orale.

En ce cas, il faut signaler la ponctuation écrite soit par un temps d'arrêt (2) (respiration ou simplement léger silence), it par un changement dans le ton ou l'inflexion de la voix.

1*^^ Exercice.

Il est encore une manière plus simple de trancher la question ; c'est de dire : Nous ne voulons plus de la

(1) G. Berr et R. Delbost, op. cit.

(2) La longueur de ce temps d'arrêt est variable et impossible à déterminer d'une façon absolue. Un point peut être équivalents une virgule, et réciproquement.

branche aînée des Bourbons. Et pourquoi n'en voulezvous plus ? Parce que nous sommes victorieux ; nous avons triomphé dans une cause juste et sainte : nous usons d'un double droit de conquête.

Très bien : vous proclamez la souveraineté de la force. Alors gardez soigneusement cette force ; car, si elle vous échappe, vous serez malvenus à vous plaindre...

J'ai transporté le combat sur le terrain de mes adversaires ; je ne suis point allé bivouaquer dans le passé, sous le vieux drapeau des morts, drapeau qui n'est pas sans gloire, mais qui pend le long du bâton qui le porte, parce qu'aucun souffle delà vie ne le soulève. (Chateaubriand, Chambre des Pairs, 7 août 1830.)

B) La ponctuation orale doit suppléer à certaines absences dans la ponctuation écrite (1).

Dans le morceau suivant, nous représentons par le signe | les ponctuations nécessaires qui ne sont pas indiquées orthographiquement.

2" Exercice.

Du tombeau | quand tu veux, tu sais nous rappeler. Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites. Ils ne s'assurent point sur leurs propres mérites, Mais en ton nom | sur eux invoqué tant de fois. En tes serments | jurés au plus saint de leurs rois. En ce temple | où tu fais ta demeure sacrée Et qui doit | du soleil égarer la durée.

(Racine, Atlialie^ acte III, se. vu )

C) Toute phrase incidente doit être détachée et mise à son plan.

L'importance de cette règle est facile à saisir pour qui tente la lecture d'une période comme celles qui suivent, lesquelles

(1) Ceci est pour aiosi dire absolu pour les inversions que l'on doit toujours signaler par une ponctuation légère (voy. plus loin p. 37).

ne peuvent être clairement comprises par rauditeur que si elles lui sont présentées avec ordre par le lecteur. 11 est donc indispensable pour celui-ci de ne pas mettre au même rang les propositions principales, subordonnées et incidentes.

3^ Exercice.

Un mourant, qui conaptait plus de cent ans de vie, Se plaignait à la Mort que précipitamment Elle le contraig-nait de partir tout à l'heure,

Sans qu'il eût fait son testament, Sans l'avertir au moins. « Est-il juste qu'on meure Au pied levé ? dit-il : attendez quelque peu... — Vieillard, lui dit la Mort, je ne t'ai point surpris; ... Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis

Qui te disposât à la chose...

(La Fontaine, Fables, VIII, 1.)

4*' Exercice.

Oui, monsieur, que l'ignorance rabaisse tant qu'elle voudra l'éloquence et la poésie, et traite les habiles écrivains de gens inutiles dans les États, nous ne craindrons point de le dire à l'avantage des lettres et de ce corps fameux dont vous faites maintenant partie, du moment que des esprits sublimes, passant de bien loin les bornes communes, se distinguent, s'immortalisent par des chefs-d'œuvre comme ceux de Monsieur votre frère, quelque étrange inégalité que, durant leur vie, la fortune mette entre eux elles plus grands héros, après leur mort cette différence cesse. La postérité, qui se plaît, qui s'instruit dans les ouvrages qu'ils lui ontlaissés, ne fait point de difficultés de les égaler à tout ce qu'il y a de plus considérable parmi les hommes, fait marcher de pair l'excellent poète et le grand capitaine. (Thomas Corneille, Discours de réception à V Académie française.)

5" Exercice.

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