HENRIETTE
Le ciel, dont nous voyons que Tordre est tout-puissant, Pour différents emplois nous fabrique en naissant; Et tout esprit n'est pas composé d'une étotfe Qui se trouve taillée à faire un philosophe. Si le vôtre est né propre aux élévations Où montent des savants les spéculations, Le mien est fait, ma sœur, pour aller terre à terre. Et dans les petits soins son faible se resserre. Ne troublons point du ciel les justes règlements ; Et de nos deux instincts suivons les mouvements. Habitez, par l'essor d'un grand et beau génie. Les hautes régions de la philosophie, Tandis que mon esprit, se tenant ici-bas, Goûtera de l'hymen les terrestres appas. Ainsi dans nos desseins l'une à l'autre contraire, Nous saurons toutes deux imiter notre mère. (Molière, Les Femmes savantes^ actel, se. i.)
Comme appendice à ce chapitre de la ponctuation, citons quelques extraits en vieux français. Nous ne saurions trop encourager les élèves à les lire correctement et à les ponctuer comme il convient. Ils font trop souvent mine de considérer notre vieille langue comme un dialecte étranger.
Ile Exercice.