FIGARO
Diable î c'est une belle langue que l'anglais ; il en faut [peu pour aller loin. Avec Goddam^ en Angleterre, on ne manque de rien nulle part. — Voulez-vous tâter d'un bon poulet gras ? entrez dans une taverne et faites seulement ce geste au garçon, {ii tourne la broche.) Goddam î on vous apporte un pied de bœuf salé sans pain. C'est admirable ! Aimez-vous à boire un coup d'excellent bourgogne ou de clairet ? rien que celui-ci.
{Il débouche une bouteille.) Goddaill ! OU VOUS SOrt un pot de
bière, en bel étain, la mousse aux bords. Quelle satisfaction ! Rencontrez-vous une de ces jolies personnes qui vont trottant menu, les yeux baissés, coudes en arrière ? mettez mignardement tous les doigts unis sur la bouche. Ah ! Goddam I elle vous sangle un soufflet de crocheteur. Preuve qu'elle entend. Les Anglais, à la vérité, ajoutent par-ci par-là quelques autres mots en
Couronnés de thym et de marjolaine, Les Elfes joyeux dansent sur la plaine (1).
(Legonte de Lisle, Poèmes barbares^ Lemerre, éd.)
(1) Étudier aussi au point de vue du refrain et de sa variété ; La Chanson des Aventuriers de la mer (V. Hugo: La Légende des Siècles,) ; dans le comique : Un chapeau au théâtre (M. Zamacoïs), etc.